LES ORGANISMES DE LA SALIVE
prétendait ruiner par la base les importantes observations de M. Mialhe.
J’aurai l’occasion de revenir sur l’assertion de la facile transformation de la fécule en sucre par l’influence d’une foule de matières organiques envoie d’altération, ainsi que sur cette autre « qu’une infusion d’empois abandonnée à elle-même peut en quelques jours se transformer spontanément en sucre (1). » N’oubliez pas, que la transformation chimique spontanée d’une substance donnée est une réaction sans cause !
Longet a vivement combattu le système de ce physiologiste ; il répondait que la salive d’individus peu soucieux de la propreté de leur bouche et celle de personnes dans des conditions tout opposées « et immédiatement après que les dents et leurs intervalles avaient été frottés avec une brosse, la langue râclée sur le dos et la bouche scrupuleusement rincée » étaient , l’une et l’autre , douée de la même propriété saccharifiante. En eût-il été ainsi, dirai-je avec Longet, si réellement la salive n’empruntait son activité chimique qu’à des matières en décomposition ?
Gela n’empêcha pas, malgré le travail si net et si précis de M. Mialhe , la doctrine de l’altération spontanée d’être seule enseignée , puisque l’on admettait que la diastase salivaire était elle-même le produit d’une altération spon- : tanée.
Et il n’est pas sans importance de vou§ faire remarquer que Cl. Bernard écrivait ce que je viens de vous dire en 1856) avant les grands débats sur la génération spontanée. Modifia-t-il sa manière de voir après? Je n’ai pas pu m’en ( convaincre !
Quoi qu’il en soit , il est certain que ces débats n’ont pas feu d’influence sur l’esprit des savants. Pourtant il y a dans la salive des molécules évidemment organisées que Leuvvenhoeck avait déjà aperçues. M. Ch. Robin en parle comme •ceci :
Le dépôt gris blanchâtre do la salive buccale mixte est dit-il « composé de cellules de l’épithélium buccal, de leucocytes nombreux, de granulations graisseuses avec d’autres
(1) Ibid., p. 104.