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LE CHAMPIGNON DES POMMES DE TERRE

ici entre deux cellules dissemblables : la cellulo mAle, plus petite (anthéridie), s'applique sur la grosse cellule femelle (oogone), qui, après cette espèce de fécondation, prend le nom à'oospore, et qui est figurée en 6.

Le Mucor mucedo et les autres espèces du même genre forment de petites touffes duveteuses d'un blanc plus ou moins grisâtre, que l'on voit sur le pain altéré, sur les fruits pourris, les excréments du cheval, du chien, du lapin. Examinés au microscope, les filaments qui composent ces touffes montrent à leur extrémité les sporanges de la fig. 18, 1. Sur les fruits altérés, les spores de ces champignons germent en cinq ou six heures en introduisant dans l'épiderme leurs filaments mycéliens. On leur attribue le blélissement, qui n'est qu'un commencement de pourriture, d'après Davaine. L'ingestion de ces moisissures n'est pas toujours sans danger.

Le Peronospora infestans, ou champignon des pommes de terre, est un des fléaux les plus redoutables de cette précieuse plante. Il attaque la face inférieure des feuilles et des tiges, s'y montrant, en juillet, sous forme do tachesbrunes, etses longs filaments mycéliens pénètrent profondément sous l'épiderme et peuvent se propager jusqu'au tubercule lui-même.

Pai-mi les causes qui produisent ou favorisent cette maladie, les cultivateurs signalent : la trop grande humidité du terrain, la plantation et le buttage tardifs, l'emploi de mauvaises semences, la germination prématurée et épuisante avant la mise en terre des tubercules, l'emploi de fumier frais, non suffisamment décomposé.

Pour prévenir le développement de ce parasite, on indique le procédé suivant : il faut faire au printemps

un premier bullage dit de protection, consistant en un talus plat de 8 à 10 centimètres de haut sur 25 à 30 de large ; un deuxième buttage de protection sera fait dans la première quinzaine d'août, le talus sera alors en toit aigu et les tiges de la'plante seront rabattues à 450 degrés dans la rigole d'écoulement des eaux, pour que les spores qui se trouvent sur les feuilles soient entraînées par la pluie loin de la tige et des racines de la plante.

Il paraît que les vers de terre peuvent propager les spores de ce champignon, comme celles de beaucoup d'autres microbes.

Une autre espèce de Peronospora attaque les betteraves, d'après M. Prillieux : les feuilles de la plante se dessèchent et tombent. Le remède consiste à brûler les feuilles mortes qui portent les oospores pendant l'hiver, ou du moins à ne pas les laisser entrer dans le fumier.

Le Mildiou, qui attaque la vigne, est aussi une espèce de Peronospora, ainsi que nous le verrons bientôt (P. viticola).

LES CHAMPIGNONS PARASITES DE LA VIGNE; l'oïdium, LE MILDIOU, ETC.

Les parasites de la vigne sont si nombreux qu'il convient d'en traiter dans un chapitre à part. Il y a quelques années, en 1870, un spécialiste bien connu, M. Roumeguère, en comptait une cinquantaine : depuis, le nombre en a plus que doublé. Nous ne parlerons ici que des principaux, de ceux qui sont surtout nuisibles à la vigne, et dont, par conséquent, la connaissance nous intéresse davantage.

L'Oïdium. — Le plus anciennement connu de ces champignons parasites est Y Oïdium ou Erysiphe Tuckeri, ainsi nommé du nom du viticulteur qui l'a signalé le premier. Il appartient au groupe des Ascomycètos, et paraît nous être venu d'Amérique vers 1845, année où il fut signalé pour la première fois en Angleterre. De là il passa en France : en 1847 on l'observait aux environs de Paris, et bientôt après (1850-1851) dans le midi de la France où il a sévi, il y a 25 ou 30 ans, avec une intensité telle que l'on a craint, pendant quelques années, la destruction presque complète à laquelle nous assistons aujourd'hui, du fait d'un autre parasite, appartenant celuici au règne animal : le Phylloxéra vastatrix.

L'oïdium, Mal blanc ou Meunier, n'en a pas moins détruit les vignobles de l'île de Madère, qu'il a fallu arracher entièrement et remplacer par des plants sains qui n'ont donné de récolte qu'au bout de quelques années.

L'oïdium se montre sur les grains de raisin sous forme de filaments grisâtres terminés par une tête renflée renfermant les spores agglomérées, non libres et en chapelet comme dans YAspergillus (fig. 13). Ces spores s'en échappent en fine poussière, se répandent dans l'atmosphère et vont propager la maladie au loin avec une extrême facilité.

Si l'une de ces spores vient à tomber sur une feuille de vigne dans de bonnes conditions d'humidité et de chaleur, elle y germe bientôt, traverse l'épiderme à l'aide de ses filaments mycéliens, et forme des plaques farineuses qui répandent une odeur de moisi caractéristique.

L'oïdium peut rester latent sur les ceps pendant tout l'hiver. Au printemps, on le voit reparaître en plaques

jaunâtres sur les premières feuilles auxquelles il se propage rapidement : la plante languit, les feuilles pâlissent comme si elles étaient anémiques.

Une grande sécheresse est défavorable à l'oïdium : des pluies abondantes le sont également en lavant, pour ainsi dire, les feuilles et les fruits et entraînant les spores dans le sol.

Le remède consiste dans le soufrage des vignes attaquées. On emploie le soufre à l'état de fleur ou de soufre sublimé, qui agit sur le champignon par un dégagement lent d'acide sulfureux. Sous cette influence, on voit, au microscope, le mycélium superficiel et les spores si délicates se dessécher comme s'ils étaient brûlés (Ed. André). — Il faut trois applications successives, qui se font à l'aide d'instruments spéciaux ayant la forme d'un soufflet muni d'une pomme d'arrosoir pour disséminer la fleur de soufre. La première se fait au printemps lorsque les pousses ont de 8 à 10 centimètres de long; la seconde, immédiatement après la fleur; la troisième, quand les grains commencent à mûrir. L'opération du printemps est la plus importante, celle qu'il faut faire avec le plus de soin, de manière à atteindre toutes les spores qui ont hiverné et d'où sortiront les générations de l'été. Il faut atteindre non seulement les feuilles dessus et dessous, mais encore les rameaux et le cep luimême. La troisième application doit se faire assez tôt pour que lors de la vendange il ne reste plus de soufre sur les grains. On conçoit facilement que son introduction dans le vin aurait les plus mauvais effets : pendant la fermentation, il se produirait de l'acide sulfhydrique au détriment de l'alcool et ce gaz donnerait un mauvais goût au vin.

Le soufrage doit se faire do préférence le malin, parce qu'un peu de rosée permet à la poudre de s'attacher aux feuilles et aux rameaux; par un temps clair, car une forte pluie entraînerait le soufre avant qu'il ait eu le temps d'agir sur l'oïdium.

Ce soufre finit par tomber dans le sol au pied de la vigne et se transforme en sulfate de chaux qui constitue un excellent engrais pour cette plante.

Le Mildiou ou Mildew. — Ce nouveau parasite, dont le

Fig. 17. — Le Mildiou: a, Coupe verticale d'une feuille portant à sa face inférieure des arbuscules de Peronospora viticola; b, feuille desséchée portant dans son intérieur les spores d'hiver (oospores) (grossi 20 fois).

nom scientifique est Peronospora viticola, appartient par conséquent au groupe des Oomycètes. Il nous vient également d'Amérique, comme l'indique son nom de Mildew [nielle en anglais). lia été importé en Europe, en 1878, avec des plants américains destinés à remplacer ceux détruits par le Phylloxéra. Il s'est répandu rapidement en France, et de là en Algérie. Il se montre sous forme de plaques irrégulières, blanchâtres, peu épaisses, d'aspect presque cristallin comme une efflorescence saline (Planchon). Il n'a pas l'odeur de moisi de l'oïdium,

trouessart. — Microbes. 3

et apparaît plus tardivement, le plus souvent sur les pousses autumnales. Son mycélium est plus profond que celui de l'oïdium. On voit alors sur le dessus des feuilles des taches brunes, comme des parties brûlées, qui correspondent, en dessous, à un duvet délicat « ayant la blancheur d'un givre léger (Vaissier) ». Les tiges émanant du mycélium sont ramifiées à angle droit, les

Fig. 18. — Groupe d'arbuscules de Peronospora viticola, sortant par un stomate de la face inférieure de la feuille et portant les spores d'été (grossi 120 fois).

branches portant les spores comme dans le Peronospora infestans de la pomme de terre (fig. 17 et 18). Ces spores nombreuses jetées dans l'air sont un puissant agent de contagion.

Ce parasite mortifie le tissu de la feuille, l'épuisé et finit par la dessécher et la faire tomber : les moins prises résistent seules avec des taches nécrosées. 11 est rare que la grappe ou la jeune pousse herbacée soit atteinte.

Outre les spores ordinaires, ou d'été, dont nous venons

de parler, il faut tenir compte des spores sexuées : les oospores ou spores d'hiver, spores dormantes, passent l'hiver dans le tissu même des feuilles (fig. 17 b) et germent au printemps. La conjugaison des spores sexuées, ainsi que la maturation des spores d'été et la germination des zoospores qui s'en échappent, ne peuvent du reste avoir lieu que dans une goutte d'eau (pluie, brouillard ou rosée), de telle sorte qu'une sécheresse persistante entrave la propagation du champignon.

Ce parasite est nuisible par la défoliation du cep qui retarde la nutrition de la plante : en outre, les grappes, mal garanties du soleil sont desséchées avant leur maturité : quelquefois enfin le champignon s'attaque au grain lui-même ou à son pédoncule.

Les vignes plantées dans un sol humide résistent mieux que les autres, simplement parce que cette nature du sol augmente la vigueur de la plante : une fumure convenable agit dans le même sens. Pour détruire le champignon quand il s'est développé, on emploiera le soufre mélangée à de la chaux en poudre; le mycélium de ce champignon est en effet plus profondément implanté que celui de l'oïdium, et il est nécessaire d'avoir recours à des moyens plus énergiques si l'on veut l'atteindre. On a encore préconisé le borate de soude en pulvérisations, à raison de 5 grammes pour un litre d'eau; une solution de sulfate de fer (1 kilo.gr. dans 2 litres d'eau), dont on lave le cep quinze jours avant que les bourgeons ne commencent à se débourrer (Millardet). Mm0 Vve Ponsot, dans le Bordelais, a employé la même substance mélangée avec du plâtre (sulfate de fer pulv., 4 parties; plâtre, 20 parties). Il faut en outre brûler ou enfouir les feuilles tombées qui renferment les

spores d'hiver (oospores). On irriguera toutes les fois que cela est possible : contre la rosée et le brouillard qui favorisent la fécondation des oospores, on saupoudrera les feuilles avec du plâtre.

Certains cépages résisLent mieux que les autres : tel est le Labernet, plant du Médoc, qui en Algérie est resté presque entièrement indemne dans des régions contaminées.

L'Anthracnose, Charbon, Rot ou Mal noir. — Ce champignon, dont le nom est Phoma uvicola appartient aux Ascomycètes. C'est le plus anciennement connu des parasites de la vigne, mais ce n'est qu'en 1878 que ses dégâts ont été assez importants pour appeler l'attention sur lui. Il se reproduit comme les deux précédents par des spores que le moindre vent transporte au loin : la chaleur et l'humidité lui sont favorables; la sécheresse entrave sa propagation.

C'est au mois de mai que l'on voit paraître sur les jeunes pousses de petites taches arrondies, noires, qui envahissent peu à peu les rameaux, les feuilles et même les grappes. Les jeunes tiges prennent une apparence maladive et finissent par périr, et souvent avec elles les feuilles et les fruits.

Quand le champignon s'implante sur les nervures des feuilles avant leur complet développement, ces feuilles se racornissent, se recoquevillent et ne fonctionnent plus qu'imparfaitement; lorsqu'il atteint le pétiole ou le pédoncule de la grappe, le dessèchement et la mort de toutes les parties qui en dépendent ne tardent pas à s'ensuivre.

Ce champignon est celui qu i , sous le nom de Rot, ra va gè en ce moment les vignes américaines.

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