BACILLE DE LA POMME DE TERRE
dans les sertissures des dents, là où sont restées accolées quelques parcelles organiques. Il est l'une des causes principales de la fétidité de l'haleine.
Bacille de la pomme de terre.
Koch a décrit sous ce nom un microbe qui apparaît spontanément sur les pommes de terre mal stérilisées. Il est bien connu dans les laboratoires pour gêner les cultures.
Yignal l'a trouvé dans la bouche et lui assigne les carac-
FiG. 10. — Bacille de la pomme de terre cultivé dans du bouillon de veau. — 1500 diamètres (Vignal).
FiG. 11. — Bacille de la pomme de terre cultivé sur la gélose. — 1400 diamètres (Vignal).
tères suivants : petits bâtonnets variant, suivant le milieu de culture, entre i et 3i*,5, arrondis à leurs extrémités et quelquefois fléchis sur eux-mêmes. Ils forment de très longues chaînes et sont rendus adhérents les uns aux autres par une substance visqueuse, ce qui rend leur dissociation difficile.
Sur plaque de gélatine, le bacille forme déjà, au bout de vingt-quatre heures, une petite tache opaque; après quarantehuit heures commence une liquéfaction claire, transparente, qui s'étend très rapidement.
L'ensemencement par piqûre dans un tube de gélatine pep-
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BACILLUS AMYLOBACTER. 51
par une belle membrane qui, au bout de quelques jours, devient épaisse, aréolaire. Cette membrane est faite de grosses travées brunâtres et de petites travées jaunâtres. Au-dessous d'elle, le bouillon devient brun.
Dans le bouillon acidifié au 1/2000' par l'acide chlorhydrique, le bacille de la pomme de terre se développe fort bien, et pendant nombre de générations successives.
Cet organisme liquéfie le sérum après avoir formé à sa surface une membrane blanchâtre. Sur pomme de terre, il se forme rapidement une pellicule grisâtre au début, mamelonnée, ridée, qui ne tarde pas à envahir toute la pomme de terre. En vieillissant, la culture brunit.
Bacillus amylobacter.
On le trouve dans la bouche, sur les résidus alimentaires qui lui servent de réceptacle. On le rencontre surtout dans les détritus cachés entre les interstices dentaires. Il produit la fermentation butyrique, qui lui a donné son nom.
C'est un bâtonnet étroit, cylindrique, de longueur variable,
Fi G. H. — Ferment butyrique.
présentant parfois l'aspect de filaments longs et immobiles. En fournissant une spore unique , il prend la forme d'une bactérie en tête. Ses cellules présentent la propriété particulière d'être teintes en bleu par les solutions iodées. Cette coloration, due à l'amidon, disparait au moment de la formation des spores.
Il est anaérobie, se développe bien h la température de AO degrés, et a besoin d'un milieu neutre ou légèrement alcalin.
En présence de Toxygène libre, il vit encore, mais ne produit plus la fermentation butyrique. Son rôle dans cette fermentation a été démontré par M. Pasteur. Exposé pendant quelques heures à la température de 80 degrés, il devient incapable de déterminer la fermentation, bien qu'il conserve la propriété de se reproduire.
C'est lui qui donne au beurre le goût rance ; c'est à lui qu'est due la fermentation du fromage. On le trouve dans le fromage, dans certains légumes en fermentation, dans la choucroute.
La présence du ferment butyrique dans la bouche peut servir à concilier deux des principales théories pathogéniques de la carie dentaire, la théorie chimique et la théorie microbienne. On sait en effet que certains auteurs ont attribué la carie aux transformations chimiques que produirait Tacide butyrique, résultat de la décomposition de divers aliments dans la bouche, dans les éléments des tissus dentaires.
Le Bacillus amylobacter est, comme Van Tieghem l'a démontré, un agent très actif de la décomposition des plantes, dont il détruit la cellulose. Aussi, d'après ce savant, il jouerait chez les ruminants un rôle physiologique important, après son introduction dans le tube digestif; il transformerait dans l'estomac la cellulose des plantes en matières assimilables.
Vibrio rugula.
Appelée lineola par Ehrenberg, rugula par Cohn, celte bactérie a été observée par Leeuwenhoek, qui en a figuré le mouvement spiroïde.
VIBRÏO RUGULA. 53
Rappîn dit qu'on la rencontre toujours en grand nombre dans les mucosités qui entourent les dents. Vignal l'a vue se développer au fond des bouillons ensemencés avec du tartre dentaire. Elle est anaérobie et ne se développe donc pas sur plaques de gélatine.
Les caractères de ce microbe sont encore mal fixés. La forme décrite par Prazmowski n'est pas tout à fait celle qu'avaient donnée Gohn et Warming. Les mouvements du micro-
FiG. 15. — Vibrio rugula cultivé dans FiG. 16. — Vibrio rugula cultivé sur du bouillon de veau. — 1500 diaraè- gélose. — 1500 diamètres (Vignal).
très (Vignal).
organisme sont très caractéristiques ; ils peuvent fournir un élément de diagnostic. Nous décrirons la forme et les mouvements du Vibrio rugula d'après Vignal :
C'est un bâtonnet; sa longueur moyenne est de 6 f*; il est souvent incurvé, présente même parfois plusieurs courbures; il peut se grouper en feutrage, ou former des chaînes d'articles. Gomme Naegeli l'a observé, il paraît être constitué, lorsqu'on l'examine vivant, par une série de petites sphères enfermées dans une membrane commune.
Dans les vieilles cultures, il devient granuleux, prend mal les matières colorantes, se renfle à une de ses extrémités et
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SPIKILLES. 55
lement dans le bouillon neutre, mais encore dans le bouillon acidifié au 1/2000' par l'acide chlorhydrique. il liquéfie le sérum après avoir formé à sa surface une membrane blanche. Cultivé sur purée de pomme de terre, il s'étend rapidement sous forme d'une couche blanche qui devient jaunâlre et finit par pénétrer profondément dans le milieu de culture (Prazmowski, Vignal).
< Toutes les cultures de ce micro-organisme, lorsqu'on ouvre les tubes ou les ballons dans lesquels elles ont été faites, répandent une odeur très forte de matières fécales, et la pression des gaz dans leur intérieur a augmenté, car ils s'échappent bruyamment à l'ouverture des tubes. >»
L'action physiologique et pathologique du Vibrio rugula n'a pas encore été particulièrement étudiée; on s'accorde à lui faire jouer un certain rôle dans les fermentations putrides.
Spirilles.
Les spirilles constituent le premier genre des Spirobactéries de Cohn. Gornil et Babes en décrivent plusieurs espèces : le Spirillum serpenSy que l'on trouve dans les eaux stagnantes; le Spirillum undulay le Sp. tenue^ le Sp. volutansj le Sp. sanguineuniy qui s'observent également dans les eaux stagnantes et dans les matières en putréfaction; une spirille dans le mucus intestinal du cobaye; un Sp. rubrum^ trouvé par Erwin Esmarch dans les organes d'une souris putréfiée; — une autre forme de spirille trouvée par Sorokin dans l'excavation du tronc d'un peuplier; — un Sp. concentricum décrit par Kitasato qui l'a découvert dans le sang putréfié; enfin les spirilles de Vair^ qui sont peut-être les mêmes que celles que
Clado a trouvées dans certains abcès causes par les liquides buccaux (lij^. 22).
Ces spirilles sont « longues, mobiles, ayant 0î*,8 de diamètre, et se développent sur le sérum de bœuf et sur la gélose
FiG. 19. —Spirillumun- Fie. 20. — Vibrio serpens Fie. 21. — Spirillum (/u2are (Cortiil etBabcs, formant un feutrage tentte.
d*après Colin). (id,),
sous forme de petites colonies plates et transparentes. Sur le sérum de bœuf on constate des noyaux et des petites spores rondes ».
Verneuil et Clado (I), recherchant si, dans le pus des gan-
FiG. 22. — Spirilles de l'air (y^rossi 380 ment 1500, bleu de Loffler). Formation de globules rougeâtres (noyaux?).
FiG. 23. — Spirilles avec dos spores qui bourgeonnent dans l'intérieur de la spirille D (Cornil et Babcs).
glions et des adénites cervicales, ils ne retrouveraient pas des microbes de la salive ayant progressé par les vaisseaux lymphatiques, ont constaté plusieurs fois la présence des spirilles de la bouche.
Dans le premier cas, il s'agissait d'un homme de vingt-
(1) C. IL de VAcad. des sciences, 11 février 1889, t. CVill, p. 272.
SPIRILLES. 57'
huit ans, ayant plusieurs dents cariées ou douloureuses, entre autres la première grosse molaire droite. La gencive était enflammée ainsi que le périoste alvéolo-dentaire ; un abcès formé dans un des ganglions sous-maxillaires était saillant, du volume d'une noix, rouge, fluctuant, prêt à s'ouvrir. La ponction fut faite avec un tube Pasteur et le pus immédiatement» examiné au laboratoire. Il renfermait de nombreux leucocytes, des microcoques pyogènes assez abondants et, en quantité beaucoup moindre, des spirilles de la salive bien caractérisées. On trouvait également certains autres microbes qu'on rencontre d'ordinaire dans les fluides buccaux, entre autres le diplocoque à capsule de la pneumonie.
Dans un autre cas, chez une jeune femme de vingt ans, dans le pus d'une adénite sous-maxillaire consécutive à l'extraction d'une molaire cariée faite quinze jours auparavant, Verneuil et Glado ont rencontré des spirilles en quantité considérable, en touftes filamenteuses. Ces spirilles étaient en beaucoup plus grand nombre que les autres microbes pyogènes.
Dans le pus d'un abcès du doigt contracté par un malade qui s'était blessé légèrement avec le crochet d'une pièce prothélique supportant des dents artificielles, Verneuil et Glado ont trouvé encore des spirilles de la salive déposées par autoinoculation directe résultant du transfert du microbe d'une région à une autre.
Les deux savants expérimentateurs pensent que les microbes de la salive, et surtout les spirilles, possèdent des propriétés phlogogènes plus accentuées que les autres microbes de la suppuration, d'où pour eux la malignité marquée des abcès sus-hyoïdiens d'origine buccale, par comparaison avec les adénites du triangle sous-claviculaire, de l'aine, de l'aisselle, etc.
58 LES MlGUOliES DE LA BOUCHE.
M. Gornil trouve que MM. Verneuil et Clado, en disant que l'abcès dont il s'agit pourrait bien avoir renfermé des spirilles, ont émis une conclusion un peu hâtive. En effet, les microbes développant des gaz dans le pus sont généralement des microbes anaérobies; comme les spirilles de la bouche n'ont pas encore été cultivées, on ignore si elles sont anaérobies, et si ce sont elles qu'il faut accuser d'avoir causé l'abcès. Peut-être aurait-il mieux valu se borner à considérer cet abcès comme une preuve que les microbes de la bouche, surtout ceux des dents cariées, sont souvent à un très haut degré pathogènes.
M. Gornil cite aussi à ce sujet le cas d'un dentiste qui mourut après s'être blessé à la main avec un instrument dont il venait de se servir pour nettoyer une dent cariée (1).
Spirochsete denticola.
Le Spirochœte denticola a été classé dans le groupe des Spirobactéries par Cohn, qui le premier l'a observé en 1872, mais en le rapportant au Spirochœte jdicatilis. Plus lard, Koch en a donné de bonnes descriptions accompagnées de figures exactes.
Ce petit organisme, dont la présence dans la bouche, dit Rappin, est aussi constante que celle du Leptothrix \ui-meme, habile non seulement les dépôts de tartre dentaire qui constituent son habitat de prédilection, mais aussi tous les autres points de celle cavité, y compris la surface de la langue.
Le Spirochœte denticola est une des bactéries les plus minces et les plus déliées de la bouche. Il est constitué par un filament très ténu, aminci à ses extrémités, spirale à courbure peu prononcée.
(1) Coniil, Journ. des scienc. méd., A février 1889, p. 57.
SPIROCH^TE DENTICOLA. 5fl
On l'observe quelquefois en essaim, mais le plus souvent il est isolé.
Ses mouvements sont assez lents et s'exécutent tantôt autour de l'axe longitudinal, ce qui détermine sa progression, tanlôl
Fie. 24. — Spiroehœte Fie. 25. — Spirochmie pli- FIG. 96. — Spirachale de la bouche (Corn il calilii et Vibrio rugula Obermeieri (C. el B.). el Babes). (C. et B., d'après FIflgge).
ils ont lieu surplace, sont irréguliers, saccadés et modifient beaucoup l'aspect du filament.
Rappin a vu des spirochœtes s'enfoncer par un vériljible
Fie. 27. — Spirochœle denticola.
d, pendant la progression ; d', quand il s'agite sur place ; d", essaim
(d'nprès Rappin).
mouvement de vrille dans l'intérieur des corpuscules salivaires.
€ Tantôt, dit-il, il nage librement en tournant autour de son aie longitudinal sous la forme d'une petite hélice élégante et déliée, tantôt il s'arrête, et son aspect devient alors souvent très irrégulier. II s'agite sur place d'une façon brusque etsacca-
dée qui rappelle le mouvement d'un tronçon de reptile, et parait comme disloqué; puis, après s'être ainsi agité pendant un temps plus ou moins long, il reprend sa première forme spiralée et se remet à nager. S'il vient à rencontrer un corpuscule salivaire, le plus souvent il s'arrête, et, appliquant une de ses extrémités sur le globule, il cherche pour ainsi dire à y pénétrer en se vissant à la manière d'une vrille, et soit qu'il y pénètre réellement, soit qu'il disparaisse au-dessous au bout de quelques instants, on ne l'aperçoit plus qu'avec la plus grande peine et par transparence, trahissant ainsi de temps en temps sa présence par quelques mouvements. Souvent ce n'est pas un seul, mais trois ou quatre spirochaetes qui s'attaquent à un même globule, comme s'il existait une sorte d'affinité entre ces éléments et la bactérie (1). >
Certains auteurs, Rud, Arndt, en particulier, ont en eiïet voulu faire jouer aux corpuscules salivaires un rôle dans la production des spirochaetes.
Ces corpuscules possèdent un ou deux noyaux autour desquels on verrait apparaître des granulations très réfringentes, qui s'animeraient bientôt de mouvements browniens tiès mai*qués, se sépareraient du corpuscule et formeraient comme
autant de spores de spirochaete.
Nous avons dit que le Spirochœle deniicola avait été confondu par Cohn avec le Spirochœle plicatilis ; ces deux formes sont en efifet très semblables. Mais, dans cette confusion. Fauteur identifie également le Spirochœle deniicola avec un autre spirochaete trouvé par Obermeyer dans le sang des malades atteints de typhus récurrent {Sp. Obermeyeri).
Koch ne partage point cet avis et admet l'existence de trois
(1) Rappin, Thè$e de doct., Paris, 1881, p. 55.
BACILLUS TREMULUS. fil
formes distinctes et spécifiques : « Il faut se garder, dit-il, de confondre le Spirochœte denticola avec celui du typhus récurrent, qui est plus court et toujours plus mince. Ileydenreich, après avoir examiné les trois espèces de spirochaete, ajoute qu'il ne peut trancher la question et dire si le spirochaete du tartre des dents est une espèce en réalité différente des deux autres, ou si les différences sont produites par les conditions d'existence dans lesquelles ils se trouvent. Pour moi, je suis au contraire de l'avis qu'il faut séparer les trois espèces. »
Enfin d'autres auteurs, Klein en particulier, considèrent les spitochsetes comme formés par la réunion de plusieurs spirilles. D'après lui, cette constitution est rendue très distincte par l'action des matières colorantes.
Bacillus tremulus.
LoBacillus tremultis a élé décrit par Koch, qui dit l'avoir rencontré dans des liquides en décomposition et toujours animé de mouvements, d'où le nom de tremulus.
Rappin dit qu'il existe en grande quantité dans la bouche.
Très semblable, quoique plus fin, au Bacillus subtilis, il en différerait, d'après Koch, parla formation de spores qu'on voit très nettement se former en son milieu, plus épaisses et débordant le corps du bacille (spores excentriques). Il possède deux cils. (Voyez pour les figures celles du Bacillus subtilis,)
Ce microbe, dont la longueur est de 4 à 6 [a et le diamètre transversal de 1/2 [a, est animé de mouvements rapides et très particuliers. Il va, revient, tourne sur lui-même, etc. ; € il s'avance, dit Rappin, parfois en nageant devant lui, puis revient tout à coup sur son chemin pour prendre assez rapidement des directions différentes. « Lorsqu'il rencontre le bord
d'une lacune, il se détourne pour se porter sur un autre point, comme s'il cherchait une issue, et, bien que ses mouvements soient moins rapides que ceux des vibrions, par exemple, il est souvent difficile de le suivre au milieu de ses allées et venues. Quelquefois on le voit animé d'un mouvement saccadé et brusque, il oscille en quelque sorte autour de son milieu comme centre, toujours rigide et d'une pièce. Dans d'autres circonstances, au milieu de sa course, il s'arrête tout d'un coup, puis se plaçant verticalement, on le voit animé de mouvements giratoires, son extrémité inférieure restant fixe, tandis que l'autre décrit en tournoyant près de la lamelle la base d'un petit cône. »
Rappin n'a pu constater que dans une seule circonstance la formation des spores signalée par Koch; il fait remarquer, il est vrai, que la sporulation des bacilles, si facile à étudier dans les cultures, ne s'observe pour ainsi dire pas dans la bouche. D'après lui, cette particularité tiendrait à la destruction rapide des bacilles dans cette cavité, où ils sont soumis à de nombreuses causes de destruction qui les empêchent en quelque sorte d'arriver à maturité et de se reproduire autrement que par scissiparité.
Leptothrix.
C'est le micro-organisme le plus fréquemment rencontré. Il ne fait jamais défaut dans la bouche de l'homme et des carnivores, où on le trouve en dehors de toute condition d'âge, de santé et de maladie. C'est un des plus anciennement connus; Leeuwenhoek l'avait déjà figuré. Robin en a donné une description détaillée. On sait le rôle considérable que cet auteur lui faisait jouer ; il prétendait que la plupart des autres micro-
LEPTOTHIIIX. 63
organismes étaient des tiansformalions de celui-ci. Le Leplothrix buccalis est le plus grand mjcro-or^anisme du tube digestif. Sa forme allongée lui a valu son nom : Xeictoî, grêle, et epiÇ, cheveu.
Le Leptolhrix habile dans la bouche, la face dorsale de la
^Vu
1, fllamenU de lepiothrJx; 1'. QJament ondule de lepialhrix; i, ■pirocliele ulîvaire ; a, apirochteie avee fauites raiDiQcaliona ; «, épiUiéliuio buccal (Corn il et Babes).
langue, sur les cellules épithéliales de laquelle il s'implante, englobé dans l'enduit lingual ; il habite encore le mucus limoneux qui adhère ans dents, principalement aux anfractuosilés gingivo-dentaires.
Au point de vue morphologique, le Leptothiix est un long filament cylindrique, hyalin, immobile dans le liquide ambiant, quelquefois isolé; d'autres fois, au contraire, uni avec d'autres ûlaments semblables, pour constituer des touffes fixées à de petits amas de détritus ou de tartre dentaire ; d'autres fois encore, ces fdaments, très nombreux, liés, enchevêtrés, forment un épais feutrage. Isolés, les filaments sont rectilignes quand ils sont courts, llexueux ou coudés plusieurs fois quand leurs dimeosioDs sont plus coosidérables.
Au reste, ces dimensions varient beaucoup suivant qu'on a
récolté le Leplothrix dans un point de la cavité buccale soumis à des frottements, le dos de la langue, par exemple, ou sur un point abrité, comme tous les interstices des dernières molaires. Le matin à jeun, avant que les mouvemenis de mastication aient nettoyé la cavité buccale, les filaments du Leplothrix qui ont poussé pendant la nuit atteignent des dimensions considérables, 180 à 200 [x; il en est de même de ceux qu'on
FiG. 29. — Leplothrix buccalis cultivé dans du bouillon de veau.
1500 diamètres (Vignal).
recueille sur la langue des cadavres, où ils constituent des touffes visibles à Tœil nu. Le diamètre des filaments ne dépasse pas 5 [X (1).
(1) Miller fuit de ces longs filaments deux variétés de microbes qu'il appelle Bacillus maximus buccalis et Leplothrix maxima bucccUis.
Le premier apparaît sous la forme de bacilles réunis ou de filaments; le plus souvent sous celle de fils marchant parallèlement ou se croisant, de 30 à 50 p. de long. Les bâtonnets ont une longueur de 2 à 10 p., quelquefois même plus, et de 1 à 3 (a de large. C'est donc le bacille le plus volumineux de la bouche. 11 est d'une grande régularité et en général de la même largeur à chaque extrémité. — Chez ce bacille, comme en général chez ceux qui subissent la réaction de l'iode» les cellules ne se colorent pas toutes, mais presque en totalité.
Par sa grosseur, par ses formes régulières, par sa courbure en zigzag,
Ces filaments renlermenl quelquefois, dans leur proLoplasma, des granulations arrondies ou ovoïdes, décrites par ïtobin et Hailier comme des spores.
FiG. 31. — a, point ci
LU. 3\. — UjituLhrix cullivé dut] lii giiUtini! éteniliiu en plnque, après qualrc jours, — 36 diamètree.
luro. — ia)OiliamÈtrcs{VignaI), Élevée que la laclie
luller.
Ficinus voyait, au contraire, dans ces granulations, des infusoires particnliers, et, sous le nom de denlicola, en faisait des
|iar sa réaction en présence de l'iode, il difTëre oniièrement du Leptothrix innominala (Miller donne ce nom au leplolhrix, commun). Les lilamenls ne sont colorés par l'iode en brun violet que par places, isolément. Il n'a pu observer le fait dans les canalicules de la dentine, parce que le bacille ne peut y entrer à cause de sa grosseur.
Le Leptothrix maxinia buccalis se trouve dans l'émail, sous l'aspect de microbes longs, larges, droits ou recourbés et qui, à part la
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LEPTOTHRIX. 67
dans les points les plus voisins de leur origine, on peut, môme dans les préparations fraîches, en*se plaçant dans l6s meilleures conditions, remarquer que la partie du filament la plus voisine de son point d'émergence parait constituée pai* l'adjonction de petits corpuscules oblongs. Celte disposition est encore plus remarquable dans les préparations colorées pat les réactifs. On rencontre, en effet, constamment dans celle-ci des débris d'organisme tels que nous les avons représentés et dont l'aspect rappelle celui d'une élégante chaînette. 9 Ces chaînettes dont parle Rappin ne sont probablement que des streptocoques mélangés au Leptothrix.
Le Leptothrix buccalis subit, d'ailleurs, des transformations morphologiques suivant le terrain sur lequel on le cultive- Développé sur la gélose, son volume varie entre 1«*,5 et 16 jx; dans le bouillon, il peut atteindre ^O^^^b et même 30 (x de longueur.
Si la culture du Leptothrix est difficile, son isolement l'est davantage encore ; les colonies de micro-organismes étrangers envahissent la plaque avant que le Leptothrix apparaisse. Vignal est parvenu à isoler des cultures pures ; il conseille pour les obtenir d'ensemencer l'enduit lingual et du tartre dentaire très étendu.
Sur gélatine eu plaque, les colonies, dit Vignal, se montrent vers le troisième ou quatrième jour sous la forme d'une très légère saillie, d'un blanc grisâtre, arrondie; vers le dnquième ou sixième jour, le bord devient irrégulier, à festons arrondis; la surface de ce bord présente des dépressions radiées. La couleur de toute la colonie est d^un blanc grisâtre ; mais le centre est opaque et le bord semi-transparent. Les jours suivants, la gélatine se ramollit sous la colonie qui s'étend.
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Dus on tube de ;!^éîalifle eaiseaieacr^ 3ar :>iaûr?. ^ mitsir? jse fait ea doa, arer one téie et loe poinie.
La t^. au boQt de (ptaraot-rHiaiz iieirî5. pr^^nue* :im 'i»mêtre de 2 mflUmèires esrina: le qqairièsi^ ^our. .a .jèie ^ plut étendue el a lûjoéâé la ^âatine ea <!a|h-aie. L?^ l^yars soîvantg, la lUfoéCMlioa leit étendue jii5qa'an\ par:?tï dn tabe, elle est daîre et recoorerte par une memônnf bienâcr. La li^ est miiKe an dârat et finit par disparaître presque complètement an boot de ^jnelqoes joors.
Sor la géloie eiposée a b tempéntnre de â6 à 58 degrés, la enltnre apparaît déjà aa boot de fingtHiaatre heares. soo^ forme, dit Ti^nal, d'one coocfae légèrement plissêe et d*iiii Mane transparent; les joars sniTants. les plis aupnoiieuL b Moehe prend on aspect janne transparent et paraît sèche.
Le Lepiothrix trooble légèrement le boailloa ai le rendam Manehâtre; ao fond do tobe se fait on précipité égalemenl blanehâtre. Il eoltire mal dans le boailloa acidifié aa 1 2000" par Tacide chlorhydrique ; les bâtonnets sont atrophiés.
Sur la pomme de terre, le Leptothrix forme one tachi blanche, un peu sale, s*éiendant rapidement.
I^ber et Kottenstein font jouer a ce parasite un rôle prédo minant dans la production de b carie dentaire. On trouve, ei effet, dans les fentes et les conduits de b dentioe des masse: de granulations de Leptothrix, mais les organismes s\ déve loppent secondairement, comme nous le Terrons en parbnt d< rétiologie de la carie dentaire.
Weigert (1) a reconnu, dans un abcès clos de la langue des masses compactes de la grosseur d*une épingle et raèm( d'un petit pois, consistant en filaments de Leptothrix.
(I) nacUrien Vntentiehungen^ in Vircbow*» ArckiVy t. LXXXIV
MICROBES DE BlOiNDl. 89
Chez un ouvrier de vingt-trois ans, s'élait formée, à la lîn de 1879, une tuméfaction à la face latérale gauche de la langue, et l'on supposa que celte lésion était occasionnée par une dent creuse. Cette tumeur, au moment de l'entrée du malade, le 14 juillet 1880, avait le volume d'une noisette et était plus proéminente vers le haut que vers le bas. Elle était tendue et élastique au toucher. Sur le bord de la langue, au niveau de la tumeur, était une petite cicatrice. L'ouverture de l'abcès eut lieu le 16 juillet et le malade fut renvoyé le 24.
Le pus, qui fut communiqué à l'auteur par Thiersch, renfermait de petites nodosités visibles à l'œil nu, variant du volume d'une tête d'épingle à celui d'un pois, rappelant les nodosités de la bronchite putride ; au microscope, on les trouva entièrement formées de filaments de Leptothrix, lisses, non segmentés, non spirales, qui présentaient leur résistance habituelle à l'acide acétique, à l'acide chlorhydrique, à la lessive de potasse et aux agents dissolvants de la graisse. Après durcissement à l'alcool, les filaments se coloraient très faiblement par le violet de gentiane.
Microbes de Biondi.
Biondi a isolé dans la salive humaine cinq espèces différentes de microbes auxquelles il a donné les noms suivants : Bacilliis salivarius septicus; Coccus salivaritis septicus; Micrococcus telragenus; Streptococcus septo-pyœmicus ; Siaphylococcus salivarius pyogenes (1).
1* Bacillus salivarius septicus. — Trouvé par Biondi dans les crachats des pneumoniques, il a beaucoup d'analogies avec
(1) Biondi, Zeit&chrift fur Hygiène, 1887, vol. Il, p. 194.
1* t»i/rir il 1* îsmi'-f 3(i«i ni 1 .'^;:"*- î inir -fi:c-rii:ir^ « Sirn*; «t »;!i* l'in iÂtaaafH. Tiesnnat '. t i 1-j
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llMfM'>«/,«nk:iiHr>K»'4ialniïtl«ia'jmpcaéead'éléineDt3iphêriqnes. Il prend M«t l«i lïouleun d'anilii»!. Traité par la méthode de iirtm «t IV/Min«, li^ larille apparaît eo violet et la capsule ea rbnf.. Il mMnti dam rhydrûgèoe.
Sa VtnMwÀ: A'im'm»f. avec l'Age, elle diminue également par le \tM%si%it A»a% (e ml^ye ou le chien, et eafia lorsque h nuJIiirn efit HXponéH k une température trop élevée ou trop
fii'tfidi fi'H pas olinervf^ la sporulation de cet orgaiiisme.
MICROBES DE BlONDl. 71
Le microbe meurt après cinq minutes d'exposition à la temr pérature de 50 degrés. Après dix heures de séjour aune température oscillant entre 40 et 43 degrés, il ne tue plus les animaux» Le bacille meurt rapidement lorsqu'on imprègne des fils de 3oie de ses cultures et qu'on les fait dessécher entre 18 et 35 degrés. Un contact de deux minutes avec une solution d'acide phénique à 2 pour 100 ou de bichlorure de mercure à
I pour 1000 tue le micro-organisme.
Ce microbe est assez semblable, morphologiquement, à celui de Friendlaender, mais il en diffère par son innocuité pour le cobaye.
Il tue les lapins et les souris dans un temps qui varie entre vingt-quatre et soixante-douze heures. On observe de l'œdème au point d'inoculation, des hémorragies dans les organes, une rate volumineuse. Le sang est rempli de bacilles.
Par inoculation aux animaux en très petite quantité, la mort est plus lente à se produire ; elle survient seulement entre vingt et trente jours,
2° Coccus salivarius septicus. — Biondi ne l'a rencontré qu'une fois chez une malade atteinte de septicémie puerpérale.
II tue les cobayes et les lapins entre quatre et six jours et se retrouve dans le sang. Il se développe en zooglées sur les divers milieux de culture.
3° Uicrococcns tetragenus. — Ce microbe, déjà étudié par Koch et Gafflcy, a été trouvé trois fois par Biondi. Il e^t pathogène pour les lapins, les cobayes et les souris. Il forme des groupes de quatre, entourés d'une.capsule, et chaque groupe ^ le volume d'un globule rouge.
4* Streptococcus septo-pyœmicus. — Ce microbe, que Biondi
n LES MICBOBES DE Ll BOCCHE.
trooTe zn^iùgne i celoi de Térysipèle et des phlegmons, n*aTaîl pas besoin d'on nonrean nom. Il n'a pas d'aîllears été aossi bien étudié que les précédents.
5* iStapkylùcoceus pyogenes salitarius. — Biondi a troaré ee microbe dans un abcès déreloppé chez un cobaye inoculé arec la salire d'un malade atteint d'angine scariatineuse. Des cobajes inoculés en série furent atteints d^abcés semblables.
Ses dimensions oscillent entre 0^,3 et 0^5. Il liquéfie la gélatine et eonsenre pendant plusieurs mois sa Tirulence dans la culture. Ce staphylocoque a pu déterminer la généralisation des lésions et la mort en douze ou Quatorze jours. Il meurt après quatre jours d'exposition à 43 degrés.
■icrobes de lignai.
Yîgnal a décrit toute une série de micro-organismes qui n^ayaient pas été isolés avant lui, sauf deux peut-être; il s^est gardé de les baptiser, ne voulant pas préjuger de leur nature, ^t s'est contenté de les désigner par des lettres. L'histoire de ces microbes est donc faite seulement dans le mémoire de Yignal^ que nous allons suivre fidèlement (1).
As — C'est un coccus déjà rencontré par Escherisch dans les matières fécales d'enfants nourris seulement avec le lait maternel. Peut-être est-ce également le même que Miller a désigné par la lettre S. Le diamètre de ce coccus oscille entre 0^5 et0%7, suivant le milieu de culture.
Il forme rarement des chaînes, il est le plus souvent isolé ou agencé en groupes sans régularité. En vieillissant, son aspect devient plus caractéristique; les extrémités seules du
' (1) Vîgnal; Arch. de physiol., 1886, vol. VIII, p. 186. .
microbe absorbent les matières colorantes, au centre existe un espace clair.
Au bout de quarante-huit heures, il donne sur gélatine une petite tache grisâtre formée de deux parties : Tune centrale, dont la disposition est rayonnée, l'autre périphérique et concentrique, au contraire. La gélatine ne commence à se liquéfier au-dessous de la colonie qu'au bout de cinq à six jours seulement.
L'ensemencement fait par piqûre sur tube de gélatine donne
Coccus a.
FiG. 33. —Culture dans FiG. 34. — Culture sur la FiG. 35. — Pris dans une
le bouillon de veau. gélose. — 1500 diamètres culture de quatorze â
— 1500 diamètres (Vi- (Vignal). seize jours. — 1500 dia-
gnal). mètres (Yignal).
un clou avec une tête et une pointe. La gélatine ne commence à se liquéfier au-dessous de la tête que vers le huitième jour. Ce retard à liquéfier la gélatine est le point caractéristique de l'histoire de ce microbe.
Une fois la liquéfaction commencée, la fonte de la gélatine devient très rapide.
A la surface de la gélose laissée entre 56 et 58 degrés, la culture se fait rapidement et prend bientôt une coloratiou brunâtre.
La culture en bouillon donne au milieu une teinte jaunâtre que prend la pellicule épaisse et difficile à dissocier qui se forme à la surface du liquide. Dans un bouillon acidifié au 1/2000' par l'acide chlorhydrique, la culture se fait très bien et pendant des générations successives.
Le itiicrobe développe sur la gélose une miqce couche blap^ châtre et ne la liquéfie pas.
Sur pomme de terre, il donne une tache ronde un peu épaisse, finement vermiculée et d'un blanc jaunâtre.
En général, les cultures, quel que soit le milieu, ont ten^ d^nce à prendre une coloration blanche. Nous verrons pour*tant, en traitant de la laqgue noire, que Vigqal voit d^ns ce microbe Tagent pathogène de cette maladie.
B. — C'est un bacille assez gros, dont la longueur est très variable; elle oscille entre! %5 et 6«*,5. Il est rectiligne, rarement
SA
ikV
Fi6. 36. — Cultivé d^ns le bouillon de veau.
- — 1500 diamètres (Vignal).
pacille 6.
F|G. 37. — CuUivé sur la gélose. — 1500 diamètres (Vignal).
FiG. 38. — CuUivé sur la gélose ; culture de quinse jours. — 1500 diamètres (Vignal).
infléchi, coupé carrément aux extrémités, disposé parfois en chaînette, prenant mal les matières colorantes lorsque la culture est vieille.
Sur plaque de gélatine, la culture commence au bout de vingt^quatre heures sous forme d'une éminence d'un blanc grisâtre. Après deux jours, cette éminence s'entoure d'une série de colonies dont l'aspect rappelle les écheveaux de soie contournés sur eux-mêmes.
Ensemencé par piqûre sur tube de gélatine, le microbe donne un clou dont la tête a gagné les parois du verre le quatrième jour; la liquéfaction commence le sixième jour seulement, une couche blanche assez mince sépare la partie liquéfiée de la partie solide. Vers le douzième jour, la gélatine liquéfiée occupe toute la longueur de la tige du clou.
La culture sur gélose et bouillon n'offre rien de caractéristique. Le microbe se développe dans le bouillon acidifié au 1/2000* en laissant le liquide clair et en faisant développer à la surface une membrane mince se déchirant avec la plus grande facilité.
Il donne sur la pomme de terre une colonie mamelonnée d'une couleur rosée un peu vineuse.
Il liquéfie rapidement le sérum sanguin en donnant une culture, qui, blanche d'abord, prend ensuite une coloration brunâtre.
Ce micro-organisme présente plus d'une analogie avec le Bacterium lineola, et Vignal serait tenté de croire à son identité, si B, comme le lineola^ avait des spores dans son milieu et formait à la surface des liquides nutritifs une membrane épaisse.
C. — Petit bâtonnet court et trapu dont la longueur ne dépasse pas 1 1*,2 et 1 ^4. Il est coupé carrément aux extrémités et se dissocie avec la plus grande difficulté sur une lame de verre, en raison de la substance visqueuse qu'il sécrète autour de lui et qui le fait adhérer à ses voisins.
Sur les vieilles cultures, les bacilles deviennent oviformes et prennent très mal les matières d'aniline; ils se colorent seulement dans certaines de leurs parties.
Vignal se demande si ce micro-organisme n'est pas l'ana-
logue du Bacillus alvei décrit par Cheshire et Watson-Cheyne. Les extrémités du Bacillus alvei sout cependant arrondies et un peu coniques. Le mode de culture est exactement le même pour les deux micro-organismes.
Sur plaques de gélatine, une éminence arrondie, grisâtre,
Bacille c.
FIG. 39. — Cultivé dans Fie. 40. — Cullivé sur FiG. 41. — Prit dam une culte bouillon de veau. l'agir- agar. — 1500 ture datant de dii jouri. — ISOOdiamètmfVi- diamËIrei (Vignal). — 1500diainÈtres(Vigaal). gnal).
apparaît au bout de quarante-huit heures. La liquéfaction commeuce après quatre joure.
Ensemencé par piqûre sur un tube de gélatine, C donne un clou dont la tète, petite et ronde, forme une légère saillie audessus de la gélatine. Le quatrième jour, la liquéfaction de la gélatine commence. Le huitième jour, de petites colonies rondes se sont développées dans la gélatine. La partie liquéfiée de là gélatine, sauf un léger précipité blanc dans le fond, est transparente et claire.
Sur gélose, la couche est excessivement adhérente et ses fragments se détachent difficilement avec le fil de platine ; cette couche est finement plissée et rappelle, comme aspect, le givre sur les carreaux de vitre.'
Lé microbe trouble le bouillon en donnant dans le fond du
vase un abondant précipité blanc. Le développement se fait
lentement dans du bouillon acidifié au 1/2000* avec l'acide chlorhydrique.
Sur le sérum, ce micro-organisme donne une belle couche un peu plissée et d'un blanc grisâtre.
D. — C'est un bacille court et trapu dont les dimensions
Bacille d.
KiG. 4â. — Cultivé dans le
FiG. 43. — Cultivé sur
FiG. 4i. — Pris dans
bouillon de veau. — 1500
Tagar-agar. — 1500
une culture vieille de
diamètres (Vignal).
diamètres (Vignal).
dix jours. — 1500 diamètres (Vignal).
varient entre Q^fib et 2 [x, suivant le terrain de culture. Il est rectiligne et un peu arrondi aux extrémités ; après imprégnation par les couleurs d'aniline, il présente un espace clair central.
Sur plaque de gélatine, les colonies se développent au bout de deux jours, sous forme d'une masse granuleuse entourée d'une zone qui paraît homogène. Le quatrième jour, les colonies sont très développées. Autour de ce centre s'étend une auréole à bords irréguliers et dentelés.
L'ensemencement par piqûre d'un tube de gélatine donne, au bout de deux jours, un clou dont la tète, vers le quatrième jour, a envahi presque toute la surface de la gélatine. Le huitième jour, la gélatine au-dessous de la tète présente un aspect nuageux dû à une série de petites colonies sphériques.
La culture sur gélose donne au bout de vingt-quatre heures une couche grisâtre n'ayant rien de caractéristique. Le bouillon ensemencé reste liquide dans toute son épaisseur. A la surface seulement se forme une membrane épaisse à reflets bleuâtres qui résiste à une agitatioa modérée.
Le développement se fait mal dans le bouillon acidifié au 1/2000* par l'acide chlorhydrîque.
Sur pomme de terre, le microbe donne une membrane mince, grise au centre, noire à la périphérie.
Ensemencé sur sérum, il donne une membrane blanche qui recouvre toute la surface du milieu.
E. — Bâtonnet rectiligne, à extrémités arrondies, dont la longueur varie entre 1 et 3 |x.
Ce microbe se colore très mal dans les vieilles cultures.
Bacille e.
KlG. 45. — Cultive dam FiG. 46. — Cultive sur Fio. 47. — Prit dam une le bouillon de veau. — Tagar-agar. — 1500 culture vieille de dix 1500diamètre8(Vignal). diamètres (Vignal). jours. — 1500 diamètres
(Vijçnal).
Ensemencé sur plaques de gélatine, il donne des colonies dont le centre est soulevé et la périphérie formée de fins filaments entre-croisés ou feutrés. La liquéfaction de la gélatine commence le deuxième ou le troisième jour. Inoculé par piqûre dans un tube de gélatine, le micro-organisme donne au bout de deux jours un entonnoir de gélatine liquéfiée dont Texlrémité va déjà aussi loin que celle de la piqûre.
Le contenu de rentonnoir est claii^ avec quelques gru^ meaux blancs opaques. La liquéfaction a déjà gagné le qua*trième jour toute la gélatine traversée par le fil; à la surface apparaît une membrane blanchâtre.
Sur gélose se développe une pellicule blanchâtre très adhérente et bosselée <
Le bouillon ensemencé prend une teinte jaunâtre et à sa surface apparaît une pellicule unie et blanche.
Une membrane jaunâtre alvéolaire se forme à la surface du bouillon acidifié avecl/2000' d'acide chlorhydrique.
Sur pomme de terre, le microbe donne au bout de vingtquatre heures une membrane mince, d'un blanc grisâtre, mamelonnée.
Il liquéfie le sérum après avoir formé des taches blanches à sa surface. L'odeur des cultures est infecte et se rapproche de celle dégagée par le pyogenes fœtidus de Passet, qui^ lui, liquéfie la gélatine.
Le caractère des cultures sur gélatine et la forme du microbe le font ressembler au Bacterium termo; mais celui-ci ne fait jamais de chaînes, le bord de ses colonies sur plaques n'est jamais feutré; il ne donne pas à la gélatine une couleur d'un vert jaunâtre comme le termo.
Yignal se demande si le bacille E n'est pas le bacille ulna de Cohn, qui digère comme lui et liquifie rapidement la gélatine. Peut-être est-il le même que le microbe y de Miller, qui liquéfie très rapidement la gélatine.
F. •— ' Bacille à extrémités arrondies, dont la longueur varie entre O^^S et 2'*,4> suivant le milieu de culture. Il forme rapidement des chaînettes.
^ Cultivé sur plaques de gélatine, il donne des colonies de
nb LES MICROBES DE LA BOUCHE.
formes coniques, diriâées en one vingtaine de segments par des rayons partant du sommet.
Sur gélose, il donne des taches blanches se dissociant diflicilement.
Ensemencé par piqûre sur tube de gélatine, il donne un clou dont la tète, vers le quatrième jour, a envahi presque tonte la largeur du tube et dont la tige envoie dans Tépaisseur
• 'Av.. /
Bacille A
Fm. 48. — CulUfédans Fie. 49. — CslUvë sur Fie. 50. — Pns daot une le bouillon. — 150U l'jgar-afar. — 1500 dia- culture datant de dix
diamètret (Vignal). mètres (Vignal). jours. — lôÛO diamètres
(Vignal;.
de la gélatine quelques fins rameaux. Le sixième jour, la liquéfaction commence; à la surface de la partie ramollie s'étend une membrane d'un beau blanc brillant. Le microbe se développe mal dans du bouillon acidifié au 1/2000* par Tacidc chlorbydrique.
11 liquéfie le sérum sanguin après avoir formé une couche blanchâtre à sa surface.
Sur pomme de terre, il donne au bout de quarante-huit heures une tache d'un blanc brun jaunâtre.
G. — Petit bâtonnet extrêmement court, dont le diamètre varie suivant les milieux entre Oi',5 et i^yO. Il est rectiligne, arrondi à ses extrémités.
Dans les vieilles cultures, il absorbe mal les matières colo-
ranles; il se renfle généralement par son milieu et aff*ccte la forme d'une bouteille. Son caractère typique est sa couleur jaune, qu'il communique à ses cultures. Cette coloration jaune se produit aussi bien dans les cultures faites à la lumière que dans celles qui sont faites dans l'obscurité.
Sur plaques de gélatine, au bout de deux jours, il donne des colonies rondes de couleur mastic. Ensemencé par piqûre
Bacille g.
Fi6. 51. — Cultivé dans le Fig. 52. — Cultivé sur Fig. 53. ^Pris dans une bouillon. — 1500 dia- Tagar-agar. — 1500dia- culture de dix jours.— mètres (Yigual). mètres (Vignal). 1500 diamètres (Vi-
gnal).
sur gélatine, il donne, au bout de deux jours, une colonie dont la tête est bientôt jaune au centre et blanche à la périphérie. Au-dessous de cette tête, la gélatine commence à se liquéfier vers le sixième jour. Elle forme alors un entonnoir clair, au fond duquel se précipitent des flocons blancs. La membrane superficielle qui représente la tète du clou reste jaune; au fond "du tube, le précipité présente une belle couleur jaune.
Les cultures sur gélose sont épaisses et d'une belle coloration d'or. Le microbe rend le bouillon jaune en le troublant.
Dans le bouillon acidifié au 1/2000* par l'acide chlorhydrique, il se développe très mal.
Sur sérum gélatinisé, il forme des colonies rondes, assez épaisses, puis s'étend, sous forme d'une membrane jaunâtre, sur toute la surface de sérum qu'il ne liquéfie pas.
^ U^ %jjLi'A^:r :S£ Lt 3rA-2E-
fAt. %i,— f^tiMifi *»• te fw. 55u — ColÛT-f iv F:«. ô6. — Pris
O'^T i 2 ^9 suivant les milieux de calture. Arrondi i ses txirhiûihi^ il e.%t parfois étranglé en son milieu à la façon de deux hWM\\% ^kf'jtjfMsi.
Sur le<i vieilles cultures, c'est à peine si le centre absorbe encore les matières œlorantes, tandis que les extrémités se laiH.'tent encore colorer fortement.
Sur plaque de gélatine, H donne déjà, au bout de quarantehuit heilrcs, des colonies plus épaisses au centre qu*à la périphérie, et qui s^étendent sans jamais liquéfier la gélatine.
Krisemencé par piqûre sur un tube de gélatine, le microbe donne le quatrième jour un clou dont la tête est petite et blanche, et la tige assez forte. Les jours suivants, la tête augmente de volume, elle devient plus épaisse et s'étend jusqu'aux parois du verre.
Sur géloses il donne une couche épaisse, blanche à la lumière réfléchie, jaunâtre lorsqu'on l'examine par transparence. Elle m; dissocie avec une grande facilité.
Dans le bouillon, H donne un dépôt blanchâtre; à la surface se forme une pellicule qui se dissocie à la moindre agitation.
Le développement se fait très mal dans le bouillon acidifié par 1/2000* d'acide chlorhydrique.
Sur le sérum, le microbe donne de petites colonies rondes et blanches qui s'étendent à toute la surface sous forme d'une membrane blanche. Sur pommes de terre, il forme après deux jours une tache mamelonnée d'un blanc jaunâtre.
I. — C'est un bâtonnet dont la longueur varie entre O^*,? et 1 1*,7, quel que soit le milieu sur lequel on le cultive. Coupé
Bacille t.
FiG. 57. — Cultivé dans le Fie. 58. — Cultivé sur FiG. 59. — Pris dans une bouillon de veau. — 1500 Tagar-agar. — 1500 culture de douze jours. — diamètres (Vignal). diamètres (Vignal). 1500 diamètres (Vignal).
carrément à ses extrémités, il est un peu courbé en arc et absorbe mal les matières colorantes sur les vieilles cultures.
Sur plaques de gélatine, il donne de petites colonies rondes, composées elles-mêmes d'une série de colonies sphériques de différents volumes. Ces sphères fusionnent souvent entre elles. Ensemencé par piqûre dans un tube de gélatine, I forme un clou dont la tête est large et d'un blanc jaunâtre. Vers le huitième jour, la tête couvre toute la surface de la gélatine.
Sur gélose, le microbe forme une couche d'un blanc opaque, se dissociant facilement sous l'aiguille.
Dans le bouillon neutre, il donne à la surface une membrane mince, unie et blanche. Au fond du ballon se fait un dépôt très léger et peu abondant.
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rai, ver? ■-^ ri-oisieHie '.'a :iBiLnefiuî />ur* -•ilève ^oitt 1 un nefîf: -nanuîioa i r3xiioiik.a.;;.t£iiiU]ie^>jr^ i'^'ivunàMeoiiL iTKTUi^HTi^ ••>nr. vinsemeate uar 'Jiuoce :ïuut tune «ie i^siauiitt. a ionne. aa .ont le ifiax^iucs*. ul :iou iou i vête mmlji
^ir^r.ti :ond«^naistia;iij.i{im]iA? '.-^ luicrv-^^cKoasane i
membrane épaisse d'un blanc mat, tandis que, dans le fond, se précipite un abondant dépôt bleu.
Sur gélose, il forme des colonies rondes d'un blanc opaque, épaisses, avec élévation mameloniforme au centre. La dissociation est facile avec le fil de platine.
Dans le bouillon additionné de 1/âOOO* d'acide chlorhydrique, le développement se fait très mal.
Sur sérum, J donne de petites taches blanches qui s'étendent très rapidement et envahissent toute la surface du sérum en le liquéfiant.
Sur pomme de terre, il donne des taches qui prennent une teinte légèrement rosée.
Les essais de numération tentés par Vignal, pour connaître approximativement le nombre des micro-oi^anismes se trouvant dans le tartre dentaire et leur proportion relative, ne lui ont fourni aucun bon résultat. Les microbes amenant une liquéfaction rapide de la gélatine, comme le Baclerium termOy déterminaient en trois ou quatre jours la destruction de la plaque et rendaient de la sorte, par leur présence, toute recherche impossible.
K. — Décrit par Yignal dans la deuxième partie de son travail (1), ce petit microbe est souvent en diplocoque, quelquefois disposé par quatre; son diamètre varie de 0^75 à 1 i*-. Yignal l'a trouvé constamment dans sa salive.
Sur plaques de gélatine, il donne de petites colonies rondes, de couleur brun jaunâtre. Il ne liquéfie pas la gélatine.
Sur gélose, il se développe sous la forme de petites colonies de 1 à 2 |t, formant un pointillé blanch&tre.
Le bouillon ensemencé devient clair après avoir donné un
(1) Arch. de physiologie^ 1887, t. X, p. 295.
précipité blanchâtre. Ce microbe se développe très mal dans le bouillon acidifié avec 1/2000* d'acide chlorhydrique.
Rôle physiologique des microbes.
Les micro-organismes de la bouche jouent un rôle considérable dans la digestion. Cette opinion, nous Favons vu, est celle de M. Pasteur. Ils agissent soit directement dans la cavité buccale, soit dans Testomac et Tintestin, lorsqu'ils ont été entraînés par les aliments dans ces parties du tube digestif.
Les microbes agissent certainement dans la digestion salivaire. Les fermentations ne manquent pas, en effet, dans la bouche, la fétidité de Thaleine d'origine microbienne en est un exemple.
Dans Tcstomac, leur action n'est pas moindre. Un exemple peut être tiré du Bacillus amylobacter^ qui, d'après Van Tieghem, aurait pour fonction, après son arrivée dans l'estomac, de transformer la cellulose des plantes en substances assimilables.
M. Vignal a publié un ensemble de recherches expérimentales encore incomplètes, mais déjà fort intéressantes, pour montrer le rôle des micro-organismes dans la digestion. 11 a essayé, sur un certain nombre de substances alimentaires, les dix-neuf espèces de micro-organismes isolés par lui dans la bouche.
« Parmi ces micro-organismes, dit M. Vignal (1), sept dissolvent l'albumine cuite; cinq la gonflent ou la rendent transparente ; dix dissolvent la fibrine ; quatre la rendent transparente ou la gonflent; neuf dissolvent le gluten; trois transforment l'amidon, mais un seul agit avec un peu d'énergie; un autre
(1) Viornal, Joum. des conn. méd., 1887, p. 250.
paraît vivre à ses dépens, mais sans le transformer; sept coagulent le lait; six dissolvent la caséine; neuf transforment la lactose en acide lactique ; sept intervertissent le sucre de canne ; sept font fermenter la glucose et la transforment partiellement en alcool ; toutes ces actions sont plus ou moins énergiques.
« Parmi ces micro-organismes, six résistent plus de vingtquatre heures à l'action du suc gastrique à 36 ou 37 degrés, que la culture soit récente ou vieille, avec des spores; cinq résistent plus de deux heures à son action lorsque la culture est récente et plus de vingt-quatre heures lorsqu'elle contient des spores; deux autres résistent seulement une heure lorsque la culture est récente, et plus de vingt-quatre heures lorsqu'elle contient des spores ; deux autres résistent seulement une heure lorsque la culture est récente, et les spores d'un de ceux-ci vingt-quatre heures, celles de l'autre seulement six heures; les cinq derniers ne résistent pas une demi-heure à son action, que la culture soit récente ou ancienne. »
M. Vignal nous dit, de plus, avoir retrouvé six des microorganismes de la bouche dans les matières fécales.
Pour mieux se placer dans les conditions ordinaires de la digestion, M. Vignal, au lieu d'inoculer ses ballons contenant diverses substances nutritives avec des microbes isolés, les a ensemencés directement avec du tartre dentaire et de l'enduit lingual. « L'attaque des substances contenues dans ces ballons fut très énergique au début ; mais dès le troisième jour, souvent même dès le second, il se produisait un arrêt persistant. Il faut se garder d'en conclure que les micro-organismes de la bouche mélangés n'ont aucune action sur les aliments, car, dans les conditions physiologiques ordinaires, les muqueuses absorbent les matières qui ne peuvent l'être par les parois de verre.
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