MICROBE DE PASTEUR. — PNEUMOCOQUE
dont la valeur est trop souvent méconnue dans notre pays. Dans tous les cas de pneumonie fibrineuse qu'il put suivre jusqu'à l'autopsie dans le service de M. G. Sée, il retrouva dans le bloc pulmonaire hépatisé un diplocoque lancéolé. Il l'isola même une fois du sang d'une malade au moment de la mort (1).
Ce diplocoque, M. Talamon le cultiva et l'inocula même à différentes espèces animales. Il détermina ainsi une septicémie aiguë chez le lapin, tandis que les chiens et les cobayes lui ont paru réfractaires.
En 4884, M. Salvioli trouvait les mêmes diplocoques encapsulés dans le poumon des pneumoniques et déterminait au lapin une septicémie aiguë en l'inoculant dans le sang.
La même année, Klein (de Londres) retrouvait également les mêmes organismes dans la salive de sujets pneumoniques. La constatation qu'il fit de ce micro-organisme dans la salivé de certains individus sains lui fit commettre une erreur d'interprétation ; il prétendit que ce diplocoque ne pourrait reproduire la pneumonie.
En 1885, M. Fraenkel, s'aidant des expériences de ses prédécesseurs et des siennes propres, affirma dans un travail très important que le microbe trouvé dans la salive par Pasteur et celui isolé par Talamon dans le. poumon des pneumoniques étaient un seul et même organisme (2).
Fraenkel fit sur gélose des cultures de ces organismes et montra que leurs caractères morphologiques, biologiques et pathogènes étaient identiques. Il montra de plus que les cultures de ce micro-organisme, affaiblies par la vieillesse ou la chaleur, ne déterminaient pas toujours chez le lapin une septi-
(1) Talamon, Bull, de la Soc. anat., 1883, p. 475.
(2) Fraenkel, Zeitschrift f, klin. Med,, 1886, t. X, p. m, et t. X 1 p. 437.
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cémie aiguë, mais parfois une pleurésie séro-fibrineuse avec hépalisation des poumons.
Dans un long et consciencieux travail basé sur Tobservation de cent vingt-neuf cas, Weichselbaura, en 1886(1), affirmait avoir trouvé le plus souvent le microbe de Pasteur, mais dans quelques autres un streptocoque, exceptionnellement le Slaphylococcus aureus et Valbus. Pour Weichselbaum, plusieurs microbes pourraient donc causer la lésion pneumonique représentée par rhépatisation rouge ou grise.
En France, les travaux nombreux et importants de Netter nous ont renseignés sur le rôle que pouvait jouer le pneumocoque dans la genèse de certaines méningites ou de certaines endocardites ulcéreuses. Netter n'a pas constamment retrouvé cet organisme dans la salive des gens en puissance de pneumonie, mais il Ta souvent constaté dans la salive des gens sains; il a établi en outre quelles étaient les variations dans la virulence de la salive qui contenait le pneumocoque (2).
Une figure de Gornil et Babes représente les différentes formes que peut revêtir ce microbe (fig. 63).
Dans un travail récent, publié en 1888 dans les Annales de rinslitut Pasteur y M. Gamaléia semble avoir levé presque tous les doutes qui planaient encore sur l'unité étiologique de la pneumonie. Il a démontré que le microbe de Pasteur se trouve toujours dans la pneumonie fibrineuse de Thomme et qu'on peut le déceler expérimentalement; que Ton peut retrouver dans les poumons hépatisés le microbe de Friedlaender, mais que celui-ci agit alors uniquement comme saprophyte.
(1) Weichselbaum, Wiener med. JahrbUcher, 1886, p. 483.
(2) Netter, Bulletin de la Soc. anat.y 1885, 1887, 1888; Archives de phys., 1886; Arch, gén. de méd.y 1887; Bull, méd., !•' mai 1887, p. 281 ; Soc, méd. des hôpitaux de Paris, 1889.