LES VÉRITABLES CAUSES
élevées, ou les soins ne manquent pas, ni les moyens do gtiérison ? Sur ces cas de transmission héréditaire par les générateurs à leurs descendants, que peut répondre le parasitiste? « La théorie clés germes , dit M. Ch. Robin, reste muette sur les faits de transmission héréditaire, par des germes parasitaires , de la syphilis, de la phthisie, etc. (1). » 11 n’y a pas de parasite qui tienne ; vous figurezvous un champignon, schizomycète ou autre, un acarus, un tænia, héréditaires?
Ah! certainement,- la notion, si profondément médicale, d e prédisposition, n’est pas une notion vide de sens. Oui,
M. Jaccoud a raison, c’est le malade qui décide des allures et de la gravité de son affection aussi bien que d’un traumatisme.
« Le principe de la vie est précisément le principe de la mort; ce qui nous fait vivre est réellement ce qui nous fait mourir, » a dit M. Ch. Bonnet avec profondeur ! Cela est rigoureusement vrai dans la théorie du microzyma. Mais, naturellement, physiologiquement, il n’y a pas de motifs pour que les maladies éclatent, souvent foudroyantes, effroyables ! Nous ne devrions mourir que de vieillesse.
Il y a eu, il y a d’énergiques volontés qui savent résister i aux passions dégradantes de notre espèce. Ces nobles et belles natures engendrent des races saines de corps et d’esprit qui résistent aux causes de maladie et qui ne meurent que de vieillesse. Hélas! il yen a trop dont la volontc chancelante fléchit, qui se laissent entraîner parleurs penchants et succombent. Qui peut dire l’influence désastreuse de la mollesse dans l’éducation et des jouissances prématurées; de l’abus des alcooliques et de tous les autres excès, en supposant même que les malheureux n’aient pas subi l’atteinte de 'ces maladies contagieuses et dégoûtantes dont la trace devient si aisément ineffaçable? Les médecins connaissent assez les liens de parenté qui rattachent d’une part la scrofule à la syphilis et la phthisie à la scrofule ; l’épilepsieà l’alcoolisme! etc., etc. Les malformations mêmes sont plus ou moins dépendantes de ces vices héréditaires! Qu’est-ce que le parasitisme vient faire en tout ceci ? Il est dangereux (1) Diclionn. encyclop. sc.méd., art. Germes.
DES MALADIES
comme doctrine, surtout parce qu’il fait perdre de vue le véritable point de départ étiologique des maladies. Il place le danger hors de nous, tandis qu’il est en nous.
L’analyse anatomique ne révélerait rien de particulièrement caractéristique dans ces organismes délabrés ; elle trouverait les cellules avec leur forme ordinaire; physicoehimiquement ils sont formés de la même matière que les physiologiquement sains. Leurs fonctions s’exécutent normalement, en apparence au moins. Les médecins, pourtant, savent les reconnaître. Chez eux une dyscrasie peut rapidement être produite, parce que leurs microzymas, surmenés à l’excès, tendent facilement à changer de fonction en tel ou tel point de l’économie ; la dyscrasie se généralisant, l’évolution morbide d’une autre catégorie de microzymas peut en être la conséquence, et le premier cas d’une épidémie est créé, sans qu’il y ait eu de microbe nocif aux alentours. Bref, les malheureux sont dans la situation de celui chez qui une chute est devenue la cause déterminante d’une tumeur blanche, une piqûre le point de départ d’un cancer envahissant, etc.
Mais on pourrait soutenir que les animaux ne sont pas placés dans les mômes conditions que l’homme. Non, sans doute ; mais la domestication leur crée souvent des situations analogues. Dans le département de l’Hérault et les départements circonvoisins, d’après M. Estor, le sang de rate est une rareté ; plusieurs années se passent sans qu’un seul cas se présente. Mais, à un moment donné, si un mouton, déjà vieux, mal nourri, surmené, en est atteint, faudra-t-il en accuser une bactéridie attendant là une occasion lavorable pour faire éclater sa virulence ? C’est à ces coups du hasard que nous acculent les parasitistes ! Pour le triomphe du système on invoque l’exemple des moutons du département d’Eure-et-Loir. Là le charbon est endémique et il y est rarement épidémique ; pourquoi cela ? Mais si la bactéridie est toujours la cause première de la maladie, si elle y est si répandue, l’épidémie devrait y être la règle. Pourtant c’est le petit nombre des moutons paissant ensemble dans les mêmes pâturages qui, chaque année, un peu plus, un peu moins, y meurent du charbon, reprodui-