STYLES DES BRONZES
Le modelé des bronzes suit l'évolution des styles : « D'abord, dit excellemment Albert Jacquemart, les chicorées peu saillantes, dessinant des courbes agréables, s'unissent à des palmettes et à des lauriers, comme pour protester contre un divorce absolu avec le siècle précédent, tout en révélant des tendances nouvelles; plus tard, sous l'impulsion de Meissonnier, toute timidité a disparu : les hardiesses de la forme sont tellement effrénées que la débauche du cuivre n'a plus rien qui surprenne ; elle se fait excuser d'ailleurs par l'immense talent du ciseleur... Vers la fin du règne on peut prévoir la réforme qui va s'accomplir, les chicorées se font plus sages, les frises à rosaces, les chutes de culots et les fleurs se soumettent à une sorte de discipline : le meuble prend une apparence plus tranquille et plus régulière. »
Dès 1760, les contours s'assagissent. On revient à la symétrie, à la mesure. Les bronzes sont aussi parfaits, mais ils n'envahissent plus le meuble. Ce sont des motifs à
BRONZES, MARBRES, PORCELAINES
l'antique : frises, cannelures, moulures, bagues, chapiteaux, mêlés aux légers motifs des guirlandes, des fleurettes, des trophées de musique ou de jardinage, des carquois, des flèches, des torches ou des colombes. Beaucoup plus qu'aux, époques précédentes, la partie incrustée ou rapportée en filets, plates bandes, moulures, cadres, joue un rôle important. On incruste des filets de cuivre jusque dans les cannelures des pieds. Tout cela constitue un décor discret et sans tapage, d'un relief beaucoup moins accusé que sous Louis XV, mais d'un goût et d'une élégance incomparables.