MESURE DE L'EAU DES HEMATIES
(Méthode de CRISTOL-BENEZECH)
L’impossibilité d'estimer en clinique de façon précise lhydratation cellulaire est à l’origine de bien des imcertitudes physiopathologiques,
En clinique humaine, seule l’eau des hématies peut être mesurée avec certitude; l’on ne saurait affirmer l'identité entre les globules rouges et les autres cellules de lorganisme. Toutefois, leur constitution voisine rend cette assimilation valable en pratique. En effet, comme l’indique le diagramme ci-joint emprunté à GAMBLE, la constitution ionique des hématies est comparable à celle de tout élément cellulaire, à la seule exception que le potassium n’est pas le seul cation intraglobulaire, lion sodium y pénétrant également.
180 | \ HCI 160 4 Na 0, | L [Yo 120 GE (00 :
K PO4 80 : S É d ATP etr ME?
6o | | D'PHoSPHa G'LyYCERATE Uo 1 = | HEMOGLOBINE <o \ If à pe INDETERMINE
Composition acido-basique des hématies. (GAMBLE.)
A7 Re LS
Du point de vue des échanges aqueux, il est donc possible d’assimiler les hématies à un groupe cellulaire quelconque, le plasma tenant lieu de liquide interstitiel. Se
Les méthodes préconisées pour déterminer l’hydratation globulaire sont de deux ordres:
— les méthodes indirectés fondées sur la mesure de la hauteur d’un sédiment globulaire après centrifugation (principe des hématocrites) ou sur la conductivité électrique de suspensions globulaires; elles sont entachées de causes d'erreurs importantes. R. CUVELIER a proposé de mesurer la concentration en hématine après détermination colorimétrique.
— la méthode directe la plus sûre est la méthode pondérale.
Partant de ces données, un certain nombre d’auteurs (DECOURT, AMBARD, GUEST et RAPOPORT) ont, d’après le poids d’extrait sec de globules, mesuré la teneur en eau de ces globules. Mais ces techniques ne donnent que des indications d'ensemble sur l’hydratation globulaire.
La méthode mise au point par CRISTOL et BENEZECH et -que nous avons nous-même utilisée, nous parait supérieure: son originalité vient du fait qu’elle permet, outre la mesure de la charge hydrique des hématies, une appréciation de la nature même de cette hydratation et de la répartition de Peau dans ces cellules.
1° PRINCIPE. — Il est en effet possible d’assimiler tout élément cellulaire, à un système colloïdal comprenant deux phases:
—— la phase dispersée est représentée par des molécules chimiques non hydro-solubles auxquelles est lié un certain volume d’eau constituant l’eau liée.
— Ja phase dispersante aqueuse contenant en solution des cristalloïdes représente l’eau libre de la cellule, seule accessible aux échanges osmotiques. Dans le cas des hématies, cette eau osmotiquement utilisable pourra seule être mesurée avec précision. D’autre part la mesure de l’hydra-
AB
tation globale par dessication permet de déduire par différence le taux d’eau liée. Tel est le principe de la méthode, l’application de la loi physico-chimique de Van T’Horr permet la mesure de l’eau libre. Nous empruntons à CRISTOL et BENEZECH les lignes suivantes qui en exposent les motifs:
Nous assimilons les globules à une suspension colloïdale comprenant:
1° Une phase dispersante aqueuse contenant en solution des électrolytes, pratiquement du chlorure de potassium.
2° Une ou des phasés dispersées essentiellement représentées par des protéides auxquels est éventuellement lié un certain volume d’eau rendu de ce fait inutilisable osmotiquement. .
Soil:
a, le volume de l’ensemble des phases dispersées;
1, le volume d'eau libre, c’est-à-dire celui de la phase dispersante
utilisable osmotiquement;
v, le volume globulaire total,
Nous poserons par définition: 1 : V —— a et nous dirons que cette relation définit physico-chimiquement l’eau libre que nous nous proposons d'évaluer,
Soit le volume d'eau totale contenu dans le volume V; tout le problème est de savoir si l'on a:1 tou 1 : t, dont la valeur est représentée par la différence t — 1, Dans le premier cas, seul, il existe une eau nôn solvante, L’eau totale, t, est facile à mesurer par dessication complète d’un hémolysat globulaire de dilution connue; tout le problème consiste donc à pouvoir mesurer l’eau libre, 1 afin de comparer t et I.
Désignons par pG la pression osmotique intra-globulaire à l'intérieur de la phase dispersante de volule 1; par n le nombre de particules-gramme osmotiquement active contenues dans ce volume, l’application de la loi de VAN T’HoFrFr au volume 1 permet d'écrire:
DORE EnERSE
R étant la constante thermodynamique des gaz parfaits, et
T la température absolue.
On peut ainsi calculer 1 si on connait n et pG.
Théoriquement, la mesure de n est facilesil suffit de connaître, la conductibilité électrique de la purée globulaire, mais cette détermination ne peut être effectuée directement par suite de la viscosité extrême de la purée globulaire, Nous avons tourné la difficulté en délerminant n par extrapolation de la droite représentant les varia-