L'ARRIVEE DE JACQUES CARTIER
Le grand Celomb venait de percer le mystère Qui depuis si longtemps voilait cet hémisphère, Le roi de nos déserts, l'immense Saint-Laurent Couvrait. seul, notre sol de ses bras de géant, Et les muscles mouvants de sa puissante épaule N'avaient jamais porté que les glaces du pole. Seul, l'enfant des forèts, poursuivant l'orignal.
Foulait la fleur sauvage et le sol virginal,
Par un beau soir d'été, l'on vit trois blanches voiles Remonter la rivière aux clartés des étoiles.
A leur étrange aspect, les tarouches Indiens Et les oiseaux de mer et les monstres marins. Surpris d'etre troublés dans leurs paix si parfaite, Disparaissent soudain dans leur sombre retraite, Les vaisseaux d'outre-mer glissent silencieux À l'ombre des grands caps et des monts sourcilleux. Un homme que la foi, que le génie inspire, Est là, debout, pensif, sur l'avant du navire: C'est le grand découvreur du Canada, Cartier. Le délégué du ciel et du roi chevalier.
À coté de la croix, symbole d'espérance,
Il vient planter ici le drapeau de la France.