‹ Les miettes [microforme]Chapitre 13 sur 21 · LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT

Quand l'ombre de la nuit descend sur le manoir, Que tout devient obseur au salon solitaire, Un rayon toujours brille et parait se mouvoir:

C'est l'œil étincelant du portrait de mon père.

De la toile parfois semble se détacher Et descendre vers moi cette ombre qui m'est chere. Elle vient à ma droite en silence marcher,

Et m'indique du doigt le portrait de mon pere.

Quand surgissent les jours d'orage intérieur, Où l'me est sans vertu, le courage éphémère, Pour ratlermir mes pas au sentier de l'honneur.

Je n'ai qu'a regarder le portrait de mon pre. Ï 8 l

Si jamais au torrent me laissant emporter, A ses nobles lecons je venais à forfaire, Rougissant de moi-méme, oserais-je attronter

Le foudroyant regard du portrait de mon pére.

Vingt ans passés, la mort vint frapper au manoir. Lorsque ma mère en deuil revint du cimetière,

Elle me dit montrant le cadre orné de noir :

&“ Embrasse, mon enfant, le portrait de ton pere.

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