‹ Les microbes, les ferments et les moisissuresChapitre 88 sur 167 · DE QUELQUES AUTRES MALADIES A MICROBES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES AUTRES MALADIES A MICROBES

Nous dirons seulement quelques mots de plusieurs autres maladies, dont la nature contagieuse ne peut être mise en doute, et dans lesquelles on a constaté la présence d'un microbe particulier.

Dans les globules du pus de l'écoulement blennor-

Kig. 91. — Cellules du pus blennorhagique 24 heures après le début de l'écou-lement. On voit dans leur intérieur plusieurs formes de division de leurs noyaux et des Micrococcus mobiles dans le protoplasma (grossi 600 fois).

rhagique on voit des micrococcus très petits et mobiles, souvent associés deux par deux et par quatre ou en petits amas mais rarement en chapelets (fig. 94).

Dans Y Ophthalmie purulente des nouveau-nés on rencontre ordinairement le même micrococcus ou du moins un microbe qui ne peut en être distingué. Il est assez difficile d'admetlre, même en tenant compte de la grande susceptibilité des yeux de l'enfant au moment de la naissance, que l'ophtlialmie des nouveau-nés soit toujours d'origine blennorrhagique. Quoi qu'il en soit, les

microcoques de l'ophthalmie purulente sont semblables à ceux de la blcnnorrhagie, et le même traitement leur est applicable. La solution de nitrate d'argent à dose diluée, employée d'une façon générale dans les maternités, à titre de traitement préventif de l'ophlbalmie des nouveau-nés, a considérablement réduit l'intensité de cette affection.

Les sueurs rouges et de mauvaise odeur des aisselles sont dues à la présence d'un microbe coloré qui se montre libre dans la sueur ou aggloméré sous forme

Fig. 95. — Bacille Fig. 96. — Bacille

de la sueur des saprogène de la

pieds. gangrène des os.

de zooglée et adhérent aux poils. La couleur rouge n'est pas due à du fer, car l'analyse n'y décèle pas trace de ce métal; elle se rapproche, par sa nature, de celle du Micrococcus prodigiosus. On a pu le cultiver à 37 degrés sur l'albumine de l'œuf où il conserve sa couleur caractéristique.

Dans la sueur des pieds, si désagréable par sa mauvaise odeur, Rosenbach a trouvé un bacille court et gros, qui est à la fois aérobie et anaérobie, se développe rapidement et peut se cultiver en conservant son odeur caractéristique (fig. 9o).

Dans la gangrène des os longs le même auteur a trouvé un bacille très semblable et pouvant produire, par inoculation, comme le précédent, une affection locale plus ou moins bien caractérisée (fig. 96).

Page 1