LE PNEUMOCOQUE DANS LA SALIVE NORMALE
pneumonique. Ce n'est que le jour où la température descendit à 36%4, que la salive se montra inoffensive.
4* Dans les jours qui suivent la fin de la pneumoniey bien que la salive soit inoffensive^ elle renferme des pneumocoqueSy mais ils sont dépourvus de leur pouvoir pathogène. A une époque ultérieure^ la salive redevient nuisible^ parce que les pneumocoques ont récupéré leur pouvoir infectant.
On avait reconnu depuis longtemps déjà la différence d'activité du pneumocoque suivant les circonstances. M. Pasteur avait noté que ce microbe devenait plus virulent par les passages successifs de lapin à lapin. Fraenkel avait montré l'affaiblissement d'activité du microbe après passages successifs dans les milieux de culture et la nécessité de transplanter ce microbe à petits intervalles si l'on désire le conserver. Mais il était réservé à M. Nelter de démontrer qu'après la pneumonie il y avait encore, pendant un certain lemps, atténuation dans la virulence du microbe contenu dans la salive.
En injectant à des animaux des salives inoffensives des premières semaines, il leur a conféré l'immunité. Il a donc pu déduire de ces expériences que la salive renfermait alors vraisemblablement des pneumocoques atténués.
Présence du pneumocoque dans la salive normale des personnes n'ayant jamais eu la pneumonie.
On trouve fréquemment le microbe de la pneumonie dans la salive de personnes bien portantes. M. Chantemesse, dans ses cours, inocule périodiquement la salive d'un garçon de laboratoire. Cette salive donne constamment au lapin une infection pneumonique, bien que l'homme qui la fournit n'ait encore jamais eu de pneumonie.
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Lit t»'iCâI d*tê mocabdioùâ de salira »1«^ sujiHs iwmi i&<!iés de pfKumottii^ Ciîti>s par FrKoki^ Wolf, Fatiirfaî. Ëioadi. ne ^xirat qae 15 pour lOO d'inîtnyjOi, «jddeQkberf . cité por aonût fitlrou^é le pneumocoque dans phis de h des salhres normales.
WekhidljaimieiWolf 1 1; ont émis r<^ink>n<pie, dans la salîre »>rmaley le Sirepioeoccus Pasieuri était toujours moins abondant que dans les crachats pneumoniques. i^amaléia aiance au eontraire que les deux cas dans lesquels il a tu le plus grand nombre de ces microbes dans les crachats appartenaient a des personnes non pneumoniques. Comment expliquer que ce microbe pathogène puisse pulluler dans certaines salires sans occasionner le moindre dommage? Comment expliquer que dans certaines conditions il puisse déterminer rhépatisation du poumon?
M. Pasteur, comme le rappelle Gamaléia, nous a déji depuis longtemps montré qu'une maladie des vers à soie, la flacherie, est causée par un microbe banal se trouvant partout dans la nourriture des rers, restant inoflensif pour ceux qui ont une bonne digestion et tuant ceux qui sont affaiblis dans leur santé générale ou leurs organes digestifs. M. Pasteur a fait voir aussi que le ribrion septique, microbe très virulent, existe toujours dans les intestins des mammifères sans troubler aucunement leur sanlé.
Gamaléia lui-même a trouvé que le microbe du choléra des poules, maladie si terrible pour lés oiseaux, se trouvait constamment, quoique faible et en petit nombre, dans leurs entrailles, et qu'une intoxication par des bactéries non pathogènes suffisait pour leur ouvrir Tenlrée dans le sang (3).
(i) Wolf, Wiener med. BlàHer^ 1887, et Wiener med. Presse^ 1887, p. 1771.
(i) Gamaléia, Centralblatt fur Bactériologie, t. IV, p. 161.
ABCÈS SOUS-PÉRIOSTIQUES A PNEUMOCOQUES. i05
De même il est permis de supposer que, chez les personnes bien portantes, le pneumocoque ne trouve pas un terrain favorable pour développer ses qualités pathogènes. Comme l'ont démontré les observations de Gamaléia, les microbes pathogènes, même dans le cas où ils existent en quantité très grande dans le mucus bronchique, n'arrivent pas jusque dans les alvéoles pulmonaires ; ils sont arrêtés dans leur développement par les microphages qui s'en emparent et les digèrent. Mais que lepoumon soit préparé par un coup de froid, une bronchite, l'inhalation de vapeurs irritantes, et le microbe, descendant par les bronches, pullulera dans des alvéoles pulmonaires dont les cellules, déjà malades, seront incapables de soutenir une lutte contre les microbes envahisseurs.
En introduisant dans la trachée des moutons le virus pneumonique, Gamaléia n'a pu déterminer dans les poumons sains des lésions de pneumonie. En faisant à des moutons d'abord une injection trachéale de tartre stibié et en les inoculant ensuite avec du virus pneumonique, Gamaléia a pu, au contraire, déterminer des pneumonies fibrineuses typiques.
Toutes les causes de destruction des cellules pulmonaires prédisposent donc au développement du pneumocoque dans les poumons.
Cette histoire de la septicémie salivaire nous montre pourquoi, dans l'étiologîe de la pneumonie, il faut compter avec deux facteurs : le microbe, c'est-à-dire cliniquement la contagion, et la cause prédisposante, qui n'est souvent que l'influence saisonnière (Netter).
Abcès sous-périostiques à pneumocoques.
Les travaux de Netter sur les microbes pathogènes de la
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ABCÈS SOUS-PÉRIOSTIQIES A PNEUMOCOQUES. 107
L'incision de ces abcès, suivie du drainage et de quelques injections antiseptiques, a donné lieu à un amendement rapide dans tous les cas, et la guérison complète a été constatée dans ceux qui ont été suivis assez longtemps.
Cette terminaison favorable a frappé M. Yerneuil, qui avait constaté au moment de Tincision de Tabcès une dénudation osseuse dans retendue de 2 centimètres, et qui s'attendait à la formation d'un séquestre; contrairement à ses prévisions, l'abcès guérit en quatre jours, complètement, à l'aide de quelques injections phéniquées pratiquées dans le foyer purulent. Aussi M. Yerneuil fait-il remarquer la bénignité relative de cet abcès et se demande-t-il si cette heureuse issue ne tient pas aux propriétés pathogènes relativement bénignes et en tout cas peu durables du pneumocoque transporté hors de ses milieux naturels (1).
Cette prévision est justifiée précisément par des faits d'un autre ordre. Cette bénignité relative, d'après M. Netter, se retrouve en effet dans les manifestations les plus diverses de l'infection pneumococcique. Les agents de cette infection perdent en peu de temps leur virulence dans le corps humain comme dans les milieux de culture, proposition démontrée par M. Netter dans un autre travail sur les pleurésies purulentes métapneumoniques (2).
Un travail plus récent de Zaufal, basé sur quatre nouveaux cas d'abcès périmastoidiens à pneumocoques, consécutifs à des otites suppurées, confirme la manière de voir de Netter et Verneuil relative à la bénignité de ces abcès (3).
Dans les cas où les abcès se trouvent dans des régions éloi-
(1) L.-H. Petit, Union médicale, 21 sept. 1889, p. 421.
(2) Netter, Soc. méd. des hop., 1889, p. 13.
(3) Zaufal, Prager med. Woch., 4 sept. 1889.
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