‹ Les microzymasChapitre 172 sur 389 · ORGANISMES BUCCAUX ET SALIVES · texte numérisé non relu

ORGANISMES BUCCAUX ET SALIVES

la fluidification se fait peu à peu , elle sera bientôt complète et nous pourrons y constater la présence du glucose. Il y a déjà du glucose dans la fiole où nous avons mis la salive et après une demi-heure , à la fin de la leçon , il y en aura dans celle où nous avons mis le résidu insoluble de la même salive. Quant à l’eau de lavage, elle a laissé l’empois aussi consistant qu’au début et nous n’y observons pas la réduction du réactif cupropotassique : aucune trace de glucose ne s’est formée.

Les microzymas et bactéries buccaux opèrent donc la saccharification de la fécule de la même manière que la salive elle-même.

Mais il ne suffit pas , pour conclure à l’identité , de se borner à constater la réduction du réactif cupropotassique. En effet, parmi les produits de la transformation de la matière amylacée par la diastase ou par la salive , le glucose n’est pas le seul qui opère cette réduction; avant le glucose se forment successivement les fécules solubles et les dextrines. Or, les dextrines peuvent réduire, quoique avec une intensité différente, le même réactif, et cela a fait commettre plusieurs erreurs dans l’étude de ces transformations ; de plus , parmi les dextrines , il en est (ce sont celles d’un pouvoir rotatoire inférieur à -f- 176°) qui opèrent la réduction presque comme le glucose (1).

Il pourrait donc arriver que l’action ne fût pas identique et , par suite , que la conclusion que je veux tirer des expériences ne soit pas fondée, si les microzymas buccaux se bornaient à produire quelque dextrine réductrice.

J’ai donc comparé, en en prenant le pouvoir rotatoire , les produits de l’action de la salive filtrée et des organismes buccaux que j’en ai isolés, sur l’empois; je laissais réagir les deux agents transformateurs jusqu’à ce que le pouvoir rotatoire ne baissât plus dans l’une et l’autre expérience.

Pouvoir rotatoire des produits formés sous l’influence de la salive filtrée , ou de la sialozymase pure :

(1) A. Béchamp , Association française pour l'avancement des Sciences . Congrès de Nantes , p. 535.

ORGANISMES BUCCAUX ET SAUVES àOÔ

Pouvoir rotatoire des produits obtenus sous l’influence des organismes buccaux :

La seule différence que j’aie constatée, c’est qu’il faut à peu près quatre fois plus de temps pour obtenir le même résultat avec les organismes. Mais à part cela , la quantité , de glucose formé était sensiblement la même dans les deux expériences, soit environ 7 5 pour cent de la fécule employée.

Mais, ce n’est pas tout. Nous avons vu que les microzymas gastriques et les pancréatiques n’épuisent pas leur activité par une première action sur une substance donnée.

Il en est de même des microzymas et bactéries de la salive.

Les ferments isolésde l’opération précédente, séparés, par le filtre, de l’empois transformé, ont été mis dans une nouvelle masse d’empois préparé avec du bouillon de levûre.

La fluidification et saccharification ont été rapides. Les ferments, recueillis de nouveau, Jont été remis avec de l'empois préparé à l’eau ; la fluidification a été encore presque instantanée. Enfin des microzymas qui avaientainsi agi plusieurs fois, ont encore transformé l’empois, mais la quantité de glucose va en diminuant avec l’épuisement du ferment; si bien que le pouvoir rotatoire du produit témoignait que la dextrine formait la majeure partie du produit de la réaction, il était de :

N’est-il pas évident que si les germes de l’air étaient la cause de ces transformations , l’activité , au lieu d’aller en diminuant, devrait aller en augmentant? car on nJa pris d’autre précaution que l’emploi de la créosote pour le mettre à l’abri de leur influence. Mais nous discuterons plus tard la part qui peut revenir aux microzymas atmosphériques dans le phénomène.

Les microzymas buccaux, etc., possèdent donc la même fonction que la salive qui les contient.

Nous pouvons maintenant utilement commencer l’étude du genre d’action que les organismes de la salive humaine exercent sur les salives parotidiennes de chien et de cheval.

ORGANISMES BUCCAUX

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