LE MICROBE DE LA PNEUMONIE
Une des plus importantes découvertes micrographiques de ces deux ou trois dernières années, a été la présence constante d'un microbe dans la fluxion de poitrine ou pneumonie. S'il est une maladie que l'on ait cru longtemps, et que la plupart des médecins considèrent encore comme indépendante de toute infection parasitaire, c'est bien la pneumonie. Il est tellement classique, aussi bien chez les malades que chez Jes médecins, d'attribuer cette affection à des causes accidentelles et banales, et spécialement à un refroidissement subit, que la doctrine parasitaire de la pneumonie a rencontré tout d'abord une vive opposition. Il est cependant impossible de nier, aujourd'hui, le rôle très important que le microbe joue dans la transmission de la maladie.
Le microbe de la pneumonie a été découvert par Friedlander et ïalamon en 1882. Ce sont des micro coccas associés souvent en 8 ou en courtes chaînettes (fig. 93) que l'on trouve dans les crachats et le poumon des pneumoniques à l'état libre ou enkystés dans les cellules lymphatiques. ,
A un fort grossissement ce inicrococciis a la forme d'un fer de lance et avec lui on trouve des bâtonnets courts, terminés en cône. Il est donc probable que le microcoque n'est que le jeune âge du microbe, et qu'à l'état adulte il affecte la forme d'un bacillus (Cornil).
La présence d'un microbe dans la pneumonie explique un grand nombre de faits qui étaient restés obscurs dans l'bistoire de cette maladie, notamment les épidé-
Fig. 93. — Micrococcus des crachats de la pneumonie, libres (A. d) ou enkystés dans les cellules lymphatiques [a, c) ; Ji, noyaux des cellules (fort grossissement).
mies de chambre et de maison dans lesquelles plusieurs personnes cohabitant ensemble sont atteintes successivement de la même affection. Elle explique également la ressemblance que l'on avait signalée depuis longtemps, comme le nom l'indique, entre la Péripneumonie de l'homme et la Péripneumonie contagieuse du gros bétail, maladie essentiellement épidémique et transmissible par cohabitation et par inoculation, ainsi qu'on le sait depuis longtemps.
On a pu cultiver le microbe de la pneumonie et produire, chez des animaux, par l'inoculation du microbe dans le tissu du poumon, line véritable pneumonie.