DUease Germs, p
en paraisse même impossible, et que d'éminents observateurs soient arrivés à cet égard à des conclusions tout à fait opposées. Il se peut que les observateurs soient les uns et les autres dans le vrai ; si en effet, comme on l'affirme généralement, beaucoup de ces organismes extrêmement ténus peuvent entrer dans la circulation à travers les poumons et se faire jour à travers les vaisseaux chylifères (et il est incontestable que les Bactéries peuvent traverser les membranes avec les liquides, de même qu'elles passeraient à travers tout autre corps poreux), il est très certain néanmoins que leur existence dans le sang des personnes en bonne santé est comparativement de courte durée. Ce point a été définitivement établi par les observations de pathologistes nombreux. Le D*" Douglas Gunningham et moi-même nous pûmes nous convaincre, il y a quelques années, que les Bactéries, les Yibrions, les Spirillum, etc., disparaissent très promptement du sang, quand ils y sont introduits pendant la vie, même en nombre considérable. En dehors de quarante-neuf expériences que nous fîmes pour éclaircir le sujet, douze animaux furent examinés, après que ces organismes eurent été injectés dans leurs veines ; au bout de six heures, on trouva dans les veines de sept d'entre eux des Bactéries, etc. : c'était donc une proportion de 58 pour 100; trente furent examinés après
vingt-quatre heures, on découvrit des organismes^ dans quatorze, soit 47 pour 100, tandis que dans dix-neuf spécimens de sang tiré d'animaux dont les veines avaient été injectées de la même manière, de deux à sept jours auparavant, les organismes ne furent trouvés que chez deux d'entre eux, c'est-à-dire un peu plus de 10 pour 100, juste 6 pour 100 de plus que ce que nous avions observé danis un grand nombre d'expériences t)ù nous avions examiné du sang ordinaire d'animaux en bonne santé *.
Il est cependant évident que, bien que le sang puisse contenir constamment un plus ou moins grand nombre de ces organismes, ils ne s'y accumulent pas en quantité , et Ton peut sûrement aflBrmer, d'après les expériences, que leur présence en nombre appréciable est incompatible avec un état de parfaite santé.
On^verra ci-après que les mêmes remarques ne peuvent s'appliquer aux parasites qui sont en apparence de nature animale. On peut affirmer, en outre, que dans certaines conditions pathologiques les microphytes sont généralement, mais non invariablement présents, et sans que leur nombre soit en rapport avec la gravité de la mala-
1. Choiera, A rapport of mlcrosoopical and physiologioal researches» 1872. Ser. I, Append. A. Eight annual report of the sanitary commUsioner vith the Gouvemmer^t of India,
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die. Négligeant les cas où ces organismes ont été trouvés associés aux maladies chez les insectes (à cause de la diflBculté d'isoler et de distinguer clairement les organismes trouvés en ce cas dans le sang de ceux qu'on trouve généralement dans les tissus), on peut établir qu'il a été clairement prouvé que certaines formes de Schizomycètes ont été observées dans le sang, dans deux maladies au moins, à savoir dans le charbon, sang de rate ou fièvre splénique et dans la fièvre récurrente. M. Pasteur a soutenu récemment qu'une troisième maladie doit être ajoutée à la liste, la septicémie; et encore plus récemment le D"" Klein en a ajouté une quatrième, la maladie communément connue sous le nom de « fièvre typhoïde » du cochon.
Ces questions ont été pendant ces dernières années étudiées avec grande attention par de nom^ breux savants, et, à l'heure présente, il est probable qu'aucun point de la science n'est plus profondément scruté.
Les interprétations qui ont été donnée» de l'existence de ces organismes dans le sang, si elles se vérifiaient, ont une importance qui peut à peine être entrevue ; si, en effet, les hypothèses émises sont justes, la théorie et la pratique de la médecine seront radicalement transformées, et Taction future de l'Etat eu égard aux maladies sera peutêtre matériellement modifiée. Avant de tenter
Texamen de ces dernières questions, il convient de rapporter brièvement les faits les plus saillants, qui ont conduit à la doctrine actuelle des rapports des maladies avec ces formes primitives d'organismes dont l'étude offre tant d'attrait aux botanistes et aux médecins.
« C'est en 1836 et un peu après, que furent jetées les bases de la théorie des maladies produites par les germes, dans sa forme la plus communément acceptée, comme l'écrit le D' Gharlton Bastian*. A cette époque, la découverte de la petite plante de la levure par Schwann et Gagniard- Latour conduisit bientôt à une connaissance plus générale des rapports presque constants de certains organismes inférieurs avec différentes sortes de fermentations. Ce fut moins de vingt ans après que Pasteur annonça, comme résultat de ses recherches en apparence concluantes, que les organismes inférieurs agissent comme des causes invariables de fermentation et de putréfaction; que de tels changements, bien que se faisant par des procédés chimiqiï^s, doivent prendre leur source dans l'action d'êtres vivants. » Ces observations et les interprétations qui s'y rapportaient attirèrent très promptement l'attention des médecins, et, au bout^
1. Travail lu à la Société pathologique de Londres, le 6 avri 1875» Lancetf vol. I, p. 501, 1875; British médical Journal, vol. I, p. 469, 1875.
d'une période très courte, Thypothèse que la maladie se propageait au moyen d'un ferment, d'un levain, s'était affermie. Avant la publication des observations de M. Pasteur, une théorie physicochimique avait été presque universellement admise comme expliquant suffisamment les phénomènes qui se manifestaient dans certaines classes de maladies. C'était la doctrine de la fermentation, de Liebig, doctrine qu'il affirma jusqu'à sa mort en 1873 et qui, quelque peu modifiée par le résultat des dernières recherches est encore professée par quelques-uns des plus éminents chimistes de notre temps.
Les traits principaux des théories « vitale » et (( physico-chimique > des fermentations^, ont été clairement et brièvement résumés par M. G. T. Kingzett dans un travail lu à la Society of arts ^.
i . Certains composés organiques, quand ils sont exposés à l'action de Taîr et de l'eau, à une certaine température, subissent une décomposition consistant soit en une lente combustion ou oxydation par l'air environnant, soit en un nouvel arrangement des éléments composants en proportions différentes (souvent avec assimilation des [é'éments de l'eau), et en conséquence la formation de nouveaux produits. Le premier procédé, celui de combustion lenle, est appelé Eremacausis ou Destruction; le dernier est appelé putréfaction ou fermentation, putréfactioa lorsqu'il est accompagné d'une mauvaise odeur, fermentation quand il n'y a aucune odeur semblable et spécialement si la fermentation donne lieu à la formation de produits utiles; ainsi, la décomposition d'un cadavre ou d'une quantité quelconque de sang ou d'urine est une putréfaction, la décomposition du jus de raisin ou du moût qui produit l'alcool est une fermentation. {Dictionnary of chemistry de Wattj vol. 1, p. 624, 1872.)