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de faire entrer l’azote atmosphérique dans une combinaison endothermique. Placer cet organisme dans un milieu privé d'azote combiné revient à l’obliger à se nourrir aux dépens de l'azote atmosphérique; c'est lui demander un surcroît de travail qu’il n’est pas capable de fournir.
I] faut qu'avant lout il assure son existence et qu'il se multiplie aux dépens d’une réserve toule préparée, tout comme la plante vit aux dépens des ressources accumulées dans les cotylédons, en attendant qu'elle ait formé les organes qui lui permettront de prendre ses aliments dans le sol et dans l'air. Les jeunes cellules, une fois formées, se paieront le luxe d’un travail facultatif, à condition qu’elles trouvent dans les milieux de culture un excès d’hydrate de carbone qui fournira de l'énergie pour faire la synthèse des composés quaternaires.
On voit que la dose de sucre ne peut guère tomber audessous de 2 0/0, car les expérimentateurs qui ont opéré avec des milieux renfermant 1 0/0 de sucre seulement n’ont pas constaté d’enrichissement en azote. L'accès facile de l’air exerce également une influence très favorable sur la fixation de l’azote, et cela se comprend, car la rapidité de la combustion du sucre est en relation avec la quantité d’oxygène fourni aux cultures. C’est
parce qu'il n’a pas rempli cette condition d'aération que M. Beye-
rinck n’a observé qu’une fixation trop faible pour être probante.
Nous reviendrons plus tard sur le rôle de l'air. Pour le moment il nous reste à présenter quelques observations sur les rapports entre l’azote gagné et le sucre initial fourni aux cultures. Dans l'expérience IT, ce rapport est un peu inférieur à 1 0/0; si les mêmes conditions étaient réalisées dans la plante, celle-ci devrait fournir au bacille un poids d’hydrates de carbone 100 fois plus grand que le poids de l’azote total qui fait partie de ses tissus à la fin de son développement; autrement dit la plante devra fournir au bacille 100 grammes d’amidon pour recevoir en échange À gramme d'azote.
Une plante peut-elle suffire à ce travail? Cette question reste sans réponse en ce qui concerne les légumineuses, car nous n'avons d'autre moyen d'évaluer l'énergie disparue par la combustion des hydrates de carbone qu’en tablant sur l'un des rapports que nous avons établis. Mais nous pouvons procéder par
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comparaison avec la betterave à sucre, pour laquelle les éléments de notre rapport sont connus.
Une bonne betterave à sucre renferme en moyenne 1,40 0/0 de matières azotées solubles et insolubles, et 14 0/0 de saccharose. On sait qu’on peut passe: de l’azote total à la protéine brute en multipliant le chiffre fourni par l'analyse par le facteur 6,25. Faisons ici l'opération inverse, elle est loin d'être rigoureuse, mais nous opérons sur des moyennes ; nous obtenons ainsi pour l’azote total de la betterave 0,224 0/0. Le rapport de
l'azote total au sucre est donc de 00e Ce chiffre est un peu supérieur à celui qui nous a été fourni par l'expérience [IT, mais il y a des betteraves dans lesquelles le sucre atteint 18 à 20 0/0 du poids de la racine. On voit donc que la betterave pourrait facilement emprunter son azote à l’atmosphère pendant sa seconde année, si, comme dans les légumineuses, une cause étrangère venait transformer dans ce sens toute l'énergie qu’elle peutaccumuler. Les légumineuses ne possèdent pas d’autres réserves d’'hydrates de carbone que celle qui se trouve dans les graines ; mais elles sont particulièrement riches en azote, el maintenant nous pouvons aflirmer qu’elles peuvent, aussi bien que la betterave sucrière, emprunter aux radiations solaires l'énergie nécessaire pour fabriquer, par l'intermédiaire des bacilles, toute la matière azotée qui entre dans leurs tissus : le rapport de la surface feliaire au poids total de la plante, dans le trèfle ou la luzerne par exemple, est certainement tout aussi élevé que celui que fournit la betterave ; la durée de végétation des légumineuses est en outre plus longue que celle de la betterave : la température minima à laquelle cette végétation se manifeste est encore un argument en faveur des légumineuses.