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RECHERCHE DU PNEUMOCOQUE DANS LA SALIVE

la lamelle de dix à vingt minutes dans cette solution colorante. On la lave rapidement et on Tintroduit ensuite dans une solution d'iodure de potassium iodé, ainsi composée :

Iode métallique 1 gramme.

lodure de potassium 2 grammes.

Eau distillée 300 —

On y laisse la préparation pendant une minute, puis on la décolore par l'alcool absolu. Le temps nécessaire pour la décoloration est variable, il peut être de quelques minutes, d'une demi-heure, une heure, suivant l'épaisseur delà couche étalée sur la lamelle.

Après décoloration dans l'alcool absolu, on peut colorer le. fond de la préparation en trempant la lamelle pendant une minute dans une solution aqueuse faible d'éosine.

Au sortir de ce bain éosiné on dessèche la lamelle, on éclaircit au moyen de l'essence de girofle et l'on monte dans le baume de Canada. Le fond de la préparation est ainsi coloré en rose faible; les pneumocoques sont bleus ou violet noir.

b. Procédé de Ribbert.

On prépare la solution suivante :

Eau 100 grammes.

Alcool 50 —

Acide acétique . . t —

On chauffe et l'on ajoute :

Dahlia jusqu'à saturation.

La coloration est instantanée ; aussi, pour qu'elle soit convenablement faite, il faut user du procédé suivant : après avoir

étalé la substance sur une lamelle et l'avoir desséchée par les procédés ordinaires, saisissant la préparation avec une pince, on ne fait que la tremper dans le bain colorant pour la laver immédiatement dans Teau ; on sèche et Ton monte au baume sans passer dans l'alcool. Les capsules [ont une légère teinte bleue, tandis que les cocci sont bleu foncé (Dubief).

2° CULTURES SUR GÉLOSE

On peut faire ces cultures en inoculant en strie, sur gélose inclinée, une parcelle des crachats pneumoniques, ou en faisant des plaques, après ensemencement, suivant le procédé indiqué page 27. On essaye de reconnaître ainsi quelques colonies de pneumocoques.

Ce procédé est très infidèle; les pneumocoques se développent parfois assez mal sur la gélose; ils sont, d'autre part, mélangés dans les crachats avec nombre d'autres micro-organismes qui croissent plus facilement sur les cultures et gênent souvent dans la recherche des colonies.

Le procédé par coloration sur lamelles est également incertain. 11 y a dans la bouche d'autres micro-organismes, lancéolés ou capsulés, se colorant par la méthode de Gram et qui pourraient en imposer à un simple examen microscopique pour le micrcfbe de Pasteur. Enfin, comme Ta démontré Gamaléia, le micro-organisme peut être dans la salive en si petite quantité, ou il peut être si difficile à imprégner par la teinture d'aniline, qu'on ne peut le déceler ni par les cultures, ni par la coloration. II reste alors. un moyen infaillible qui démontre sûrement la présence du pneumocoque dans les crachats pneumoniques, c'est l'inoculation d'un lapin ou plutôt d'une souris.

RECHEUCHE DU PNEUMOCOQUE DANS LA SALIVE. m 3* INOCULATION A LA SOURIS

La souris est un animal que Ton peut toujours se procurer facilement; c'est aussi le plus sensible au virus pneumonique. La souris meurt dans un délai de vingt-deux heures environ el présente à Tautopsie une masse de microbes typiques dans le sang et les organes. Le lapin, au contraire, peut ne pas toujours donner des résultats positifs (Gamaléia).

Bien que la salive renferme un grand nombre de microbes pathogènes, la plupart d'entre eux, comme le dit Neller, n'ont qu'une action locale, ce qui n'empêche nullement l'action générale du pneumocoque que l'on retrouve dans le sang à l'état de pureté.

Dans des circonstances rares, la salive renferme, il est vrai, des microbes capables de produire une infection générale ; mais celle infection procède moins rapidement que celle déterminée par le pneumocoque, et n'empêche nullement cette dernière. Au contraire, il semble que, généialement, le développement de l'infection pneumonique exclut l'action parallèle des autres infections et les cultures, même dans le cas où se réalise une infection mixte, fournissent un critérium absolu (Netter).

Grâce aux mélhodes que nous venons d'indiquer, on peut donc toujours déceler la présence du pneumocoque lorsqu'il existe dans la salive. Il faut se rappeler pourtant que l'exploration bactériologique de la salive n'a pas un grand rôle à jouer dans le diagnostic de la pneumonie, puisque certains expérimentateurs ont pu retrouver le microbe de Ksteur dans plus de la moitié des salives normales.

microbe de Friedlaender.

Gamaléia a soutenu dans ces derniers temps que le rôle pathogène du microbe de Friedlaender était nul chez l'homme. L'étude de cet organisme n'est pas cependant pour nous sans intérêt, car on le retrouve dans la salive normale, comme Ta démontré Netter (1). Les caractères qu'il lui a reconnus sont les suivants :

C'est un bacille, car le diamètre longitudinal l'emporte sur

FiG. 64. — Dessin, d'après' Friedlaender, représentant les microbes et leurs capsules, les uns libres, les autres dans des cellules.

le transversal, mais la différence peut être très faible, surtout dans les formes jeunes dues à une segmentation, formes que Ton trouve encore conjuguées en groupes de deux, simulant ainsi les diplocoques. Mais d'autres organismes plus allongés montrent que l'élément générique est bien un bacille.

On trouve le même microbe dans les amygdales lorsqu'elles sont enflammées chez les individus atteints de pneumonie.

Dans le sang et les viscères des animaux qui succombent à l'inoculation, les organismes sont entourés d'une capsule très nette qui fait corps avec les bacilles et se colore facilement.

Ce microbe croît très bien à la température ordinaire. Inoculé dans la gélatine, il donne naissance à un clou caractéristique. La tête du clou forme à la surface de la gélatine une

(1) Netter, Société de biologie, 24 décembre 1887, p. 802.

MICROBE DE FRÏEDLAENDER.

saillie hémisphérique d'un blanc de porcelaine. La tige du clou est formée par le développement du microbe, le long de la slrie creusée par le fil de platine. Sur la pomme de terre, les colonies, également hémisphériques, sont plus grises et leur développement s'accompagne de production de gaz.

Le microbe de Friediaender se décolore par la méthode de Gram, qui colore, au contraire, le microbe de Pasteur.

A toules les doses, et quelle que soit la génération, les cul-

FiG. 65. — Forme des microbes de la pneumonie étudiés sur des cultures dans la chambre humide.

b, cocci ; /", bâtonnets.

tures du microbe de Fiiedlaender sont pathogènes pour la souris et le cobaye (Nelter). Si Ton fait une injection sous-cutanée, il y a infection générale avec tuméfaction de la rate. Le sang et les viscères renferment une grande quantité de microbes en capsules. Si l'injection a été faite dans la plèvre, il y a, de plus, pleurésie, habituellement double, péricardile et fréquemment encore pneumonie.

iU LES MICROBES DE LA BOUCHE.

Les lapins sont toujours réfractaires. On sait au contraire quelle est leur susceptibilité vis-à-vis du microbe de Pasteur.

Les caractères différentiels ne manquent donc pas entre ces deux micro-organismes.

Reste à déterminer le rôle du microbe de Friedlaender dans l'économie.

En 1886, Friedlaender (1) était revenu de sa première opinion ; il admettait que le microbe de Pasteur était le plus fréquemment rencontré dans le poumon des pneumoniques, mais il soutenait encore que, dans un certain nombre de cas, on rencontrait en même lemps le microbe découvert par lui.

La même année, Weichselbaum annonçait avoir trouvé le microbe de Friedlaender dans 7 pour 100 des cas qu'il avait examinés (2).

11 est incontestable que ce parasite se rencontre parfois dans le poumon des pneumoniques. Comment expliquer sa présence?

Faut-il admettre avec Weichselbaum que plusieurs microbes sont capables de produire la pneumonie? Mais comment expliquer alors que, dans toutes les localisations extrapulmonaires de la pneumonie (méningite, endocardite, etc.), on ne trouve que le microbe de Pasteur et jamais celui de Friedlaender?

On peut émettre l'hypothèse que ce dernier microBe peut venir se développer sur un poumon déjà pneumonique et y déterminer une infection secondaire. Gomment expliquer alors que Weichselbaum, dans deux cas de pneumonie, ait vu

(1) Friedlaender, Weilere Arbeiten uber die Schyzomyceter der Pneumonie und der Meningitis cerebrospinalis (Fortschritte der Medicin, 1886, p. 70^2).

(2) Weichselbaum, Med. Jahrb,, 1886, p. 483.

MICROBE DE FRIEDUENDER. 115

le microbe de Friedlaender à Texclusion de tout autre parasite et que Paltauf ait fait six fois pareille constatation ?

Nelter soutient pourtant que ce microbe ne détermine pas de peumonies lobaires. On n'est pas sûr, dit-il, qu'à aucun moment de la pneumonie le foyer hépatisé, qui renferme au moment de l'examen le bacille de Friedlaender, n'ait pas recelé le pneumocoque de Pasteur. 11 se peut que le poumon, qui renfermait au début le véritable pneumocoque, ne le contienne plus au niveau du point qui a servi aux ensemencements. En effet, d'une part, la vitalité de l'organisme de Pasteur est très courte. D'autre part, il se peut qu'il y ait conflit entre les microbes amenés par l'infection secondaire et ceux présents au début; que ce conflit aboutisse, en certains points, à la destruction des pneumocoques. Les récents enseignements de la bactériologie autorisent cette manière de voir. Le microbe de Friedlaender a été précisément étudié à ce point de vue et l'on a constaté qu'il triomphait, par exemple, dans la lulte avec la bacléridie charbonneuse (1). Cependant Gamaléia considère ce microbe comme un simple saprophyte qui pourrait envahir le poumon malade ou mort.

Mais, dira-t-on, avec le microbe de Friedlaender on peut reproduire expérimentalement la pneumonie chez certains animaux. Ainsi, lorsqu'on soumet des souris à des pulvérisations de liquides contenant ce microbe, elles prennent une pneumonie flbrineuse. Après pulvérisation des microbes de Pasteur, elles ne présentaient pas semblable lésion anatomique. Mais il faut se souvenir que les observations des animaux ne sont pas toujours applicables à l'homme. C'est ainsi que plusieurs bactéries jouissent de la propriété de produire

(1) Pawlowsky, Arch, de Virchow, 1887 ,U. CVllI, p. A9L

i16 LES MICROBES DE LA BOUCHE.

la pneumonie fibrineuse, telle la bactéridie charbonneuse inoculée dans le poumon du chien ; tel encore le microbe du choléra des poules chez le corbeau ou chez la poule elle-même. On est loin malgré cela de considérer le bacille du charbon, ou le microbe du choléra des poules comme des pneumocoques.

Le microbe de Friedlaender dans la salive normale.

Le microbe de Friedlaender peut vivre en saprophyte dans la salive normale de Thomme^ ainsi que Netler Ta constaté dans la salive de trois adultes bien portants. Personne avant lui n'avait signalé sa présence dans ce milieu. Gela ne doit pas surprendre, dit-il, car il manque chez la plupart des sujets. Dans plus de quarante examens de sa propre salive, faits à intervalles variés et embrassant «fie durée de dix-huit mois, il Ta toujours trouvé absent. S'il l'a rencontré chez trois per^ sonnes, il faut bien savoir qu'il avait examiné la salive de cent cinq sujets. Le microbe de Friedlaender est donc relativement rare dans la salive; aussi, ajoute Netter, il pouvait parfaitement être absent dans celle des deux personnes obserrées pïïrJfgasf et des cinquante qui ont servi aux recherches de Biondi.

Thost a démontré que ce microbe pouvait exister dans les fosses nasales des sujets sains, et il a fait justice de la théorie qui ferait jouer à ce parasite un rôle dans la palhogénie de l'ozène; le fait est à rapprocher de sa présence dans la salive normale.

Recherche bactériologique du microbe de Friedlaender.

La recherche du microbe de Friedlaender se fait: 1* en colorant des lamelles sur lesquelles on a étalé des parcelles de

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