DORURE DES BRONZES
Les bronzes sont le plus souvent dorés. La belle dorure, dite « or moulu », s'exécute à chaud, à l'aide d'un amalgame de mercure et d'or (i partie d'or contre 8 de mercure). On jette les deux métaux dans un creuset porté au rouge, on remue doucement, et quand l'or est fondu et incorporé au mercure on plonge l'amalgame dans l'eau pour l'appurer et le laver, puis on sépare l'excédent de mercure, qui n'est pas uni avec l'or, en pressant l'amalgame avec les doigts à travers un morceau de chamois ou de linge.
Pour l'appliquer, on commence par dérocher la pièce à dorer, c'est-à-dire par la décrasser à l'acide azotique ou à l'acide nitrique, on la frotte avec une brosse spéciale, la « gratte-boésse », et on la lave. On la couvre ensuite d'amalgame avec la gratte-boésse en l'étendant le plus également possible. Puis on la met au feu sur la grille à dorer, audessus d'une poêle pleine de feu, ce qui fait évaporer le
mercure et ne laisse que l'or. Si, pendant la chauffe, on aperçoit des défauts, on répare en rajoutant de l'amalgame aux endroits où il en manque.
Pour les belles dorures, on ne s'en tient pas à une seule application. On frotte l'ouvrage au mercure et à l'acide azotique, et l'on redore deux, trois ou quatre fois, jusqu'à ce que la couche d'or atteigne l'épaisseur de l'ongle.
Il reste enfin à mettre en couleur, ce qui se fait avec une pâte dont on enduit la pièce dorée. On la porte ensuite au feu, on l'y laisse jusqu'à ce que la pâte soit brûlée, on « grattebosse » et on brunit. Les spécialistes ont chacun leur recette dont ils font mystère. Voici deux formules de pâte usitées en Allemagne et reproduites par le Dictionnaire des sciences :
Crayon rouge 30 gr. 59
Cire jaune 61 — 18
Vert-de-gris 22 — 95
Sulfate de zinc 22 — 95
Borax 15 — 30
Autre recette :
Cire jaune ou rouge ... 61 gr. 18
Sanguine 30 — 59
Sulfate de zinc 15 — 30
Vert-de-gris 3 — 82
Borax 3 — 82
BRONZES, MARBRES, PORCELAINES