‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 5 sur 24 · Joum, of ihe. Soc, of Arts, mars ISIS · texte numérisé non relu

Joum, of ihe. Soc, of Arts, mars ISIS

En ce qui concerne la première de ces théories voici comment il s'exprime : « Quand une solution de sucre est exposée à l'action de la moindre chaleur, elle subit un changement; les atomes qui entrent dans la composition de ses molécules se séparent et se recombinent en des corps différents, alcool et acide carbonique. La glycérine et l'acide suçcinique se forment aussi aux dépens du sucre ; mais l'acide lactique qui accompagne ordinairement la fermentation alcoolique est considéré comme dû à la présence d'un ferment distinct de la levure, mais l'accompagnant. La fermentation à laquelle nous faisons allusion est regardée comme un exemple particulier de réaction biologique, qui elle-même se manifeste comme le résultat d'une force spéciale résidant dans les organismes , ou , en d'autres termes , la fermentation est essentiellement un phénomène corrélatif d'un état commençant et finissant, avec lui. D'après cette hypothèse, partout où il y a fermentation, il y a organisation, développement et multiplication des cellules du ferment lui-même. Le fait que nous avons exposé plus haut n'est pas isolé ; il n'est qu'un exemple de beaucoup d'autres changements produits par ces matières ou par d'autres matières fermentées dans un milieu convenable pour leur croissance et leur reproduction. Ainsi, nous avons les fermentations manni tique,

lactique, ammoniacale et butyrique, ainsi que beaucoup d'autres, toutes ayant un trait commun, à savoir la reproduction du ferment. Il n'a pas encore été ét^li cependant d'une manière satisfaisante — chose très importante à spécifier avant qu'on puisse établir d'une façon définitive l'interprétation de la fermentation — que ces divers phénomènes soient le résultat de l'action d'organisnies spécifiquement distincts. »

Liebig fut un vigoureux adversaire de cette doctrine. M. Kingzett résume de la façon suivante la doctrine physico-chimique de la fermentation mise en avant par Liebig : « Tout mouvement mécanique ou autre exerce une influence sur la force qui détermine l'état d'un corps. Ainsi un cristal de sulfate de soude, un grain de poussière ou de sable, lorsqu'ils sont plongés dans une solution saturée de sulfate de soude, peuvent déterminer l'entière cristallisation du liquide. De même, lorsqu'on touche légèrement avec une plume ou une baguette de verre des fulminates d'argent et de mercure, ils font explosion avec violence. Un meilleur exemple encore est la réaction qui s'opère entre le peroxyde d'hydrogène et l'oxyde d'argent; ces substances, lorsqu'elles sont mélangées, produisent de l'argent métallique et de l'oxygène libre ; le peroxyde d'hydrogène, instable naturellement, est en décomposition constante à partir du

moment de sa formation et cette décompositioa donne lieu h la production d'eau et d'oxygène; aussitôt que ce changement se produit au contact de Toxyde d'argent, il communique à ce corps la même tendance à la décomposition. »

A. Organismes déœuverts dam le sang pendant la fièvre spléniqw.

A partir du moment où Ton a considéré comme produites par des ferments certaines maladies indubitablement communicables par l'inoculation , ainsi que d'autres qui peuvent être transmises par d'autres moyens, les diverses théories relatives à l'action des ferments n'ont cessé de constituer un objet d'étude du plus haut intérêt pour tous les médecins intelligents.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, la théorie physico-chimique de Berzélius, et plus tard celle de Liebig et de ceux qui l'ont suivi fut communément acceptée comme parfaitement suffisante pour expliquer l'étiologie des maladies, aussi longtemps qu'elle fut favorablement accueillie par la majorité des chimistes. Maïs, plus récemment, les vues de Schwann telles qu'elles ont été exposées et déve-

loppées par Pasteur et d'autres ont prévalu. Il n'y a pas un seul fait qui ait autant attiré l'attention des naédecins. que la publication des expériences de M. Davaine, qui prouvent, que les organismes inférieurs se trouvent plus ou moins constamment dans le corps des animaux qui sont morts de la maladie connue chez l'homme sous le nom de pustule maligne , le Milzbrand d'Allemagne , le charbon des bestiaux et des cochons et le sang de rate des moutons en France. Les termes de fièvre splénique, ou apoplexie splénique, ou maladie anthracoïde, etc., sont communément adoptés en Angleterre pour désigner cette affection. Birch Hirschfeld i dit que les organismes découverts dans le sang, dans cette affection, furent d'abord décrits par Brauell en 1849 et par Pollender en 1857; mais indubitablement ce furent les recherches de M. Davaine qui attirèrent sérieusement sur ce sujet Tattention publique.

En août 1850, M. Davaine, en collaboration avec M. Rayer, publia uii mémoire sur ces organismes; il les décrivit comme de petits corps filamenteux, sans mouvements, et ayant environ le double de la longueur du diamètre d'un corpuscule rouge du sang. M. Pasteur ^ maintient que cette époque est

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