FIÈVRE RÉCURRENTE
éléphant, comparé à an germe ! On a invoqué la quantité de virus injecté! Mais la quantité, dans la théorie des auteurs, qui est celle du parasitisme, la quantité n’y fait rien, puisqu’on admet que le microbe se multiplie , et qu’on lui a ouvert une mer à envahir ; le milieu ne leur opposant plus aucun obstacle , quelques-uns doivent, au bout d’un temps suffisant , produire des légions capables d’avoir raison de toutes les résistances! Ces faits ont leur explication dans la théorie du microzyma, sans invoquer aucune des hypothèses qu’on a supposées.
Il y a des maladies où toute la scène paraît se passer dans le sang; on suppose que le parasite ne peut vivre que dans ce milieu.
Le Spirillum de la fièvre récurrente , ou fièvre-typhus ci rechutes. C’est une des maladies dont on dit que le parasite ne peut vivre que dans le sang. Le spirillum dont il s’agit est un vibrionien que Ehrenberg appelait Spirochæta (1) ; M. Obermeyer observa le parasite en 1873 et lui donna le nom de Spiro-bacterium ; il reconnut la connexion qui existe entre la contamination du sang par le spirillum et les attaques pyrétiques de la fièvre à rechutes. La maladie présente tantôt des paroxysmes courts et isolés , tantôt des attaques prolongées à forme rémittente ; elles peuvent être aussi intermittentes. La terminaison peut être fatale ; la maladie est inoculable et contagieuse. J’appelle votre attention sur les faits suivants :
1° Pendant les accès le nombre des parasites dans le sang augmente ; ils disparaissent avec la cessation delà fièvre : 2° Mais il peut arriver que le parasite existe dans le sang plusieurs heures ou même deux jours avant l’accès, sans qu’il y ait fièvre ; 3° Le début soudain n’est pas nécessairement précédé ou accompagné de l’augmentation visible des spirilles ; 4° Il n’y a pas de relation fixe entre les variations de forme et d’intensité de la fièvre , et la variation du nombre des organismes ; 5° On a noté la persistance des spirilles pendant la défervescence effective par lysis, c’està-dire que la crise salutaire s’opère sans phénomènes appa-
(1) Voir F. Dujardin , Histoire naturelle des xoophytes. — Infusoires , p. 223, l’origine du mot Spirocliœta.