‹ Les microbes de la bouche (volume 2)Chapitre 34 sur 37 · LANGUE NOIRE · texte numérisé non relu

LANGUE NOIRE

C'est en novembre 1855 que Bertrand de Saint-Germain fit un rapport à l'Académie des sciences sur une affection caractérisée par la coloration noire de la face supérieure de la langue telle qu'on l'observe à l'état normal chez le perroquet et la girafe, accidentellement et par plaques chez le bœuf, le mouton, etc.

Gubler (1), dans son arlicle sur la sémiologie de la bouche, consacrait quelques lignes à la coloration noire spontanée de la langue et se demandait si elle n'était pas due à un parasite. En 1875, M. Féréol disait que la présence d'un microphyte n'était qu'accidentelle. La question en était là lorsqu'elle fut reprise par Lancereaux.

En 1875, Dessois faisait de la langue noire l'objet de sa thèse inaugurale. Dans ce travail. Dessois avance que cette affection est produite par un petit coccus. Il s'appuie sur lés constatations faites par Malassez, dont il rapporte en détail toutes les recherches.

Pour M. Vignal, ce coccus de la langue noire n'est autre que celui désigné dans son mémoire de 1887 par la lettre a. H a étudié de nouveau les préparations faites par M. Malassez en 1878, il les a démontrées colorées par la méthode de Gram, et en les comparant à celles faites de la même façon avec les cultures de son microbe a, il a observé que les unes et les autres avaient le même aspect et les mêmes dimensions (0»*,5 et 0^6). « Ce qui contribue d'autant plus à nous confirmer celte hypothèse (car elle restera une hypothèse jusqu'à ce qu'on ait cultivé le micro-organisme de la langue noire, ce que nous n'avons encore pu faire faute de sujet), c'est que M. Malassez a également observé en dix-huit cas une variété de cette affec-

(1) Art. Bouche du Dictionnaire encyclopédique , t. X, p. 229.

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lion qui peut être baptisée sous le nom de langue blanche ; les caraclcres, sauf la couleur, étaient exactement les mêmes dans ces deux affections, et les micro-organismes, sauf toujours la couleur, étaient absolument identiques. II nous paraît donc que le coccus a doit présenter une variété blanche et une noire, de même que le staphylococcus en présente une blanche, une dorée et une jaune-citron. »

(Pour la description de ce microbe, voy. p. 72.)

L'étude de cette affection a été reprise récemment par W. Roth, de Vienne (1).

Quand on regarde de près la muqueuse linguale, on voit que les amas de microbes déterminent des productions pseudopileuses et cela de la façon suivante :

Les parasites se développent d'abord à la base des papilles cl sont ainsi une cause d'irritation pour le revêtement épithélial de la papille qui s'hypcrlrophie en longueur. Les microbes en proliférant contribuent à former autour de la papille une sorte de manchon. Ils s'insinuent entre les cellules épithéliales les plus superficielles, les dissocient, et bientôt toute la masse parasitaire se détache, entraînant dans sa chute les cellules épithéliales. Les papilles ainsi dépouillées de leur masse microbienne ont été comparées à des poils. Dessois les compare à un tronc d'arbre dépouillé auquel les branches brisées restent attachées encore de dislance à dislance.

Nous prendrons comme base de notre description clinique les communications faites par Moure en 1883 à la Sociélé médicale de Bordeaux (2).

Le début est presque toujours insidieux, mais l'intensité de

(1) Rolh, Wiener med. Presse, 1887, t. XXVHI, p. 897, 935.

(2) Moure, Mém. de la Soc. de méd, et de chir. de Bordeaux, 1883, p. 437 et 602.

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