LES MICROBES DE LA PHTUISIE. W
devant l'Académie de médecine la nature parasitaire de cette cruelle maladie. On trouve le microbe dans les cellules géantes du tubercule et les crachats desphthisiques; on le retrouve dans le sang, où les globules blancs s'en emparent et le transportent avec eux sur tous les points de l'organisme, et on en trouve également dans tous les organes où le tubercule peut se développer.
Le bacille de la tuberculose est un peu plus petit que celui de la lèpre : chaque bâtonnet n'a que 3 à 4 milliè-
Kig. 91. — Bacilles dans les crachats d'un phthisique : A, bacilles isolés (a) ou dans des cellules épithéliale (è) et pigmentée (c) du poumon ; B, bacilles nombreux et accolés dans les crachats. Coloration au violet de méthyle par le procédé d'Ehrlich (fort grossissement).
mes de millimètre de long : on les trouve généralement associés sous forme de chaînes ou de chapelets, au moins dans les crachats, comme le montre notre figure. Koch a pu le cultiver dans le sérum sanguin gélatinisé. L'accroissement est très lent.
Ceci connu, il est facile de s'expliquer les faits de contagion directe qui sont si fréquents entre personnes cohabitant ensemble, et surtout du mari à la femme, Ou vice versa. L'haleine des phthisiques étant toujours cbargée des germes du microbe qui abondent dans les cavernes : où se forment les crachats, il est impossible qu'il en soit
autrement. — En voici quelques exemples, empruntés aux intéressantes leçons cliniques faites par M. lcDr Debove à l'hôpital de la Pitié.
« Un malade tuberculeux, Jean, épouse Antoinette, jeune fi lie sans aucuns antécédents tuberculeux. Jean meurt, et sa femme devient tuberculeuse. Elle se remarie à Louis, chez lequel on ne peut trouver non plus aucun antécédent tuberculeux : Louis et Antoinette meurent phthisiques... La nièce de cette dernière, sans antécédents également, contracte la maladie en soignant sa tante, puis se marie et son mari est pris à son tour. Tous ces malades habitaient une localité où l'absence d'antécédents héréditaires était facile à vérifier. »
Autre observation du même genre : « Une jeune fille sans antécédents héréditaires soigne une phthisique et devient phthisique. Elle rentre dans sa famille et communique la maladie à six de ses sœurs avec lesquelles elle vivait en commun. Une dernière sœur est épargnée, mais elle n'avait aucun rapport avec sa famille. »
« Un soldat devenu phthisique au régiment est renvoyé comme tel dans sa famille. Son père, sa mère, ses deux frères et un voisin qui les soignait deviennent phthisiques. Aucun d'eux cependant n'était prédisposé par •des antécédents héréditaires. »
« Une jeune fille revient phthisique de sa pension : elle meurt et sa sœur hérite de sa chambre et de ses vêtements : elle meurt phthisique également. Enfin une troisième sœur meurt dans les mêmes conditions. — Les parents vivaient encore au moment de cette observation, ce qui prouve bien que l'hérédité n'était pour rien dans cette affection. »
Ceci ne veut pas dire que l'hérédité ne joue aucun