‹ Les microbes, les ferments et les moisissuresChapitre 85 sur 167 · LES MICROBES DE LA PHTHISIB · texte numérisé non relu

LES MICROBES DE LA PHTHISIB

rôle dans la transmission de' la maladie : le contraire est prouvé; mais bien souvent la transmission n'a lieu réellement qu'après la naissance de l'enfant, pendant l'allaitement et c'est quelquefois la nourrice étrangère elle-même qui peut devenir la cause.de cette contagion.

Chez les enfants élevés au biberon, l'infection peut venir du lait de vache, quand on le donne sans être bouilli. Les vaches sont très souvent atteintes de tuberculose, et l'on a trouvé de nombreux bacilles dans la mamelle et le lait de ces animaux. De là l'indication de toujours faire bouillir le lait qui doit servir à l'alimentation, surtout à celle des enfants, au moins quand on n'est pas sûr de sa provenance1.

La phlhisio est, comme chacun sait, une maladie lente, ce qui tient à la nature du microbe qui est probablement anaérobie, vivant dans l'intérieur des cellules de nos tissus, mais non dans le sang qu'il ne fait que traverser. Celte lenteur dans la marche de l'affection explique les cas de guérison spontanée par expulsion du microbe dans les crachats, ou le passage des tubercules à l'état crétacé, ce qui amène la destruction des bactéries qui y sont enkystées. De là aussi ce fait que toutes les causes qui affaiblissent l'économie (mauvaise nourriture, excès de travail, maladies inflammatoires intercurrentes, grossesses, etc.), précipitent les malades vers une terminaison fatale. Les personnes atteintes de tubercules pulmonaires, qui jouissent des avantages de la fortune et qui peuvent habiter le Midi et suivre exactement les

1. Cette précaution est également bonne pour préserver de la fièvre typhoïde; dans plusieurs épidémies de cette dernière affection, notamment en Angleterre, l'enquête a établi que le lait avait été le véhicule de la contagion, probablement par l'eau dont il était additionné, ou qui avait servi ;'i laver les. vases dans lesquels on le. transportait.

prescriptions hygiéniques indiquées par leur médecin, arrivent généralement jusqu'à un âge avancé, malgré les lésions qui restent à l'état latent dans leur organisme, et pourvu qu'elles ne commettent pas d'imprudences ou d'écarts de régime.

L'important, chez les phthisiques, est donc de soutenir les forces par des toniques, une bonne alimentation, et une hygiène préventive aussi sévère que possible.

Fig. 92. — Bacilles de la lèpre enkystés dans les cellules du tissu conjonctif de la peau (fort grossissement).

Les bons effets de la créosote, des eaux sulfureuses, etc., s'expliquent, comme dans la diphthérie, par une atténuation des propriétés virulentes du microbe. D'après M. Hansen ce seraient les alcalis, et non les acides, qui seraient les meilleurs antiseptiques à opposer à cette maladie.

La Lèpre tuberculeuse, Y Elephantiasis des anciens, est causée par des tubercules qui ont leur siège dans lapeaUj et dans lesquels on trouve un bacille très semblable à celui de la phthisie mais plus grand (fig. 92). Ce microbe est anaérobie et ne peut vivre que dans les cellules du derme où il s'enkyste. De là le traitement que l'expérience,

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