CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Pour résumer les conclusions de ce travail, il nous suffira d'exposer brièvement l’histoire du bacille des légumineuses, telle que nous venons de l’établir.
Les formes libres du sol, attirées sur les racines des légumineuses par l'intermédiaire des hydrates de carbone diffusés dans la région des poils absorbants, pénètrent dans les tissus à l’état de coccobacilles, et provoquent la formation d’un méristème qui donne naissance aux tubercules.
Tant que les vaisseaux ne sont pas formés, ces coccobacilles restent englobés dans une matière glaireuse qui simule l’aspect d’un mycélium. Plus tard, lorsque la sève circule dans les tubercules, la mucosité est emportée dans toutes les régions de la plante ; les bacilles sont alors exposés à l'action permanente des acides dissous dans le suc végétal ; ils réagissent contre cette influence en formant des ramifications. Le pseudo-mycélium ne constitue pas un organisme vivant, une forme de transition du microbe des nodosités ; les observations que nous avons faites daus le cours de ce travail (p. 16 et 43) confirment la conclusion que nous avons exposée (p. 24), on ne peut pas
retrouver ces tubes muqueux, ni dans la pulpe des nodosités broyées sur une lame, ni dans les coupes colorées par les couleurs d’aniline ; il n’en serait pas de même si la forme d'infection était la bactérie & ou la forme oospora, ces deux microorganismes résistant à tous les réactifs colorants aussi bien d’ailleurs qu’aux manipulations nécessitées par la préparation des inclusions pour les coupes en série.
Lorsque la plante arrive au terme de son évolution, les nodosités privées de sève et d'aliments se vident en partie ; elles ne renferment plus que des formes simples qui ne sont pas des formes banales du sol, mais des microbes issus du bacille typique, possédant des propriétés nouvelles et capables de vivre en liberté dans le sol.
La fixation de l’azote libre se fait dans les cultures artificielles aussi bien que dans les nodosités ; elle est là comme ici le résultat d’une synthèse qui se fait aux dépens de l’énergie mise en jeu par la combustion des hydrates de carbone.
Toutes les formes si variées qui se rencontrent dans la nature peuvent s’obtenir dans les milieux artificiels en faisant agir convenablement l’action des acides et de la chaleur; les milieux peptonisés produisent les mêmes résultats ; on les obtient encore en exagérant la richesse en sucre ou en as minéraux alimentaires. |
Les bacilles récemment isolés des nodosités conservent ï. propriété de produire de nouveaux tubercules par inoculation ; les formes différenciées dans le sens de la vie saprophyte la perdent peu à peu; mais le travail qu’une seule de ces formes est incapable de produire, deux formes associées peuvent accomplir ; cette influence de l'association est tout à fait nette, aussi bien dans la production des nodosités sur les racines que dans la fixation de l’azote libre dans les cultures.
C'est évidemment grâce à cette propriété que les formes saprophytes du sol parviennent à se fixer sur les racines et à former des tubercules ; nous n’avons pas réussi à isoler de la terre un microbe capable par lui-même de produire des nodosités. On ne peut pas eninférer qu'il n’en existe pas à aucune époque de l’année; ceux que nous avons obtenus ont été isolés au commencement du printemps.
Les formes indépendantes des microbes des nodosités
représentent un stade dissocié d’un végétal qui possède en outre deux formes sporogènes ; l’une, la bactérie a, donne des spores endogènes, l’autre est un oospora et donne des conidies. Ces deux derniers stades se rencontrent de préférence à la surface du sol; la bactérie a est très répandue en hiver, la forme oospora se rencontre surtout à la fin de l'été. Ce mode de développement pourrait bien être plus répandu dans le monde des microbes qu'on ne se l’imagine ; l’évolution de ces êtres serait ainsi semblable à celle d’un grand nombre de végétaux et d'animaux infé. rieurs. |
Le microbe des légumineuses est pathogène pour quelques espèces animales ; il affecte dans l’organisme une forme à peu près ronde d’un diamètre très réduit ; elle a une tendance à se mettre en chaîne.
LÉO Er D. mé €: