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DE RÉTENTION D’URINE

Fro. 1. — Organismes examinés le lendemain de la miction.

FrGl Organismes examinés le 12 juillet, au moment de la miction.

— Organismes de l’urine’, N” 2. examiné» a

OBSERVATION

rédaction du procès-verbal de 1876. Or, au mois de novembre 1880, il y avait encore des bactéries et des chapelets de grains; mais les microzymas étaient augmentés , comme si, peu à peu , la faculté d’évoluer en bactéries diminuait : l’urine était toujours acide et pouvait être conservée plusieurs jours à l’air sans devenir alcaline (1).

Et il faut que je vous le dise : au début, le malade se sondait trois ou quatre fois par jour; les sondes de Lasserre dont il se servait ne pourraient pas sans de graves inconvénients être plongées dans l’eau bouillante et encore moins être flambées. Et le malade enduisait la sonde avec de l’huile d’olives exposée à l’air. J’ajoute qu’en voyage il n’avait pas toujours le loisir, dans une gare de chemin de fer, au moment du départ du train , de laver sa sonde , de façon qu’elle servait plusieurs fois avant d’être nettoyée.

Vous retiendrez aussi de cette observation, ce qui est visible grâce aux figures 2 et 3 de la page 739 , que les microzymas libres et les microzymas associés, observés au moment de la miction, ont tous été trouvés transformés en bactéries le lendemain. Et ces bactéries, dans la même urine exposée à l’air, ont régressé pour redevenir microzymas !

La considération la plus immédiate qui découle de cette observation , c’est que si les germes de l’air étaient la cause unique et nécessaire de la fermentation ammoniacale de l’urine ; si les microzymas , microzymas associés (torulas) et les bactéries qui existent actuellement dans cette urine, y ont été introduits dans la vessie par les cathétérismes de

1871 à la fin de 1873, comment se fait-il que cette urine

(1) Et les choses en sont aujourd’hui, 31 mai 1881, sensiblement au même point qu’au mois de novembre dernier. M. Laborde, dans le laboratoire de physiologie de M. J. Béclard, a bien voulu examiner ces urines, hier, sans savoir ce qu’il y' avait à y rechercher. Or M. Laborde a trouvé l’urine acide, la petite t.orula, des bactéries et des granulations moléculaires , et il m’autorise de le dire à l’Académie. Voilà donc des ferments figurés , morphologiquement semblables à ceux de la fermentation ammoniacale de l’urine , qui se trouvent sans cesse depuis dix ans , dans la vessie , et qui laissent l’urine inaltérée. A quoi cela tient-il? C’est £ue les bactéries et torulas trouvées dans cette urine, ont pour origine les microzymas d’un organisme sain ; on pourrait dire que ce sont des torulas et bactéries traumatiques et non des torulas et bactéries de microzymas morbides , comme celles qui décomposent l’urée dans les cas pathologiques.

DE RÉTENTION ü’ URINE

soit toujours acide et normale quant à la quantité d’urée ? Ce qu’il faut affirmer, c’est que si les sondes ont introduit dans la vessie quelque microzyma atmosphérique, il y a été comme non avenu, et l’origine des bactéries est à la fois toute interne et individuelle au patient.

Quand une urine devient ammoniacale à l’air, ce sont ses propres microzymas et une certaine condition de milieu , qui opèrent la transformation par un changement de fonction , une nouvelle fonction acquise de ces microzymas. Si une urine devient ammoniacale dans la vessie, c’est que la fonction des microzymas cysliques a été déviée et s’est conservée dans les organismes résultant de leur évolution. Mais si, comme c’est le cas de l’observation que j’ai rapportée en détail , des microzymas sains évoluent en bactéries dès la vessie , dans l’urine d’un individu non diathésiquc, par un traumatisme quelconque, cestorulas ou bactéries n’auront pas d’autre fonction apparente que celle du microzyma non morbide lui-même , l’urée ne sera pas transformée en carbonate d’ammoniaque, et l’urine restera acide.

J’ai insisté très longuement sur cette observation : Je vais résumer dans les conclusions suivantes tout ce qui la concerne et les points principaux de cette étude sur l’urine , pour que les conséquences qui en découlent se présentent avec plus de netteté à votre esprit.

Conclusions concernant les microzymas vésicaux et la fermentation de l’urine : 1° Les germes atmosphériques ne peuvent pas pénétrer dans la vessie parle canal de l’urèthre : c’est anatomiquement impossible !

2° En supposant que , par le cathétérisme , des germes de ferments pénètrent dans la vessie , ils ne sont pas la cause de la fermentation ammoniacale de l’urine;

3° Sans nier, mais en affirmant l’existence des microzymas atmosphériques et leur aptitude à évoluer en bactéries, il est certain qu’ils ne sont pas la cause immédiate de la fermentation ammoniacale de l’urine;

4° Des bactéries peuvent exister dans Turinc, dès la vessie , sans qu’elle y subisse la fermentation ammoniacale ;

OBSERVATION

5° Lorsque l’urine devient ammoniacale dans la vessie, le phénomène est corrélatif de la lésion ou de l’état morbide de quelque partie de l’appareil urinaire, ou d’un état diathésique , etc. ;

6° Le fait, que l’urine peut être ammoniacale dans la vessie et que cet état est corrélatif de la présence d’infusoires (bactéries, bactéridies, vibrions, microzymas libres ou en chapelet), tend à démontrer qu’il y a lieu de distinguer fonctionnellement les microzymas dans l’état de santé des microzymas devenus morbides consécutivement à une altération quelconque de l’une des parties de l’appareil urinaire, ou à un état général caractérisé ;

7° La zymase qui fait fermenter l’urée est le fruit de l’altération morbide de la fonction des microzymas, car tout ferment soluble est sécrété par quelque chose d’organisé , cellule ou microzyma ;

8° Les ferments de la fermentation ammoniacale de l’urine peuvent faire fermenter le sucre et la fécule;

9° Il y aune fermentation acide de l’urine, et les ferments de cette fermentation sont semblables à ceux de la fermentation ammoniacale. Ces ferments agissent aussi sur la fécule ou le sucre de canne ;

10° On peut toujours, à l’aide de l’acide phénique ou de la créosote , empêcher l’évolution des microzymas de l’urine normale,. et par suite, son altération ammoniacale;

11° Les chirurgiens peuvent, sans crainte , opérer comme par le passé avec les soins de propreté qu’ils ont coutume de prendre. Toutefois, le conseil le plus pratique, tel que cela découle de ces études, c’est d’opérer dans une atmosphère phéniquéc et.de laver les instruments dans l’eau légèrement créosotée ou phéniquée , autant pour annihiler l’influence des microzymas ambiants que pour empêcher l’évolution des microzymas de l’opéré;

12° Les microzymas vésicaux, comme tous les microzymas, peuvent évoluer et devenir bactéries ; mais ces bactéries, par régression, peuvent reproduire les microzymas.

13° Les chirurgiens doivent se préoccuper bien plus des microzymas de leurs opérés, s’ils sont diathésiques , que de l’influence des microzymas de l’air. C’est surtout dans les

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