LA RÉSISTANCE VITALE
ressusciter ainsi : ce sont seulement ceux qui ont été recueillis sur les .toits, qui montrent bien ce phénomène.
Les animaux réviviscents sont donc ceux qui, après avoir perdu par la dessication toutes les manifestations de la vie, sont ranimés quand on les humecte de nouveau. Et ce n’est pas tout : lorsque par une dessication méthodique h basse température et dans le vide, on les chauffe à 100 degrés, sous la pression atmosphérique, pendant quelques minutes, ils peuvent encore se ranimer au contact de l’eau, même après plusieurs mois. Mais encore une fois, il ne faut pas s’imaginer que tous les Rotifères et tous les Tardigrades résistent avec la môme facilité à la dessication. Il y a une différence qui tient aux milieux où ils vivent naturellement : ceux qui ont vécu dans un milieu habituellement sec, sur les toits, résistent mieux que ceux qui ont pour séjour habituel les eaux !
Et comme, d’après Pouchet, les mêmes animaux no peuvent pas supporter sans périr une température supérieure à 50 degrés, on a cherché l’explication de leur résistance à 100 degrés quand ils sont desséchés, dans une expérience ancienne de , M. Chevreul, qui a fait voir que le blanc d’œuf, si facilement coagulable à 70 degrés environ, ne se coagule plus à 100 degrés et même au-dessus, quand il a été préalablement desséché à froid, dans le vide ! En effet, même l’albumine pure, préalablement desséchée dans les memes conditions, supporte une température supérieure à 100 degrés, sans perdre sa solubilité dans l’eau. Mais là n’est pas l’unique cause du phénomène.
Sans doute, si l’albumine venait à être coagulée dans un organisme, même seulement dans une de ses parties, la vie en deviendrait impossible, mécaniquement, comme dans la formation d’un caillot fibrineux ou embolie dans une partie du système circulatoire. Mais le phénomène reconnaît une cause plus profonde.
Une température peu inférieure à zéro ne coagule pas l’albumine; cependant la gelée tue les animaux et un grand nombre de végétaux. Cagniard-Latour a congelé la levûre de bière, il l’a soumise à un froid de près de 100 degrés au-dessous de zéro ; elle a conservé la propriété de