INNOCENCE DES ARBRES
ciée des trois ans que tu nous as donnés, île charmante, fleur de la mer, patrie des expatriés qui te tiens à la porte de la France pour être la première à offrir un asile à ceux qui en sortent; qui, pour consoler les proscrits, leur montres, le jour, de Mont- Orgueil, la flèche de Coutances, et, la nuit, de Saint- Clément, le phare de Saint-Malo; qui fais plus que de leur montrer la patrie, qui la leur rends, qui rends à l'un ses vallées touffues, ses pommiers trempant dans les blés, ses prairies en fleur, ses nids dans les haies, à l'autre ses landes, ses bruyères, ses grands rochers qui combattent la mer; dont la falaise dit aux Bretons : je suis Bretonne ; dont la campagne dit aux Normands : je suis Normande; et qui, seule au monde, peux nous dire le dernier mot de l'hospitalité parfaite : vous êtes chez vous !