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CHAPITRE II

MICnOBES VULGAtREV, NON PATHOGÈNES POUR L'HOMME

Parmi les microbes troavés dans la bouche, il en est d'ordre banal que Ton rencontre partout dans Taimosphère ; tels sont le Bacillus subtiliSy le Bacterium termo^ le Bacille de la pomme de terre, et il en est d'autres spéciaux à la bouche, tel le Leptothrix, qui, dans certaines conditions, est pathogène peutêtre; d'autres enfin qui n'ont été vus que rarement encore, tels que les microbes de Vignal et ceux de Biondi.

Bacillus subtilis.

Décrit par Mùller, Pasteur, Cohn, Koch, etc., il est souvent désigné sous les noms de Bacille de la viande, Bacifle du foin. On le rencontre, en effet, dans toutes les infusions de matière en décomposition, qu'il recouvre d'une épaisse pellicule. C'est un organisme très répandu : on le trouve dans l'eau, dans l'air, dans la poussière, à la surface des plantes, des graminées, d'où encore le nom de Bacille du foin. Il ne lui manque donc pas de véhicules pour pénétrer dans la bouche. Rappin l'y a trouvé, d'ailleurs, d'une façon constante; Vignal l'a isolé de la cavité buccale et en a fait des cultures. Il offre une très grande résistance à la chaleur et n'est tué qu'à 115 degrés; aussi, pour l'obtenir à Tétat de pureté, il suffit déporter à 100 degrés pendant un quart d'heure une infusion alcoolisée de foin

préparée par macération durant quelques heures; à cette température, les autres microbes sont tués; le subtilis seul reste et peut être cultivé ensuite.

Yignal spécifie que le microbe isolé par lui dans la bouche est de tout point semblable au subtilis obtenu par le procéda que nous venons d'indiquer. Tout n'est pas clair, en effet, dans l'histoire du subtilis. Pour Buchner, ce nom désigne cinq espèces différentes et Babes en décrit trois variétés.

Le Bacillu^ subtilis est un bâtonnet dont la longueur varie entre 4 et 6 ^i. Il est arrondi à ses deux extrémités et pourvu à chacune d'elles d'un flagellum extrêmement fm, mis facilement en évidence par l'hématoxyline. Il se reproduit par scissiparité; les nouvelles bactéries ainsi formées par division peuvent s'isoler ou rester accolées les unes aux autres, formant ainsi des chaînes dont les deux extrémités seules possèdent alors un flagellum.

« Il se reproduit par scissiparité, et c'est évidemment a ce

mode de génération qu'est due la disposition en chaînes d'articles qu'affecte le corps de quelques-uns. L'article, qui en entraîne d'autres après lui, s'agite quelquefois vivement comme pour s'en détacher > (Pasteur).

Les bacilles isolés ou réunis en filaments sont animés de mouvements, tantôt lents, tantôt rapides; outre leur mouvemet^t de progression, les filaments très flexibles présentent des mouvemejits d'ondulation et d'oscillation, surtout par leur partie antérieure. Ce bacille < est, à un haut degré, activement et passivement flexible, ce qui donne à ses mouvements un caractère tout particulier. IJ nage en se reposant de temps à autre, tantôt avep lenteui*,. tantôt avec rapidité, comme pour trouver une voie à franchir les obstacles, à la manière d'un poisson qui cherche son chemin au milieu des plantes marines.

BA.CILLUS SUBTILIS. '■ (3

Il reste alors quelque temps immobile, puis tout à coup le filament frémit et se remet à uager, mais lentemeut > (Cohn). Rappia dit avoir reucontré le Bacilttts sttbtilis dans, les préparalions fraîches de tartre dentaire, sous la forme d'un filameat continu.

. Cultivé sur plaques de gélatine, le Baeillus subtilis com-

Fie. 7. — flawIlMi- A, bitODOets puisédaDt des cils; B, liUmenti d v léi enloag« bâtonnets; G, filaments divisé» en bfttonncts el en cocc D 11 aments dont les bâtonnela- possèdent des Bpares; E, spores avec uno enveloppa gélat oeuse F, a, spores avant la gcrmlnatian ; b, c, tt, difTéru ts états de lu ge n al on G, un morceau de looglée. — 600 diamètres doAaF ~G *00d amâtres (Cornil et Babes, d'après ZopO'

mence par donner, au tiout de vingt-quatre heures, une petite colonie brune, qui s'étend les jours suivants en formant à sa périphérie des reliefs mamelonnés et irréguliers. Des bords de la colonie s'élancent des prolongements grêles, qui s'étendent parfois au loin.

Ce bacille liquéfie la gélatine, mais très tardivement, et c'est là un caractère distinctif. La gélatine ne commence à se ramollir que vers le cinquième jour.

. Sur gélose^ le bacilje donne des colonies blanches, opaques', mamelonnées, ridées.

, L'ensemencement fait par piqûre dans un tube de gélatine donne, au bout de vingt-quatre heures déjà, une culture en clou dont la tête est peu visible. Les jours suivants la tète augmente d'épaisseur et d'étendue; elle atteint les bords du vase. Vers le huitième jour seulement, la liquéfaction commence, très lentement et sous forme de cupule. Une couche blanche et granuleuse s'accumule au fond de la partie liquéfiée. La culture en bouillon a des caractères tout particuliers. Ce

liquide reste limpide dans toute son épaisseur, sa surface se

recouvre d'une membrane blanche, faiblement ridée.

La culture se développe très bien dans un milieu acide, tel que le bouillon additionné de 1/2000' d'acide chlorhydrique.

La culture sur pomme de terre, d'abord d'un blanc jaunâtre, devient foncée avec le temps.

Le Bacillus subtilis ressemble beaucoup au Bacillus butyricus de Pasteur, agent de la fermentation butyrique, et au Bacillus amylobacter de Trécul,qui détermine la fermentation ile la cellulose. Certains auteurs ont cru à l'identité de ces trois .miçro-qrganîsmes.

Le Bacillus subtilis dissout Talbumine coagulée et la transforme en peptone ; il aurait donc une action digestive.

Bacterium termo-

C'est un microbe banal, répandu partout, que Ton rencontre dans toutes les matières en putréfaction et que Ton devait par conséquent trouver dans la bouche.

C'est à Leeuwenhoek que revient l'honneur d'avoir le premier

lUCTERIUM TERMO. 45

observé \e Bâcler ium termo dans les mucosités denlaires; on le reconnaît aisément dans la description qu'il donne de sa iroisième espèce d'animalcules. Décrit sous le nom de Monas termo par MûUer, de Vibrio lineola par Ehrenberg, il appartient par sa forme et ses dimensions au groupe des microbactériès de Gohn.

Il se présente sous la forme d'un court cylindre oblong, parfois muni d'un flagellum ; il possède une membrane d'enveloppe épaisse, plus claire que le reste du corps. Le plus souvent les individus apparaissent dans les cultures en voie de division ou accolés deux à deux (Gohn); ils offrent alors l'apparence d'un petit corps légèrement étranglé par le milieu, représentant une haltère. :''

Lé Baclerium termo est animé de mouvements variés (trâiSs-

iP .

ai"»

FiG. 8. -r Bacterium termo (Gornil et Babes, d'après Warming).

fetiqn, rotation sur l'axe longitudinal, etc.) déterminés par l'action du flagellum. Les bactéries se présentent à l'étal isolé, ou en amas plus ou moins considérables, c'est-à-dire en zooglées. Dans ce dernier cas, ils sont immobiles et n'ont plus de flagellum.

Celte description diffère peu de celle que Dujardin donnait

16 LES «ICROftES DE Li K€CBE,

en 18i7 : < Coq» Gliforme; on pea reaâé an niiU*^a. d^ux i doq fois aussi long qae lai^e ; qu^lqn^(oii asfr^mb[«^ deui par d*»tii, effet de dirision spontanée, animés d'an moaT^nneat Tat:illant; longnear* i iâx; épaîssear, 0*,8à0*.6. C'est le plus petit des êtres orj^îsés. le premier terme en qneltpie sorte de la série animale. Il apparaît an bout de peu de temps, même de quelques heures, dans les matières Tégétiles et animales qui se décomposent. Il comment:e par être immobile et bientôt se multiplie par myriades. Il se montre d*ab«.^ni seul, c'est-à-dire i Teidusion de tout autre inrusoire; toutefois, il est si facile de confondre le premier âge des autres Tibrionieas aTec le BucUrium iermo qu'on ne peut affirmer qu'il en soit toujours ainsi. »

D*aprês Davaine et Koch, on confondrait plusieurs espèces dÎTerses sons le nom de Bacierium termo, < Dans les infu* sions très fétides, j*en ai tu d'une telle petitesse que leurs essaims se perdaient aux limites de la vision distincte comme le tourbillon d'une très fine poussière. 3Ialgré Timperfection de mes moyens d*obsenration, Fœil suffit quelquefois i recon* naître à ces bactéries une physionomie particulière, mais qui n*est susceptible d'aucune description < h. %

€ Ce qu'on admet comme Bacierium iermo, dit Koch, comprend plusieurs espèces distinctes Tune de l'autre par leur taille, leur manière de former des spores; on devrait chercher aies distinguer les unes des antres <;2). » Cet auteur figure même le Bacierium iermo sous deux formes assez différentes. Tune mobile et Tautre immobile, en zooglées. La forme allongée, mobile, serait le premier état de la bactérie, qui, avec Tâge, irait en se raccourcissant au point de ressembler à un micrococcus.

(1) Dafaiue, art. Bactéries da Dici. eneyci. i€Sicience$ wué., 1868t p, fL if) kocb, îo Beiirége de Cohn, 1877, p. ii3.

BACTERIUM TERMO. VI

La description de Koch est à rappeler : c Les cellules du Bacterium lermo sont de courts cylindres oblongs dont Tintérieur est plus ou moins foncé suivant le point; leur membrane d'enveloppe est plus claire, le plus souvent on les observe en voie de division et quelquefois encore ils se trouvent associés deux par deux. Son mouvement est à peu près semblable à celui des autres bactéries ; il est cependant peut-être un peu plus lent; les cellules tournent autour de leur axe longitudinal. Virage en avant, puis en arrière sans se retourner, partant quelquefois tout d'un coup comme une ftisée, brusquement et

FiG. 9. — Bacterium lermo (Gornil et Babes).

d'un bond rapide, puis tournant autour de son axe transversal comme le manche d'une vrille, souvent rapidement, s'arrètant parfois très longtemps pour repartir subitement. Lorsque des infusoires en avalent pour se nourrir, on les aperçoit encore en mouvement dans leur intérieur. »

En vieillissant, le Bactenum termo perd la propriété d'abeorber les matières colorantes dans toute son étendue. Il nejse colore plus qu'à ses extrémités et présente un. espace clair central. Finalement il se transforme eh un petit corps rond ne se colorant plus du tout.

Ensemencé sûr plaques de gélatine, il produit rapidement la liquéfaction du milieu. Au bout de quarante-huit heures, il forme une tache arrondie d'un blanc opaque, entourée d'une 2one granuleuse de gélatine liquéfiée. La taché grandit rapi-* dément. Autour d'elle , on voit de petites taches presque

êH 1X^ MlCisOiSCS bE LA WIŒL.

tmvi-ObVQpiqueB^ due» i h iranslaitioa de» ii*u«nt->. dooi la ta»p7ûMm «fil Cnlilée par les dk libniileft.

i»o(;alé psr f »iqàre dans on Lobe d^ ç^litifi«« il en amène la liqoéiiMlm nfîde. La {oitie Uqaéâêe forme on eotoiiooir éLroîL d^siondaot josfo a fettraoîlé de b piqûre. Ao boot de trois joorF, la {r-éialioe ^ ramoUîe daa^ sa totalité : die est aiors opakfitenle H Terte; ao bout de cinq ou âx jours, elle deviefli d'ooie cool^^or janoe lerdâtre et répand one odeur de p!tfré£u:tioa tout i fait caractéristique.

Sur gélose laissée eotre ^ et ^ degrés, il se développe une culture épaisse,. d*un blanc ^sâlre. se laissant facilement dissocier par Taiguille.

Le bouillon ensemeocé commence [«ar être trouble dans toute son étendue ; il prend bientôt une couleur verle, tandis qu*un précipité blanc s^accumule au fond du tube ; un voile gélatineux verdâtre recouvre la surface. La culture se fait encore dans le bouillon après addition de l/iOÛO* d'acide chlorbydrique. LeBaclerium iermo liquélie le sérum, et, sur pomme de terre, donne une culture épaisse, glaireuse, jaunit re.

Le rôle de cette bactérie et Timporlance de son action dans les transformations chimiques ont été établis par les travaux de M. Pasteur. Ce serait Tagent principal, Tagent véritable de la putréfaction : c Si la levure est le ferment alcoolique, on peut dire que le Baclerium iermo est le ferment de la putréfaction; c'est le véritable ferment saprogène. > Les phénomènes qui aboutissent à la putréfaction sont les mêmes que ceux qui aboutissent à la fermentation.

On comprend que le mucus dentaire et buccal, rempli de détritus organiques, soit un milieu favorable à son développement* On le rencontre constamment dans la bouche, surtout

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