‹ Les microbes de la bouche (volume 2)Chapitre 6 sur 37 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Des microbes en quantité innombrable vivent et pullulent dans la l)ouche de l'homme sain, les uns pour y séjourner, les autres pour descendre dans les bronches, l'estomac et l'intestin. Le tube digestif en est envahi, de telle sorte qu'on a pu le nommer, non sans raison, « le paradis des microbes ». D'après Netter, la cavité crânienne elle-même n'est pas à l'abri de leurs incursions, car elle n'est qu'imparfaitement isolée des sinus aériens et des cavités auditives, qui communiquent de leur côté avec le pharynx nasal (1).

De tout temps, ces organismes ont vécu dans la cavité buccale ; la preuve en est dans les recherches de Zopf (2) et de Miller (3), qui ont découvert et coloré des bâtonnets de Leptothrix sur les dents des momies égyptiennes. Leur présence ne doit pas nous étonner, si l'on songe que chaque bouffée d'air inspiré, chaque gorgée de liquide, chaque bouchée de solide

(1) Netter, Revue d* hygiène, juia 1889, p. 503.

(2) Zopf, Die Spaltpilzey 3« édit., Breslau, 1885.

(3) Miller (W. D.), Prchisloric Teetk (Indep. Pract., 1884).

î LES MICROBES DE LA BOUCHE.

déglutie, laissent sur la muqueuse une partie des microbes qu'elles cODUenaent. Leur nombre De doit pas surprendre si l'oD réfléchit que les organismes laissés dans la bouche trouvent dans cette cavité toutes les condiLions favorables à leur multiplication : chaleur (38 degrés), humidité, canlonnement et colonisation facile dans la sertissure des dents, le tartre, les cryptes amygdaliennes. La desquamation incessante de l'épithélium buccal accumule autour des dents une masse de raa- Uère morte, proie prédestinée aux microbes (Bouchard) (1).

Parmi les microbes introduits dans la bouche, il eo est qui s'y acclimatent et s'y perpétuent; ils y trouvent un milieu d'adaptation tel que la bouche devient leur terrain préféré. On les retrouve dans la cavité buccale de tous les sujets. Ils constituent la flore de la bouche.

Nous sommes loin de connaître tous ces microbes ; nous les connaîtrons même difficilement dans leur totalité, car ils varient pour chaque sujet, suivant l'alimentation, suivant les saisons, suivant même les heures de la journée.

Les microbes normaux de la bouche jouent un rôle physiologique important. Ils contribuent à la digestion de certaines substances ; ils déterminent des fermentations, des putréfactions; la fétidité de l'haleine, dont les causes sont multiples, est, dans certains cas, occasionnée par la pullulation des microbes dits saprogènes (3).

Si la bouche serL seulement de passage à certains microbes pathogènes qui vont pulluler dans l'intestin ou le poumon, tels que les bacilles de la fièvre typhoïde, du choléra, de lu tuberculose, elle tient lieu d'émonctoire pour certains autres.

{i) Bouchard, Thérapeuliqm des matadies infectieuses, Paris 188U, p. 252.

(2> LegeDdre, Traité pratiqua d'antisepsie, t. 1, p. 183, 1888.

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