‹ Les miettes de l'histoireChapitre 4 sur 62 · MONT-ORGUEIL · texte numérisé non relu

MONT-ORGUEIL

moyen de se faire appeler le Mauvais, et qui ne réussit pas à empoisonner le roi de France, mais qui fut plus heureux avec les deux reines de France et de Navarre.

Le roi de France avait, pour guenoyer en Castille, une plus grave raison que des crimes de roi. Ce n'était pas sa parenté avec Blanche de Bourbon : le roi de France n'était pas si familial. Charles V était ce dauphin qui, à la bataille de Poitiers, avait si bravement tourné les talons, laissant son père aux mains des Anglais. Mais, dans ce moment, la France était infestée de bandits de toutes nations qui épuisaient le pays ; on ne pouvait leur faire lâcher la France qu'en leur donnant une autre proie : Charles V leur donna la Castille.

Ils y furent menés par Duguesclin et par un frère de don Pèdre, l'infant don Enrique, fils de cette dona Léonor de Guzman que don Pèdre avait tuée. Cet infant était outré du meurtre de sa mère et de ses frères, et, par amour filial et fraternel, réclamait la couronne. Duguesclin et don Enrique furent battus à Navarette, puis vainqueurs à Montiel. Don Pèdre, bloqué dans un château, tenta de s'évader et tomba aux mains de "don Enrique, qui montra son horreur du fratricide en poignardant son frère.

Il y a loin de la Castille à Jersey; mais, la France étant pour don Enrique, l'Angleterre ne pomait pas décemment se dispenser d'être pour don Pèdre.

Pendant qu'on se battait en Castille, on se battait aussi en Normandie. Duguesclin, à son retour, balaya la Normandie, et, lui Breton, ne put se retenir de pousser jusqu'à Jersey. En 1374, il vint, avec le duc de Bourbon, camper au pied du château de Gorey. Le château faillit être pris, mais un secours arriva et Duguesclin dut lever le siège.

C'est depuis ce temps que le château de Gorey s'est appelé le château de Mont-Orgueil.

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