LES MICROBES DE L'HOMME EN BONNE SANTÉ
LES MICROBES DE LA. BOUCUE ET DU CANAL DIGESTIF DE L'HOMME EN BONNE SANTÉ
Les microbes étant répandus à profusion dans l'air, on conçoit facilement que l'on en trouve dans la bouche de l'homme et de là dans toutes les parties de son tube digestif (fig. 77 et 78). Ils y sont généralement inoffensifs, tant que l'épidémie de la muqueuse qui revêt le canal
Fig. 77 et 78. — Spirochaste buccalis et Sp. plicatilis, b (mêlé à des Yibrio rugula, a), microbes trouvés dans la bouche de l'homme en bonne santé.
intestinal est intact. M. Pasteur a montré que le sang de l'homme n'en contient pas dans l'état de santé \ mais que la moindre lésion de la muqueuse suffit pour qu'ils s'introduisent dans le torrent circulatoire. La démonstration de ce fait résulte des expériences faites à Pouillyle-Fort sur des moutons auxquels on inoculait le microbe du sang de rate par le moyen des aliments : la mortalité de ces animaux était notablement augmentée lorsqu'on mêlait à leurs fourrages des chardons, des
1. Il n'eu est pas de même des poissons. MM. Ch. Richet et L. 0 limer ont montré que l'on trouve normalement des microbes dans le sang des poissons de mer, sans que leur sauté en soit altérée.
graminées à épillels barbus ou à feuilles coupantes susceptibles de produire dans la bouche do petites plaies dont chacune était une porte ouverte au microbe. Tant que' ces microbes sont peu nombreux, ils sont rapidement détruits dans le sang; mais s'ils sont en quantité considérable, l'organisme est impuissant à les détruire, et ils entrent bientôt en concurrence avec les globules du sang : de là les désordres les plus graves. M. Miquel estime à 300,000 par jour et à cent millions
Fig. 79. — Vibrio rugula (d'après Warming) à divers états de développement : b, c,f, individus portant des cils vibratiles (flagellum); f, spores ciliées. On le trouve dans la bouche et l'intestin de l'homme.
par an le nombre des spores introduites dans l'économie, par la respiration, dans l'état de santé le plus parfait. On conçoit avec quelle facilité ces germes, toujours présents, peuvent devenir la source des maladies, dont le muguet de la bouche des jeunes enfants, des malades et des mourants, est une des moins redoutables.
« Lorsque j'étais occupé de l'examen microscopique des eaux troubles des ruisseaux, à la Nouvelle-Orléans, en 1880, — dit M. le Dr Sternberg, de l'armée des États- Unis, — je trouvais souvent dans ma propre boucbe presque tous les organismes présents dans les liquides en putréfaction que j'examinais, tels que : Bacteriwn