‹ Les microbes de la boucheChapitre 13 sur 85 · MODES DE REPRODUCTION · texte numérisé non relu

MODES DE REPRODUCTION

se montre comme une ligne fine et légèrement grisâtre. Les cellules microbiennes ne contiennent jamais de noyaux ; c'est là un caractère essentiel qui les différencie de la plupart des cellules organiques.

L'iode colore le protoplasma en jaune^ ce qui prouve l'absence d'amidon. Les couleurs d'aniline ont sur les cellules microbiennes une puissance tinctoriale remarquable, propriété qui a été mise en évidence pour la première fois par Weigert (i), il y a quelques années à peine. Cette découverte a réalisé pour la microbiologie un progi'ès immense. Depuis, les procédés de coloration ont été perfectionnés par Ëhrlich (2), Gram (3), Gornil, Kiihne, etc.

Modes de reproduction.

Les microbes se reproduisent par scissiparité (Arthrospores de de Bary) ou sporulation (Andospores).

La reproduction par scissiparité est l'apanage des microbes en forme de coccus. Elle se fait de la façon suivante. Le Micrococcus prend une forme ovalaire ; puis il s'étrangle en son milieu et ne tarde pas à se segmenter pour donner naissance à deux Coccus. Chacun d'eux se divise de la même manière et suivant le nombre des segmentations qui s'effectuent de la sorte et la disposition que prennent les coccus, il résulte de cette division des Diplocoques, des Tétrades, des Sarcines, des Staphylocoques, ou des Zooglées.

La reproduction par sporulation se retrouve chez des microbes d'ordre plus élevé, par exemple chez les Bacilles. Des

(1) Weigert, Virchow's Archiv,, 1881, vol. LXXXIV, p. 275.

(t) Ehrlich, Zeitsch, f. klin. Med., vol. 1, p. 553; vol. H, p. 710, etc.

(3) Gram, ForUchriUe der Med. 1884, p. 185.

TH. DAVID. "i

points réfringenls, qui ne sont autres que des condensations protoplasmiques, apparaissent en certains points du bacille : ce sont les spores, qui sont mises en liberté, ou tombent en déhiscencey suivant l'expression consacrée, par la résorption du protoplasma. Chaque spore se développe ensuite pour donner naissance à un bacille.

La spore est un élément résistant aux agents physiques et chimiques; elle peut vivre sans se nourrir, à l'état latent.

La spore, le corpuscule germe, comme l'appelle M. Pasteur, est l'analogue de la graine des plantes. Elle résiste à une température élevée: la spore charbonneuse, par exemple, peut résister momentanément, à la température de 130 degrés comme l'a démontré M. Pasteur, tandis qu'une température de 65 degrés fait mourir la bacléridie.

En vieillissant, le microbe peut se déformer et prendre ce que Ton appelle des formes « involutives >.

Aérobies et anaérobies. — Aérobies facultatifs.

Les microbes aérobies sont ceux qui vivent au contact de l'air {aérobies obligatoires) ; les anaérobies, ceux qui se développent dans les milieux qui en sont privés, qui ne peuvent vivre s'il y a un atome d'oxygène {anaérobies obligatoires). Les aérobies facultatifs sont ceux qui peuvent vivre indifféremment avec ou sans air. C'est le groupe le plus considérable des microbes.

Tous les microbes sont avides d'oxygène : les aérobies le puisent directement dans l'air, les anaérobies le prennent dans les milieux organiques qui leur conviennent, en les décomposant et en produisant avec eux des combinaisons chimiques particulières.

Celle (( vie sans air », comme le disait M. Pasteur, c'est la

MICROBES SAPROGÈNES, GHROMOGÈNES, PATHOGÈNES i9

fermentation. Les substances chimiques qui en résultent sont les produits de la fermentation. Ces produits varient avec le microbe et avec le milieu organique dans lequel il évolue.

Toute la théorie des fermentations se résume en ces quelques mots. Nous devions l'indiquer, car dans la bouche les fermentations ne font pas défaut.

Il est cependant des bacilles qui peuvent vivre sans air et sans produire de fermentation : le prodigiosus et celui de l'œdème malin, par exemple.

Voici, d'après Liborius (1), le classement des bactéries suivant leur affinité pour l'oxygène, en commençant par celles qui ont le plus besoin de ce gaz :

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