Air de la trompe. Le sang se concentre de plus en
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plus; il est d’un beau rouge de sang artériel. Pour observer au microscope, il faut ajouter un peu d’eau, tant le sang est épais. Retrouvé les globules en apparence intacts. Pas de bactéries, myriades de microzymas, certainement pas de bactéries.
6. Eau sucrée créosotée. Il n’y a plus de globules du tout. Myriades de microzymas ou granulations moléculaires très nettes et d’une grosseur de 0mm,001 au moins. Il y a des microzymas associés, certainement pas de bactéries.
7. Fécule soluble. Il n’y a certainement pas de bactéries. ' Microzymas rares. Les globules sanguins paraissent conservés. La masse, qui était parfaitement fluide, s’est prise en gelée, brun rouge.
A un examen plus attentif les globules rouges paraissent plus volumineux, et, ce qui est bien remarquable , on peut ajouter deux à trois volumes d’eau à la masse sans que les globules disparaissent sous le microscope : dans les mêmes conditions , les globules normaux frais ne s’apercevraient pas. Enhardi, je délaye la masse dans vingt fois son volume d’eau, et les globules restent toujours visibles : l’observation a duré dix minutes, les globules restant toujours aussi visibles. Dans ces conditions on a le sentiment que le globule sanguin a vraiment une enveloppe (1).
5. Courant d'air 'par V aspirateur . Globules la plupart intacts, quelques-uns granuleux sur les bords, framboisés. Foule de microzymas. Pas de bactéries, pas du tout. J’ai voulu m’assurer que les globules avaient conservé la propriété de disparaître dans l’eau : ils disparaissent réellement quand on délaye une goutte de ce sang déjà concentré, dans 3 à 4 gouttes d’eau. Après l’addition de l’eau, les microzymas sont extrêmement mobiles, très agiles et quelquesuns sont en chapelets de grains, on dirait de très petits vibrions. Il n’y a certainement pas de bactéries et pas d’odeur de putréfaction.
Ainsi, pendant le même temps, le sang qui a subi l’influence d’un courant d’air chargé des poussières du laboratoire, n’a pas été profondément altéré; il a conservé l’apparence du sang artériel, et ses globules rouges sont restés
(1) C’est cette expérience qui m’a permis d’eu démontrer la réalité.
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sensiblement inaltérés et capables de disparaître quand on les délaye dans une quantité suffisante d’eau. Et, telle est l’influence des conditions de milieu, que les globules rouges du même sang,' en présence de la fécule soluble, sans changer de forme, deviennent insolubles dans l’eau.
Le même jour, je reprends l’examen de quelques-unes des préparations de la première série.
c. Acide carbonique. Il n’y a plus que de rares globules : ils sont trouvés solubles dans l’eau, c’est-à-dire disparaissant par l’addition de trois à quatre volumes d’eau. Le nombre des bactéries a diminué, elles sont même rares. Foule de microzymas et de très petits vibrions d’une extrême agilité. L’odeur n’est pas eelle delà putréfaction, quoique désagréable. La couleur du mélange est rouge violacée, ce que l’on appelle la couleur de l’hématosine réduite.
g. Sang pur. Pas de bactéries , foule de microzymas libres, quelques-uns d’accouplés deux à deux. L’odeur de créosote a disparu. Plus de globules dans la partie liquide ; il y en a encore dans le caillot. Un peu d’odeur de putréfaction.
c . Fécule soluble. Pas de bactéries; microzymas simples et accouplés. Globules sanguins non déformés : ils ne disparaissent pas quand on ajoute quatre, cinq, six, dix volumes d’eau. Pas d’odeur.
a. Sang et alcool. Globules altérés. Pas de bactéries.
Le 13 octobre.
7. Enfin, le sang additionné de fécule soluble est jeté sur un filtre le 14 septembre et abandonné jusqu’au 13 octobre. La surface était couverte d’une couche blafarde, fourmillant de toutes petites bactéries, très mobiles. À quelques millimètres au-dessous, la masse encore molle était rouge sang veineux : dans cette masse, les globules rouges, non déformés ou à peu près circulaires, existent en nombre très grand : on n’y découvre pas une bactérie. Une certaine quantité de cette masse est délayée dans une grande quantité d’eau : les globules ne disparaissent pas ; ils apparaissent avec leurs contours nets, un peu gonflés , mais avec leur forme habituelle : on a sous le microscope l’apparence d’une vésicule aplatie qui se replie et se développe en se
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mouvant. Ainsi que je l’ai dit ailleurs , la membrane enveloppante a l’air de se nourrir dans ce milieu et de devenir moins attaquable par l’eau et moins transparente, ce qui la rend visible.
Je n’ai pas hésité à vous donner tous ces détails pour vous convaincre que le sang est un des liquides ou tissus animaux dans lequel apparaissent le plus difficilement des bactéries, dans quelque condition que ce soit, sauf dans l’acide carbonique. Toutes les expériences que j’ai citées prouvent donc que les microzymas du sang sont d’espèce spéciale. Cependant nous avons - trouvé des différences dépendant de l’animal et de la région du système vasculaire dont le sang provient. Ce sont là, sans doute, les causes des quelques différences de peu d’importance que vous remarquerez entre nos premières expériences avec M. Estor et celles des deux séries que je viens de vous citer. Dans celles-là nous avons souvent vu que le sang fluidifie l’empois ; j’en ai noté où le sang n’opérait pas cette fluidification. Ce qu’il faut retenir de tout ceci, c’est que l’air, dont on n’a pas évité le contact , dont on a même exagéré l’intervention dans quelques expériences , n’est pour rien dans les phénomènes observés , si ce n’est une influence conservatrice', comme lorsque le sang est soumis pendant 6 jours à l’action de l’air et de ses microzymas.
M. Dumas avait déjà remarqué que hors des vaisseaux l’oxygène était une condition de conservation de l’intégrité du globule rouge.
Ce qu’il faut encore retenir de ces expériences, c’est que le sang est un mélange extrêmement variable, un produit de l’organisme dans lequel retentissent toutes les vicissitudes de la nutrition et des conditions diverses auxquelles un organisme peut être soumis. Et ces considérations ont une importance majeure en pathologie : il peut se faire que les microzymas du sang soient placés, pendant la vie, dans des conditions telles qu’ils évoluent pour donner des bactéries dans les vaisseaux mêmes , ce qui coïncide sans doute avec un changement de fonction. Mais nous aurons à insister avec plus de force sur cette face de nos études.
Revenons maintenant à l’objection de M. Balard basée
l’expérience de m. pasteur sur le sang 261
sur une expérience célèbre de M. Pasteur, à laquelle ce dernier savant attache une signification très particulière , mais qui, loin de contredire la théorie du microzyma, la confirme à sa façon. Et pour vous la faire connaître , j’en prendrai la description dans un ouvrage de l’auteur publié bien longtemps après.
M. Pasteur préparé un ballon à robinet comme pour les expériences de génération spontanée. Gela fait , dit-il, «on met à nu une veine ou une artère de l’animal, un chien par exemple , on pratique une incision dans laquelle est introduite
I l’extrémité de la branche libre du robinet, préalablement chauffée et refroidie , qu’on fixe par une ligature dans la veine ou l’artère , puis on ouvre le robinet : le sang coule dans le ballon; on referme le robinet , et l’on porte le ballon dans une étuve à une température déterminée. » Et M. Pasteur veut bien nous apprendre qu’il a pu mener à bien ces manipulations grâce au concours de Cl. Bernard.
Telle est l’expérience. Quels en sont les résultats ? Voici comment l’auteur en parle :
« Le sang ne se putréfie pas, même aux plus hautes températures de l’atmosphère ; son odeur reste celle du sang frais ou prend une odeur de lessive. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire , l’oxydation directe des principes du sang par combustion lente n’est pas très active ; après une exposition des ballons dans une étuve à 25 ou 30° pendant plusieurs semaines, on n’observe encore qu’une absorption de 2 à 3 pour 100 de gaz oxygène, lequel est remplacé par un volume sensiblement égal de gaz acide i carbonique. »
Est-ce tout? Non, car heureusement, il y a une note iqui nous donne de plus amples renseignements! La voici, Itextuellement.
Après avoir fait remarquer, comme chose qui lui a paru leurieuse , que des cristaux du sang (hématocristalline) se forment dans ces conditions, M. Pasteur continue comme ceci :
« Dans les circonstances dont je viens de parler, où le sang de chien exposé au contact de l’air pur ne se putréfie pas du tout, les cristaux du sang se forment avec une
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remarquable facilité. Dès les premiers jours de son exposition ii l’étuve , lentement à la température ordinaire , le sérum se colore peu à peu en brun foncé. Au fur et ii mesure que cet effet se produit , les globules du sang disparaissent, et le sérum et le caillot se remplissent de. cristaux très nets, teints en brun ou en rouge. Après quelques semaines, il ne reste plus aucun globule sanguin, ni dans le sérum, ni dans le caillot; chaque goutte de sérum renferme de ces cristaux par milliers, etla plus petite parcelle de caillot écrasée sur la lame de verre offre de la fibrine incolore , très élastique , associée il des amas de cristaux , sans que l’on puisse découvrir nulle part la moindre trace de globules du sang. Si l’on attend plus longtemps encore, il arrive quelquefois que toute la fibrine se rassemble en une seule masse hyaline qui a expulsé peu à peu de son intérieur tous les cristaux. »
Voilà le résultat. Je vous le demande , est-ce là du sang conservé? Sans doute, il n’a pas d’odeur de putréfaction proprement dite, c’est-à-dire l’odeur horrible du sang vraiment! putréfié, mais il prend une odeur de lessive; mais il change de couleur, mais il s’y produit des cristaux; mais les globules disparaissent, mais il y a oxydation. Et sans doute, si M. Pasteur avait poussé plus loin l’analyse, il y aurait trouvé d’autres produits de fermentation. L’auteur n’y a pas vu de bactéries; mais nous savons qu’il n’en a pas vu non plus-, dans la viande qui se faisande, comme il s’exprime. Je veux' bien que M. Pasteur n’ait pas vu de longues bactéries, do celles que tout le monde peut distinguer; mais il a négligé pour ne les avoir pas vues, ou pour les avoir regardées'] comme sans signification, les granulations moléculaires, 1 isolées ou accouplées. Quand M. Pasteur dit que le sang n’est pas putréfié, il se paye de mots, comme quand il dit que la viande se faisande par dos actions de diastase. Je veux bien que dans le sang altéré de son expérience il n’y ait pas d’hydrogène sulfuré, de sulfhydrate d’ammoniaque,’ de scatol et d’autres substances odorantes ou infectes, mais cela ne suffit pas pour affirmer qu’il n’y a pas de fermentations d’un autre genre. C’est avec cette légèreté que M. Pasteur conclut en matière aussi grave : il a agi en cette circons-