LA FIBRINE ET SES VARIÉTÉS
mée) celle de Magendie sur la fibrine de la saignée des derniers jours. Pour le reste, c’est l’histoire générale de l’évolution des microzymas. Quant à la formation de la couenne ou membrane fibrineuse, elle est, de toute évidence , l’œuvre des éléments organisés du liquide de l’ascite, puisque les microzymas atmosphériques, qui ont pu produire des bactéries et la putréfaction de la partie filtrée, n’ont pas pu former la membrane couenneuse.
Revenons aux microzymas du sang. Vous vous souvenez que dans une précédente Conférence (la 3e) je vous ai dit que M. Balard, en présentant la Note* de M. Servel, sur l’évolution des microzymas en bactéries, l’avait accompagnée de remarques. « Je ne peux pas, a-t-il dit, m’empêcher de rappeler ce que j’ai vu, récemment encore, dans le laboratoire de M. Pasteur, des ballons contenant depuis onze ans du sang retiré directement des organes d’un animal vivant. Ce sang se conserve depuis cette époque, dans des vases effilés ouverts, et dans lesquels, dés lors, l’air peut se renouveler, sans qu’il se manifeste de fermentation putride ou qu’on y observe des bactéries. » Il y a encore une autre remarque relative aux œufs ; nous en parlerons ailleurs. J’ai répondu à M. Balard par une Note (1) dans laquelle je lui demandais en quoi les faits qu’il avançait contredisent ceux qui découlent de la théorie du microzyma. Je n’ai pas contesté les expériences de M. Pasteur que M. Balard m’opposait, mais j’ai répondu que le sang était un des liquides où apparaissent le plus difficilement des bactéries , et que le poumon, l’organe qui est le plus directement en contact avec l’air, est, après la mort, le viscère qui se putréfie le dernier ; tous les médecins légistes savent cela. J’ajoutais encore ceci : « Mais en quoi l’absence de bactéries et d’odeur putride, dans le sang conservé de l’expérience que M. Balard m’oppose, prouve-t-elle qu’il n’y a pas eu de changement? » Récemment, M. Pasteur a invoqué de nouveau cette célèbre expérience dans son livre sur la bière. Nous l’examinerons tout à l’heure, et vous jugerez en
(1) Comptes-rendus, t. LXXX. p. 494.
NOUVELLES EXPÉRIENCES SUR LE SANG
connaissance de cause, que celte expérience vérifie la théorie du raicrozyma.
J’ai déjà parlé de l’évolution des microzymas du sang en bactéries. Voici une série d’expériences inédites que j’ai faites à Montpellier au mois de septembre 1873. Elles sont destinées à démontrer que le milieu a une influence considérable sur l’évolution des microzymas et sur la conservation plus ou moins prolongée du globule rouge.
Le 1er septembre 1873, à deux heures de l’après-midi, on prépare sept ballons (lavés à l’acide sulfurique concentré, à l’eau, à la potasse, encore à l’eau distillée et à l’eau distillée fortement créosotée) et on y met séparément :
a. Quelques centimètres cubes d’alcool à 40 degrés centésimaux.
b. Quelques centimètres cubes d’eau distillée créosotée.
c. Quelques centimètres cubes d’une solution de fécule soluble et créosotée.
d. Quelques centimètres cubes d’eau distillée créosotée.
e. Quelques centimètres cubes d’eau distillée, saturée d’acide carbonique et créosotée.
f. Quelques centimètres cubes d’eau sucrée créosotée.
g. On n’y met rien : il n’y a de créosote que celle de l’eau qui mouille le ballon.
Immédiatement une canule d’argent , droite , lavée à l’acide sulfurique à l’eau et à l’eau créosotée, est placée dans l’artère crurale d’un petit chien et on fait directement couler le sang dans chaque ballon de façon à en introduire environ 20 cent, cubes, c’est-à-dire en telle quantité que les mélanges, dans les car '»ù l’on a employé un liquide créosoté, fussent tels que 7 globules se conservassent.
Le ballon e, contonar xe sang avec l’eau chargée d’acide carbonique , a été e>~ mite parcouru par un courant d’acide carbonique pur, d façon à en expulser tout l’air et on l’a fermé par un b' a bouchon lavé à la créosote.
Les autreo ballons ont été simplement fermés par un papier.
Cela posé, les fioles ont été placées dans les situations suivantes :
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