LE SYSTÈME HÉTÉROGÉN1STE DE POUCHET
pellicule proligère qui donne naissance à un moule intérieur (l’œuf spontané) d’animalcule , etc. » M. Pouchet, à la manière de Needham , explique la fécondité de l’infusion on invoquant la force végétative.
Il est vrai que cette expérience a été faite avec de l’eau et du foin non chauffés et avec de l’air naturel. Mais dans la note de 1858, M. Pouchet seul, ou en collaboration avec M. Houzeau, se sont servis de foin chauffé à 100 degrés pendant trente minutes, d’eau bouillante, d’oxygène pur ou d’air artificiel préparé exprès par le mélange de l’azote et de l’oxygène purs. Malgré cela , et en évitant le contact de l’air ordinaire, en opérant sur la cuve à mercure, ils ont obtenu des moisissures, des vibrions et des animalcules. Notons que le foin restait dans l’infusion pendant toute la durée de l’expérience (l).
MM. N. Joly et Ch. Musset ont pris pour sujets d’expériences les développements d’animalcules par l’œuf de poule, le lait, l’urine, l’ovaire de truite, la graine de lin pilée, la fécule de pomme de terre, la levûre de bière, délayés dans l’eau distillée très pure (2).
Après que M. Pasteur eut reconnu , h son tour , que le lait se caillait même après avoir subi la température de l’ébullition, M. Pouchet reprit ses expériences en opérant autrement. Sa nouvelle manière d’opérer consiste à chauffer les matières putrescibles à l’état solide (gélatine et sucre, tiges de Solarium dulcamara, cl' Aster chinensis, des racines de Glycirrhiza glabra, etc.) à 150°, et à les faire arriver dans l’eau bouillie, seulement après qu’elle a été refroidie dans l’air calciné, et sans qu’elles aient le contact de l’air (3). Après un temps variable, « dont la durée est en rapport avec la température, la proportion et la nature du corps employé , le liquide se trouble ; et bientôt après il y apparaît des microzoaires et des mucédinées. » Mais voici, dans le même travail, une autre remarque extrêmement importante de M. Pouchet: « Et,
(1) Comptes-rendus, t. XLVII, p. 979 et 982.
(2) Ibid. t. L, p. 93 i.
(3) Ibid. t. L, p. 1014.