VARIOLE ET VACCINE
faudrait dire que le cerveau, le foie, le rein, etc., sont parasites dans l’animal!
Après cela, M. Chauveau prend 10" de pus dans, le poumon d’un cheval morveux, les délaye dans l’eau et, par dépôt, décantations , filtration , trouve que , malgré l’emploi de 2200" d’eau pour opérer le lavage des microzymas et cellules des 10" de pus, que les éléments corpusculaires doivent être considérés comme débarrassés de tous les principes solubles du pus, et qu’ils présentent à peu près les mêmes caractères qu’avant le lavage ; on y reconnaît la présence d’une quantité notable de granulations libres, absolument intactes. Les nombreux leucocytes, etc., au milieu desquels sont dispersées ces granulations, se montrent plus transparents , plus gonflés par l’eau.
Les inoculations, faites à la joue, par piqûres sous-épidermiques, au nombre de six, à un âne et à un cheval, deviennent presque immédiatement le point de départ de l’infection morveuse. Quatre jours après, les deux animaux sont en pleine morve, etc. (1).
Et M. Chauveau conclut enfin que « non seulement les éléments figurés , agents de la virulence , peuvent être lavés sans perdre leurs propriétés spécifiques, mais que leur séjour prolongé dans l’eau ne réussit pas à communiquer la virulence à ce liquide. »
C’est ainsi qu’à mesure que l’on pénètre plus avant dans la connaissance des faits, se fortifie la conviction, que l’hypothèse des germes morbides préexistants est purement chimérique. Prouvons de plus en plus que le système de l’impénétrabilité de l’organisme n’est pas soutenable.
La variole et la vaccine. Des faits que je viens de passer en revue il ressort que les microzymas de certaines régions sont seuls capables de procurer, par inoculation, la maladie du sujet sur lequel ils ont été recueillis.
La pustule vaccinale est appliquée à la surface du derme, dont elle n’envahitque les couches superficielles. Les lésions, dans la vaccine, même spontanée, sont toujours discrètes. Au contraire, les foyers de production du virus claveleux et du virus varioleux sont généralement très multipliés. Or, il est (1) A. Chauveau, Comptes-rendus, t. LXVIII, p. 830.