VARIOLE ET VACCINE
certain, d’après M. Chauveau, que' chez les vaccinifères il n’y a d’inoculable que le produit élaboré dans les pustules cutanées; chez les vaccinés, cela résulte de nombreuses autopsies , jamais il n’a trouvé de lésions du poumon , si fréquentes chez les varioleux. La variole est contagieuse , la vaccine ne l’est pas. La première s’acquiert par l’infection , la seconde seulement au contact. Elles sont la même maladie mais à des degrés différents de virulence. La vaccine préserve de la variole de la même façon qu’une première *
variole ; de la même manière que la clavelisation préserve de la clavelée. Evidemment le microzyma du virus vaccin, en passant de la vache à l’homme , communique au microzyma humain une morbidité plus bénigne. Et de ce que la vaccine ne préserve pas de la clavelée , cela prouve que les microzymas du mouton sont d’autre espèce que ceux de l’homme. Pourtant la pustule claveleuse, comme la varioleuse et la vaccinale, ne se développe que^dans le réseau de Malpighi.
Les microzymas claveleux, aspirés par le mouton dans la trachée, communiquent la clavelée. Il importait de démontrer qu’on pouvait vacciner par la même voie.
Eh bien! M. Chauveau (1) a réussi , en faisant aspirer de la même manière , du vaccin desséché dans le vide et pulvérisé, à un cheval; celui-ci prit un exanthème labial discret, mais très caractéristique. Et l’autopsie « ne montra dans la trachée, ni au point ponctionné pour l’aspiration du virus, ni partout ailleurs, aucune lésion locale qui pût établir une différence entre le mode de production de cet exanthème et celui des éruptions vaccinales dites spontanées. »
Mais voici qui est plus significatif. Dans une autre expérience, l’éruption vaccinale fut si légère et si fugitive, qu’elle faillit passer inaperçue. Et l’auteur ne put se convaincre que par l’impossibilité de réinoculer le cheval par l’inoculation cutanée, de la réalité du diagnostic. Le sujet était donc vacciné ; pour ma part, je suis convaincu que l’apparition de la pustule vaccinale n’est pas nécessaire pour que la vaccination ait lieu.
Enfin, en faisant avaler à un poulain seulement 9 mil-
(1) Comptes-rendus, t. LXV1I , p. 941.