‹ Les microbes de la bouche (volume 2)Chapitre 37 sur 37 · MICROBES DE LA CARIE DENTAIRE · texte numérisé non relu

MICROBES DE LA CARIE DENTAIRE

surtout les maxillaires supérieurs et inférieurs. Nous avons vu qu'une carie dentaire était parfois la porte d'entrée du parasite. Jeandin attribue aux actinomycètes une large part dans la patliogénie des caries et des périostiles des maxillaires (1). On entretiendra donc la bouche dans un état de propreté minutieux; on surveillera les moindres affections des dents et des muqueuses.

Microbes de la carie dentaire.

Il est démontré aujourd'hui que la carie dentaire est d'origine parasitaire, mais nous sommes déjà loin du temps

FiG. 91. — B, leptolhrix de la carie des dents avec ses différentes formes de cocci, bacilles et niaments (Cornil et Babcs).

OÙ Leber et Roltenstein attribuaient au Leptolhrix buccalis le rôle pathogénique exclusif dans cette affection. Le leptothrix ne se développe que secondairement dans une dent déjà cariée. € D'après Gornil et Babes, Leber et Rottenstein croyaient que les cellules du leptothrix pénétraient dans les canalicules dentaires, les dilataient, et qu'avec eux les acides entrant dans la dentine ramollissaient et détruisaient cette substance. Miller pense au contraire que l'action des acides commence par ramollir en un point superficiel la dentine dépouillée préalablement de la couche de l'émail, et que les bactéries pénètrent

(1) Jeandin (J.), Étude sur Vactinomycète de V homme et des animaux , Genève et Lyon, 1886.

euMÛit . W-kL Fmautsuc dih: îis^ àwiîit^rjiîf i»stn?eiil entrer i ira- ■verh it 'niuârt: ôf -^t^mm.. Milie: n itrom^^ ac Kumraii* qoe les miun^ispamnuei^ ut pisisii: jamat^ àai& lis àesnu famés, si ce lied içc'êi^ Ik dj&^iiiurJUL par jts acioe^ âe la oc*BC'lie calcaire: qui ief reMiLMT».

4 riiQer«w«â e: ILiîef i > um ^nnsiai^ qnt les badêries pêjMslJ'eiil dsDtf le "ùss^ caim. iLiiôf ai ôëcn: jt Lgfûi^Ûirii pusiUa. qui iiimiendi. cfaçi:^ jilI. jt lars-t otonaire qui se d«^»ase sur lef desLtf . Mais vesii: is^esj^i-è^siiim x'esc jias ecacoe^ car le lep- Uitlirii i*ç w dt'T+'l^jç^ jsfcj ûaus k loêiDt «DàrMl que le tartre. Les wskvrèûimi <a.Vca3res i^ iîtfTDezil ans pc4Sts iToorertare <ies «riaxkdes salîuLÎres s^nr la xosqneBse. taadxs que la plus {Taitde iiiasi*^ d^ 1^4£<h7ii s«f ircvuve d« oc<ê Utûl des inci- «Tes.

( Au dibuU 1^ dents <x>xLiiien^enl pir >f dècalcîâer sous rififloenoe des acides qui sf formeal dass la bouche par les feraienUiUons. La partie dir^<iî>êe e>t ens^iile envahie par les bactéries. Ou («e^ut exf^rimenlalement rendre la salive adde en b mélangeant pendant quatre bennes à la température de iO degrés avec du suere et de lamidon. Si au contraire on chauffe le mélai^e à ICiO d^^rés ou si Ton y ajoute de Tacide pbénique, il ne se produit pas d acidité ii\. »

Parmi les travaux déjà nombreux publies sur cette question, ceux de Miller (A) et ceux plus récents de Galippe et de Vignal (i) sont de beaucoup les plus importants et méritent d*étre rapportés en détail.

ii) l'nderwood et Miles, TraNj. dm Comg, Mer. des sciemces med , Uadref, 1881, t. 111, p. 5^.

lï) Coriiil et Babes, Les bactéries^ ^ édil., p. 638.

(3) Miller, Deutsche med. Wock.. 1884, n* 36 (Beilage).

(i) Galippe et Vigoal, Soie sur les micro-WMrganises de la carie dentaire (Journal des connaissances wsédicales^ 1^9, p. 90).

Ces auteurs se sont servis d'une méthode et d'une technique qui semblent les avoir mis à l'abri de toute erreur.

Il suffit, disent Galippe et Vignal, d'examiner à un forl grossissement des coupes de dents cariées colorées convenablement, pour voir des micro-organismes nombreux non seulement dans la cavité de la dent, mais encore dans les canalicules de la dentine. Ces microbes remplissent les canalicules dont les parois sont détruites, ils deviennent d'autant plus rares que l'on s'éloigne davantage de la cavité initiale, de sorte que Ton peut suivre facilement leur progression. Galippe et Vignal se sont débarrassés par leurs études des micro-organismes contenus dans la cavité de la dent cariée. Ces parasites peuvent ne pas être pathogènes pour la dent, ils peuvent même être étrangers à la bouche et apportés par les aliments, les boissons, etc..

Les deux expérimentateurs ont employé la méthode suivante : « Après avoir nettoyé avec soin la surface de la dent, on débarrasse la cavité produite par la carie des substances étrangères qu'elle renferme, ainsi que de l'ivoire altéré par le travail pathologique, et après l'avoir trempée dans Talcool, la dent est flambée. Ceci fait, la dent placée dans du papier stérilisé est brisée dans un étau et les fragments de dentine sont ensemencés dans divers milieux. »

En opérant de la sorte, Galippe et Vignal ont pu isoler sur dix-huit dents qui ont servi à leurs recherches six espèces de micro-organismes. Quatre de ces espèces ont été constamment retrouvées par eux, la cinquième a été retrouvée huit fois et la sixième cinq fois seulement. Les caractères de ces microbes n'ont encore été décrits par Galippo et Vignal que d'une façon

ÏOK LES JOaiOBEf lŒ LA BOUCHE.

sueeiiiic!* : ces aulexarf nous promellent de revenir avec détail 8ur kur étuij^ dans uo prociais mémoire.

r L.91 preroi-ere eq>èce eonslammeiit reDcosilrée est un Ipelii h^AU court «t épais, presfpe aussi loii£[ qne lai^e, et m^^ràui en rrioyeoae 1 %5 <k loaigneur. Culih'é en piqûre 4im.h hk ;^'éJâiline, il forme assez rapidement ime traisèe blanche, Ipuiii au iMiUt de trois ou quatre jours il oommenoe a lai liquétiiKi' *:u la reo^rlant d*uQ blanc opaque. Sar les plaqiies de gelaùm^ ï\ Umuit de petites colonies blanches légèrement en relier, (^uj, ^prés avoir atteint 2 on â millimètres de diamètre, s^éten- Ami Hn la liquéfiant. Il coagule le lait en formant de Facide

't \^ ^uunuht espèce est un bacille ayant â pi de long, l^èreu^ui étran(;lé en son milieu. La culture ne difiëre de celle 4h \nMtA(iï\{ que par Textension plus considérable des colouut^ mv la gélatine avant la liquéfaction. Il forme paiement 4^. i'acide ludique avec le lait.

/T Im troisième espèce est un bacille ressemblant beaucoup 'M ^frMtd^tlïi, mais no présentant pas d'étranglement. Il s*unit éifi cUaUuitUtHf Hurloul dans les milieux liquides; ses extrémités mit ^mpfuiH carrément. Il ne liquéfie pas la gélatine. C'est un nhoUift l'acultatif qui détermine la formation de bulles de (K^/ mt cultivant dans la gélatine. — H ne coagule pas le lait, ^i$*U triuntiforme en un liquide jaune brun, et rend la caséine itH'Àmifiihhht |)ar les acides.

/k" \Ai (|iialriémo espère est un bacille très court et très rriirir/% |)n!Hr|un aussi long que large; aussi, à première vue, pourrait-on le prendre pour un coccus. II liquéfie la gélatine et sa rullure prend une teinte jaunâtre. II transforme la caséine du lait, qui répand bientôt une odeur désagréable et produit la dissolution do la fibrine.

5" Le micro-organisme rencontré huit fois seulement par MM. Galippe et Vignal est un bacille de 4 à 5 [jl de longueur, arrondi à ses extrémités. Il liquéfie la gélatine en la troublant, après avoir formé une traînée blanchâtre à sa surface. Le lait est transformé par lui en un liquide brun qui, avec le temps, devient presque noir et répand une odeur nauséeuse.

6*" Le micro-organisme isolé cinq fois seulement est uncoccus volumineux. Il n'a été rencontré que dans les dents dont la carie était très avancée. Il ne liquéfie pas la gélatine, mais forme à sa surface des traînées blanchâtres. Il coagule le lait en formant de Tacide laclique dont la proportion peut devenir considérable, si Ton prend la précaution de neutraliser cet acide au fur et à mesure de sa production.

Dans la pulpe enflammée, non en communication avec la dent cariée, Galippe et Vignal ont rencontré trois autres espèces. Ces parasites n'ont jamais été trouvés dans la dentine. Cette particularité peut s'expliquer de diverses manières : « Lorsque nous ensemencions des fragments de dents contenant la pulpe infectée, cette région était séparée de la cavité de la carie par une mince couche dentinaire, et il se peut que, par le flambage, les micro-organismes qui se rencontrent dans la pulpe trouvent seulement dans ce milieu des conditions propres à leur développement et que, dans leur trajet à travers la dentine, ils soient en quelque sorte annihilés dans le conflit vital qu'ils soutiennent contre les autres micro-organismes, beaucoup plus nombreux, et qu'ils aient ainsi échappé à notre travail d'isolement ultérieur. »

Le premier des micro-organismes ainsi trouvés a été le Bacterium termo, dont nous avons déjà donné la description.

Le second est celui décrit par Vignal dans son premier

mémoire, ^cith- k Jtii:ît G. 1 açrn *-.f:îij*aiisn: fnir j^ matières prolêiques, iiil«n*-jdc j* îOI'l-^ ^ IrciiH- 6^ ra^ââ? inKtîque.

Le troisîèiDe esl it Sicpi'U»tKin;ruf j'yi^caba rvjv» tfoaré dans une denl ti^ nuLiaot. Cf^ne ciicsuiiaJcfiî non^ ^e^ïiiqiie b genèse des snppxiraiinn? cil iteuvsti i^e irimisr jai!ii>jar d une denl cariée.

Nous venons de "^ :d: çnf . iuctl j^!? iL-^riJâsiiis iscJês par Galîppe et Vîpnal- les i3is jXTKsrkù^sn d*- Tûiiàt ]i&!Cjqae, les autres dêtrairaitnî ii mx LJir* z^rx^ane- Les iresiiiers dtssolvent la matière mii^éraj* à* îi qsiil jes se^idùis f j«i disparaître la matière onriiiûçii*, e: ^:fC^ a^inre d* desCncSMi est aidée par Tadion des micrctïtes saicrçtiDes çiû |^allal<iic dans la cavité buccale.

Ces recherches ccmorr^n! > fax ilîs foi lïsnifTe^arGjlippe, que lei: dents rvsîstairst a uua:: tl^z\ i Tikiûc^ des microoipanismes dévelof»pant ia .-arj* rL>l.i:s êaLkoti jJtis rid^s en matières minérales.

Ces recherche:s pe^ïI>ei:4^i: t:issi d* dL-*, a^^: IL le professeur Bouchard : i La ca::i^ àexiUdrf Ztt rec%:«mait f^as pour cause un microl^e unîqiie. tZt e>l > :>ês:L:iai d'jç-^ols infectieux multiples : les feroestaiiocs iac*ssaiiîes qni s'opèrent dans la bouche au\ dt pexLS des de: ris alimentaires donnent naissance à des addes, tek que Tacid* a-:>fû'p2e, Facide butyrique, qui décaloiiieni les cc'ucbes s:uj«rr&:irlles de la dent et mettent à nu la dentine ; les cj^caliraks de la dentine se troavent alors ouverts à des a^enls micrc-biens sf-èiiaux qui s'y insinuent e! achèvent la dissoriiXion de La ^am^je cakaire ; le squelette organique de la dent reste Sc-u.. la pmrtie min«^rale ayant été soustraite par la carie chimique « I •. >

Miller a décrit cinq espèces de bacléries dans les den ts cariées et les a désignées par les lellres a, 6, y, 5, e. Il a isolé dans la Cïavilé buccale vingt-cinq espèces différentes de microbes : «iouze cocci et treize bâtonnets.

Le microbe « se présente souvent sous forme de cbainettes,

Kic. 92. — L lalioa de l'acide carie dentaire.

a, différentes formes de ce niicrobe ; microbe» ronds et en chaînettes ; b, farmus d'invululion ; c, apparence de la culture sur la. gélaliae.

parfois il apparaît comme diplocoque ou même comme un simple monocoque. — C'est, des cinq bacléries de Miller, la plus facile à isoler. Elle se développe très rapidement sur la gélatine et la transforme en une sorte de bouillie semi-liquide et transpaienle.

Les colonies ontsur les plaques de gélatine l'aspect de petits boutons. Pour Miller, c'est ce microbe qui, en formant l'acide lactique aux dépens du sucre, déterminei'ait l'acidité de la boucbe.

iM LES IICROBEIS DE U BUICHEL

Le microbe ^ est polymorphe, il affef'te la Forme de filamenU, d« bàloonels et même de cocci. Il se développe très lenLe-

Fltt. Wt — beUns p. Fl6- «l. — S-etini

ri«. U. — «. ewie artiAeielle :

ment et ses cultures sur irélatin* soot très di£5ciie5. Ponr

f W. 96. — Bart^ei da ■ùcrabe î ■

Miller, c'est le véritable agent pathogène de la carie dentaire, c'est lui qui pénètre les caoalicules de la dentine.

Le microbe t est un coccus très petit, presque toujours isolé. H liquéfie si rapidement la gélatine que celle-ci est déjà

^^*^>cxollie dans toute son étendue au bout de quatre ou six

f^^Vires. Au bout de trente-six heures, la liquéfaction s'étend

'■^^fju'au fond du tube. Cette liquéfaction rapide est caracté-

^^lique pour ce microbe. Nous avons vu les analogies qu'il

5iit avec le microbe E de Vignal.

Peut-être faudrait-il aussi le rapprocher du coccus que Ro- ^^nbach a représenté et qu'il a trouvé dans les dents cariées <:tig. 97).

Le microbe S est aussi un coccus; sa culture sur gélatine se

FiG. 97. — Cocci d'une culture de la carie Fie. 98. — Bactérie e.

dentaire (d*après Rosenbach).

présente en forme de pointe à la partie inférieure du tube, et son développement est très lent. Il liquéfie la gélatine.

Le germe s est un bacille recourbé en virgule. Deux bacilles en contact par leurs extrémités donnent parfois la figure d'un S. Il se dispose parfois en filaments spirales comme le microbe du choléra. Il liquéfie la gélatine. Flûgge le considère comme identique au bacille de Finkler et Prior.

Par quel processus les microbes décrits parviennent-ils à déterminer la carie dentaire? Pour Miller, il faut avant tout que les parasites pathogènes trouvent une porte d'entrée.

Un premier stade est constitué par une décalcification du tissu de la dent sous l'influence des fermentations que les acides font naître dans la bouche. — Il faut que la dentine soit dépouillée de sa couche d'émail, pour que les microbes puissent y pénétrer.

M i i.<r^ W.mKS [|B LV iUH'CEIK.

.|.'.,.4iri(î*'-'-a, p^n^r-^ni les ■•anaÉîcnies •HlesdétrrnseoLL'anRU -.-ifi<:i'f''r->r ■■ntin iin trnisiMiie ^Aàe dans ieffoei une inuDiù ■ttn-iuW-rtM" 4^ rtr^aitisfiw^ <le la putrpfsctioD péfietrfS i l..iit -t^i'-.- . '(''rjimpnwnt ia piilpeilamaireeteni'ootiiniliiniâe

„-i„„ t r-'p-tn'fsini rin<> 'id>>tir pntride.

\v'<- kf '>rii»ni«mi»5iipcrils par lui. MtUera iTorodouaiiiih

,..ii,.,t.-ftt I» r.tr'f. Sur itn*! 'Vtupe lie deats. il i ieme *s

,„.. r..lK-i •' 'I • *'» I' rimoUissempai se produire si iiiefl^iuli

.,,v-tit i>l>--r I'"-' 4i*nl< iiinKi traitHM. En «xaminani es ana-

,. ,t I) I.. vit i<»ti|>ll« i>t ililfiK^s par des mtcrn-orçiaiiiniis.

y., ) I . iiK.ltfit"-! 41'iiiitiiii^N, r«H c^nalifrules se perlbnieaL.

I ,,„ vMito ilmtt l<> r/iRtiltnl était la earie.

|i III : iio ti'iv'i'i |'l<<o H'>i>pfil, Milkr a décrit de nomeans i,ii. i,>Ii'mI< Il i-*>f>- '-t l>l"() l)iill(|iii'! leur siège dan» lescuu-

ti, ,ii.. . ,t Ii'ol ' l'iili'" Noiitt nient ionneroas en particulier

|,l,i't,>iii ' Un 'I" l'i'l «iivirïK" <|«i iVïpondent assez exacte-

((Il (Il iiif( ili>'. tl|iM i|it<> M llnli|i|m H faites de la disposi-

MirK /II" iirliti'lii" i)<iM>i II") li<i4itD t)<>H iloiilsr^riées.

fl'fd" l'( ll|<iHi< lui ili> Millier, on voit les espaces intergloiuthUlfn 'II' I Ivnlli' ii'itiiiltii'iu It'o iiiiiTnt)Cs. Ces espaces sont hl't iuif.1": i<i li'H iilli-l iilii'N poMVoitt II'* [iiii'coiirir facilement. A

'lu. fort grossissement, onconslale que la pénétralion des 'ï^icrobes dans les canaux est à peu près uniforme (fig. 99). - Dana les racines abcédées, résorbées en partie, mais non

Fig. 100. — Microbes i la aurf^tcr d«s canaux da l'ivoire (d'opris Miller).

cariées, surtout dans les dents de lait, on observe souvent que les microbes ne pénètrent que superficiellement dans les cana-

luni

I iG. lOS. — Microbes dans les canaliculeg élai^is de l'ivoire (d'apris Miller).

Houles ouverts (fig. lOO). La plupart des microbes ne pénètrent pas d'un seul coup jusqu'à la dentition normale, comme Miller l'a moniré en 1882 (1).

; <i) Miller, Arck. f. experim. Patk., 1882, vol. XVI, p. 291.

« (.ES HICilUifES HE U BOt'CHE.

Les figures i>:i el Gi de Miller représentent les lésions caoaéea par les micro-organismes dans les (issus dolaircs. Dans une parcelle de dentine cariée, m mil çà et lii des ravemcs creusées par les microbei d rein|ilics de ces éléments. Ces petites catenieiK possèdent pas toujours la forme qui leur est dosnée dans U figure ; elles peuvent être en rormede triangle ou de fentes plus ou moins aiguës iloiis

ne. iiKi. (.xirémrti'-s. Dans Itcaucoup de préparations, on fl»l ks ranalicules dentaires espacés régulièrement (iig. 101 etIOî)-

-lu: \i\nn. A. l4-'.i.imi

canalicules élargis contiennent presque toujoars des ;cus (fig. 103).

Une figure très caractéristique est la figure 65 ; elle démontre airement comment s'effectue la propagation infectieuse dans is canalicules; ces canalicules vont en s'élargissant, si bien u'à leur superficie il n'y a plus qu'une masse de coccus sépaés par les vestiges des canalicules détruits (fig, 104). La .Igure 66 présente un caoalicule isolé, et vu à un fort grossissement (fig. 105).

La carie du cément s'accompagne également d'un élar-

Fie. 106. — Ëlargiuement des a

a cément par Us micrabei.

gissement des canaux par suite de l'action du microbe. La figure 84 de Miller (fig. 106) nous montre la production de la carie du cément avec un grand développement des canaux cémentaires : a, superficie du cément recouverte par différentes bactéries; b, zone de la denline; c, élargissement et confusion des canaux cémentaires; d, envahissement de

FÎToire' par. la carie. Les canaux sont infiltrés par les microbes; dans ces conditions, la substance devient par conséquent plus rare, et même disparaît complètement. M. Miller possède plusieurs préparations démoniraot la carie cémentaire d'après ce processus; mais il n'a pu produire aucune réaction inQammatoirc dans ses expériences.

■ . EaÙn Miller a encore décrit deux microbes dans les dents cariées : ce sont le Baeillus dentalis viridans et le Bacillus pulpœ pyogenes.

■ Lé Bacillus dentalis viridans se rencontre dans les couches

superficielles de la dentine cariée. Il apparaît sous Tormc de petits bAioDoels à extrémités recourbées, seuls ou par paires 'fig. i09, a). Il se développe facilement dans les cultures fi une température ordinaire. Les colonies apparaissent presque sans, aucune couleur au microscope, ou bien avec une légère teinte jaunâtre. Ils sont absolument arrondis, à bords nets, et l'on peut "apercevoir, lorsqu'ils ne se Irouvenl pas accolés, dès. anneaux concentriques. Le milieu est seul coloré, les cellules restent incolores.

' Les cultures en sti'ie sur agar-agàr donnent une très mince

MICROBES DE MILLER. JtO

croissaDce à bords irréguliers, réfléchissaDt la lumière avec une couleur bleuâlre; celle-ci devient bleu vert lorsque la lumière tombe verticalement, et reste incolore sous le microscope.

La Ggure i07 montre une culture dans la gélatine, datant de huit jours.

Les injections sous-cutaaées de cultures de ce microbe ame* aèrent souvent des inflammations locales avec suppuration, et dans un cas la mort par empoisonnement du sang; les bactéries furent principalement retrouvées dans le sang et dans les organes.

Des injections dans la cavité abdominale de souris blanches et de cobayes occasionnèrent 60 pour 100 de morts par une péritonite dans l'espace de vingt-deux heures à six jours. On ne rencontra dans le sang, à l'examen microscopique, aucune

race de microbes, mais il en existait dans les cultures pures faites avec le sang du cœur.

Bacillus pulpœ pyogenes. — Ce microbe fut découvert dans une pulpe gangrenée.

2ai LES 111CB0B&S bE LA MICHE.

D apparaît sous la Ibnne d^an bacille, souTent recourbé et poiato; qadqiMfois isolé, en paires ou en chamelles de q«atre à hoil annean (6g. 108^. Il croit asseï rapidement daiB les coltares sur plaqne; les colonies sont grandes et de formes arrondies, brun foncé, a contour très marqué.

Les cultures en strie sur g^élatine commencent à se liquéfier dans Fe^iaoe de dis-huit à vingt-quatre heures. Jusqu'à ce moment, elles apparaissent en lignes verditres, brillantes, et apynt I miDimèlre d'épaisseur, la superficie dépassant un peu le nireau de la gélatine.

Les cultures en strie sur agar-^^ar donnent une assez grande croissance, de couleur blanc bleuâtre ; étinœlante i la Inmiire tombant Terlicalement ; grise à la lumière réfléchie ; sous le microscope, de couleur grise (les rieilles colonies sont jaunâtres), cornée, de structure tibrillaire.

Des cultures de huit jours présentent Taspect de la figure 108. Ces microbes liquéfient la gélatine i peu près avec la même vitesse au centre qu'à la circonrérence du tube.

Des injections de 0°* %05, Taites avec le bouillon de culture datant de vingt-quatre heures, dans la carité abdominale des souris, amènent la mort dans Tespace de dix-huit i trente heures.

Bcrobes de rostéo-périostite alvéolo-dmitaire.

Cette aflection fréquente, trop souvent méconnue des méde- * cins, survient chei de nombreux malades atteints d'une affec-

tion générale, passagère ou penuanente : grossesse, ménopause, diabète, syphilis, arthritisme, goutte, rachitisme, affections duioniques ducosur, du foie, des reins, ataxie locomotrice, etc. Cest elle qui détermine chez ces sujets la chute mal nommée

OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAIRE. 221

spontanée des dents. Lorsque de tels diathésiques ne prennent aucun soin hygiénique de leur bouche, les gencives sont toutes préparées pour la germination des micro-organismes. Mais d'autres causes, sur lesquelles nous reviendrons, sont nécessaires pour déterminer la maladie.

Les travaux les plus récents sur la question tendent à faire admettre qu'il s'agit, en effet, d'une maladie parasitaire, localisée chez des diathésiques; débutant par une inflammation du rebord gingival qui se détache du collet de la dent, elle se continue par une suppuration intra-alvéolaire de longue durée et se termine par l'expulsion de l'organe malade.

Désignée sous le nom de pyorrhée inter-alvéolo-dentaire, par Toirac ; de gingivite expulsive, par Marchai (de Calvi) ; d'ostéo-périostite alvéolo-dentaire, par Magitot, elle fut étudiée, en 1884-, comme maladie parasitaire, infectieuse, par MM. Malassez et Galippe. Depuis cette époque, M. Galippe a continué ses recherches, et a dénommé la maladie : gingivite arthro-dentaire infectieuse. Ce qualificatif nouveau indique, en effet, « que le processus inflammatoire détruit les fibres ligamenteuses unissant la dent au maxillaire (ce qui constitue cette sorte d'articulation particulière connue sous le nom de gomphose), et enfin que les altérations de ce travail pathologique atteignant le cément, peuvent pénétrer dans les canalicules de la denline et de là envahir toute la dent ».

M. Galippe s'appuie, pour affirmer la nature infectieuse et parasitaire de la maladie, sur l'examen des coupes colorées, sur la culture et l'isolement des parasites contenus dans les canalicules de la dentine, enfin sur la contagion qui s'opère dans la bouche de dent à dent et aussi d'individu à individu.

Paul Le Gendre rapporte, dans son livre déjà cité, un fait en faveur de la contagiosité de la périostite alvéolo-dentaire.

Une femme galante, dont la bouche avait toujours été saine, vint à perdre ses dents après avoir pris un prolecteur alteinl lui-même de gingivite expulsive (1).

De son côté, Miller a fait aussi sur cette question quelques recherches que nous résumerons plus loin.

MICROBES DE GALIPPE

Galippe a isolé dans la gingivite arthro-dentaire infectieuse deux microbes qu'il appelle dans une classification provisoire Y et p.

Le microbe y est un diplocoque très lin qui, sur les cultures, prend la forme d'un bâtonnet. Il liquéfie la gélatine et se développe en clou après ensemencement dans la gélaline peptone. 11 détermine une pyémie généralisée chez le cobaye inoculé sous la peau. Au bout d'une quinzaine de jours, Galippe a observé chez l'animal une série d'abcès siégeant au niveau des articulations des pattes anlérieures et postérieures. Quelquesuns des abcès s'ouvrirent spontanément, les autres furent ouverts avec toutes les précautions antiseptiques désirables. Dans le pus recueilli et ensemencé, on retrouva le parasite y.

L'inoculation à un lapin a permis de constater les faits suivants : au bout de quinze jours, l'animal, amaigri, avait présenté sur l'une des cuisses un abcès considérable ; dans le pus on isola le microbe y à l'état de pureté. Au bout d'un mois on sacrifia l'animal, et à l'autopsie on trouva un abcès du foie, des abcès multiples de la région inférieure de la cuisse et qui communiquaient avec le foyer d'une fracture du fémur. Des abcès siégeaient également au niveau des côtes, et plusieurs d'entre eux communiquaient avec des fractures de ces

(1) Le Gendre, Traité d*aniisepsie médicale ^ p. 185.

OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAIRE, ±i3

OS. Une des côtes êlail gonflée et ramollie comme dans oer* taines formes d'ostéite.

Malassez, après Texamen des pièces, conclut que Tosléile était cause de la fracture des os et des abcès circonscrits.

Si Faction de ce microbe sur les os se confirmait expérimentalement, elle pourrait, d'après M. Galippe, faire admettre une prédilection de ce microbe pour le système osseux et expliquer les nécroses parfois considérables des maxillaires consécutives à certains cas de gingivite arthro-dentaire infectieuse. Ce n'est donc pas un simple trouble trophique qu'il faudrait incriminer, comme on Ta fait, mais bien Faction de parasites s'étendant de la gencive à Fos.

La bactérie ?, signalée encore par Galippe, se différencie de Y par quelques caractères. Inoculée aux animaux, elle détermine également des suppurations. Après injection sous-cutanées, un cobaye est mort, au bout d'une vingtaine de joui^s, avec abcès dans le tissu cellulaire et abcès du foie qui avaient déterminé une péritonite secondaire. Dans le pus des abcès» on retrouva le microbe ^ dont on obtint des cultures.

Les essais d'inoculation directe faits par Galippe des parasites t et ? dans les gencives des animaux sont restés sans succès. Il ne faudrait pas cependant conclure de ces résultats négatifs qu'ils infirment le rôle pathogène de ces parasites chez Fhomme, car, € s'il est vrai que Finoculation de certaines maladies infectieuses réussit à coup sûr, il en est d'autres, heureusement, qui exigent une sorte d'aptitude morbide qu'il ne nous appartient pas de créer ».

En tous cas, des faits rapportés par M. Galippe, il ressort que Alkinson (1), de New-York, a eu tort d'attribuer au Leptolhrix buccalis la propriété de décalcifier les tissus durs de la

(1) Dental Cosmos, juin 1888, p. 406.

s» LES MICROBES DE U BOL'CIIE.

denl; si Alkinspn n'a vu que \eLeptothrix buccalis, c'est parce qu'il n'a pas fait usage des procédés de colomfion aujourd'hui employés en bactériologie. Le leptollinx d'ailleurs n'a pas de pouvoir décalcifianl : Vignal n'a pas oblenu d'acide lactique en le cultivant dans te lait ou dans une solution de lactose.

L'examen de dents avulsées, fait sur des coupes après décalcification et coloration aux teintures d'aniline, a montré à M. Galippe que la surface du revêtement épitliélial était recouverte de micro-organismes dilTérenls, au milieu desquels 00 apercevait par places des touffes de leptotlirix. Des coupes comprenant la totalité de la racine lui ont montré également la dentine envahie par des microbes. Les parasites n'étaient pas seulement déposés en amas à la surface du cément, ils pénétraient encore plus profondément. Us emplissaient les canaliculos de la dentine qu'ils avaient pénétrés au niveau des brèches pratiquées dans les dents, « et l'on |)Ouvait suivre les micro-organismes depuis la large porte d'entrée qu'ils s'étaient faite jusque dans les ramuscules les plus ténus de la dentine. La pulpe avait clé envahie et détruite *.

La gingivite arlliro-denlaire infectieuse se développe surtout au niveau des dents qui, en vertu d'une anomalie do ]>osition, ne prennent pas part à la mastication.

Chez les chiens d'appartement, on observerait une aireclion analogue  la gingivite infectieuse. La cause de celle gingivite sei'alt chez eux l'état de domesticité qui les force à user d'une alimentation dilTérente de celle qu'ils devraient avoir. Pour la môme raison, la même affection doit se rencontrer chez les animaux élevés dans les ménageries. De fait, M. Galippe a pu retrouver sur une grosse molaire d'éléphant tombée spontanément des lésions et des parasites semblables A ceux de la gingivite arthro-den taire de l'homme.

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