LE SYSTÈME HÉTÉR0GÉN1STE DE POUCIIET
Voilà pour les conditions: il faut que l’infusion soit, en large surface , à l’air.
Voici maintenant de quelle manière la pellicule se forme :
a Je prends 10 grammes de foin, dit M. Pouchet, que je plonge dans une éprouvette contenant 250 grammes d’eau de source filtrée. Celle-ci est ensuite placée sous une cloche plongeant dans l’eau et contenant un décimètre cube d’air.
» Première phase cle V expérience. — Après six à dix heures, par une température moyenne de 24 à 28 degrés , lorsqu’il n’existe aucun phénomène de fermentation et que le liquide conserve encore sa translucidité, on trouve parfois dans celui-ci quelques rares infusoires.
» Seconde phase de V expérience. — Mais, vers le second jour, lorsque la fermentation est commencée et que le liquide est devenu trouble et semblable à de l’urine, ce qui est dû aux bactéries et aux vibrions qui l’ont envahi et sont en pleine activité, on n'y trouve plus aucun animalcule cilié. Le nouvel état chimique de la macération a tué ceux qu’on y avait découverts précédemment. Il n’v a pas encore de membrane proligère.
» Troisième phase de V expérience. — Les bactéries et les vibrions meurent eux-mêmes successivement et forment le stroma proligère. Alors seulement apparaissent dans celui-ci les œufs spontanés et les microzoaires ciliés qui les suivent (1). »
Telle est l’expérience : la pellicule proligère se produit lorsque la fermentation a débuté par la naissance des vibrions et des bactéries, et après que ceux-ci sont morts, d’après Fauteur.
Évidemment, pour M. Pouchet, le foin est matière morte, tout comme pour Buffon ; morte aussi pour nous, en tant que formé de végétaux. Buffon, rendant compte d’une telle expérience, aurait dit : « Les molécules organiques du foin, mises en liberté par la fermentation, ont travaillé à remuer la matière fermentée, se sont approprié quelques particules brutes de l’infusion pour former, par leur réunion , la (I) Pouchet. Comptes-rendus, t. LIX, p. 277.