MICROBES PATHOGÈNES QUI PEUVENT SE RENCONTRER DANS LA SALIVE HUMAINE
Microbe de la septicémie salivaire, pneumocoque. — Microbe de Pasteur. — Microbe de Friedlaender. — Microbes de la suppuration.
Dans la bouche de rhomme sain on peut trouver les deux microbes qui ont été considérés comme agents pathogènes de la pneumonie, celui de Pasteur étudié par Fraenkel, Netter et Gîimaléia, et celui de Friedlaender. Le premier seul, d'après les travaux les plus récents, est considéré comme le véritable pneumocoque. On le retrouve presque constamment dans les crachats des pneumoniques.
11 existe aussi dans la cavité buccale, dans les mêmes conditions de tolérance, les microbes de la suppuration, les stpahylocoques pyogènes aureiLS et albiis.
Microbe de Pasteur. — Microbe de la septicémie salivaire. — Pneumocoque.
C'est au laboratoire de M. Pasteur qu'on a découvert en 1881 ce microbe, qui s'est trouvé être celui de la pneum.onie fibrineuse (1).
(1) Pasleur, Bull, de VAcad. de méd.y 1881, p. 76 et suiv.
M. Pasteur et ses collaborateurs l'avaient isolé pour la première fois de la salive d'un enfant morl de la rage. On le rencontra ensuite dans la salive d'enfants morts de bronchopneumonie, puis dans celle de gens bien portants. Vulpian fit semblable constatation, et ainsi fut écartée la première hypothèse que ce microbe pouvait être celui de la rage.
M. Pasteur avait montré le rôle pathogène de cet organisme pour le lapin, auquel il produisait par inoculation une septicémie suraiguë, caractérisée anatomiquement parde l'œdème des poumons et de l'hypérémie de la trachée.
Dans le sang des animaux malades, M. Pasteur avait retrouvé le microbe, qu'il décrivait comme un diplocoque entouré d'une auréole claire.
En 1881 et 1882, Friedlaender décrivait un parasite pneumonique de forme ovoïde, entouré d'une capsule avec disposition de diplocoques (1).
De son côté Sternberg, en 1881, retrouvait le microbe de M. Pasteur, qu'il appela Micrococcus Pasteuri, dans la salive de personnes en bonne santé et plus fréquemment encore dans les crachats et dans l'exsudation pulmonaire des pneumoniques. Il fut donc le premier à le considérer comme jouant un rôle dans la pneumonie fibrineuse. Plus tard, Sternberg, ayant eu connaissance des travaux de Friedlaender, crut que le microbe de cet auteur n'était qu'une variété de celui de Pasteur. Nous verrons que c'était là une erreur et que, s'il y a entre ces parasites des analogies morphologiques, ils diffèrent totalement par leurs propriétés biologiques et leurs qualités pathogènes (2).
En 1883, M. Talamon instituait une série de recherches
(1) Friedlaender, Fortschritte der Medicin^ 1883, vol. L p. 472.
(2) Sternberg, Amer, Joum. of the med, sciences^ t. LXXXIV, p. 69.