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LA SALIVE ET LA DOCTRINE DE L’ALTÉRATION

occupés d’une propriété qu 'aurait la salive d’agir sur les matières féculentes pour les transformer en sucre.... On a depuis longtemps observé qu’elle jouissait de la propriété de changer l’amidon, préalablement hydraté, en dextrine et en sucre.... Ces expériences- sont aujourd’hui fort connues. Voici de la fécule hydratée... nous allons y ajouter une certaine quantité de salive de l’homme obtenue en crachant dans un verre , et la transformation va être en effet très rapide (1). »

Vous le voyez , il prend la totalité de la salive qu’il obtient en crachant dans un verre , sans se préoccuper de ce que ce mélange contient!

Parlant de la diastase salivaire obtenue, par M. Mialhe, de' la salive filtrée , Cl. Bernard s’écrie : « On a prétendu séparer la matière active de la salive sur la fécule , et la comparer à la matière qui , dans les végétaux , produit la transformation de la fécule en sucre ; on a dit qu’il y avait là une diastase salivaire. Mais cette propriété de transformer la fécule hydratée en glucose est loin d’être spéciale à la salive ; une foicle d’autres substances organiques , surtout quand elles sont en voie de décomposition, jouissent de la même activité (2). » Et pour réduire à rien la découverte de M. Mialhe , il ajoutait : « La fécule hydratée et le glucose représentent deux états successifs cl’une même substance, tellement voisins l’un de l’autre qu’il suffit de la plus légère impulsion pour opérer le passage du premier au second état. C’est ce que fait le liquide des sérosités et une foule d’autres substances organiques (3) ! »

Que Cl. Bernard ait sérieusement cru que l’amidon hydraté et le glucose représentent « deux états successifs d’une même substance », on peut le lui pardonner, car il n’était pas chimiste ; mais c’est chose grave d’oser soutenir qu’une foule de substances, dans l’organisme humain, possèdent l’activité transformatrice si considérable de la sialozymase et de croire qu’elles sont le fruit d’une altération que l’on n’explique pas! Car ce n’est pas une explication que de

(1) Leçons de physiologie expérimentale, t. II, p. 153 (185G).

(2) Ibid., p. 15G.

(3) Ibid., p. 156.

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