FAITS CLINIQUES
Certaines modalités de la diurèse, les variations de la courbe pondérale des addisoniens traités indiquent le sens général des fluctuations hydriques au cours de l’hyposurrénalisme.
1° L'état de la diurèse, au cours de la maladie d’ADDISSN non traitée, parait très variable. Récemment encore SLOSSE
136 —= soulignait le fait. Il existe toutefois un trouble net des éliminations rénales de l’eau; le test de ROBINSON, POWER et KEPLER proposé pour le diagnostic de l’insuffisance surrénale met en évidence cette perturbation. L’ingestion d’une importante quantité d’eau ne donne pas lieu à une diurèse prompte et normale.
J. Decourrt, R, Corn, R. CHATEAU et J. LOUCHART ont d'autre part appliqué l’épreuve de diurèse provoquée de VAQUEZ et COTTET à une série d’addisoniens. Ils ont dans l’ensemble noté une réduction de la diurèse, qui apparait plus diminuée encore dans l’orthostatisme. Sous l'effet de la desoxycorticostérone ce trouble s'améliore nettement, mais si les doses de ce produit hormonal sont trop élevées la réduction de la diurèse s’accentue au contraire.
Semblables constatations sont faites aux cours du traitement hormonal de la maladie d’Appi30N. Dans une observation de CACHERA et BARBIER une diurèse abondante s’est produite dans deux circonstances: après l’arrêt des injections d’extrait cortical la courbe de diurèse note des chiffres qui passent de 1200 à 2250 em quotidiens pendant quelques jours. Mais bientôt l’oligurie reparaît. Une deuxième crise de diurèse survient, plus accentuée encore, après la reprise de desoxycorticostérone. Elle explique que le poids continue à baisser quelques jours malgré l’amélioration clinique observée. Ces observations reproduisent les résultats expérimentaux de HarroP, NICOLSON, SOFFER, et STRAUSS (Proc. Soc. Expér. Biol. and. Méd. 32. 1312.1935).
2° La courbe de poids est liée, selon de GENNES, aux mouvements de l’eau dans l’organisme et peut servir à diagnostiquer les formes frustes de la maladie d’ADpisoN.
Les injections d’hormone corticale provoquent une augmentation pondérale très rapide, parfois associée à une élévation légère de la pression artérielle. Quand l’acétate de desoxycorticostérone, injecté à titre d’épreuve, ne produit pas de rétention d’eau, l’évolution ultérieure montre en général qu'il ne s’agit pas d'insuffisance surrénale.
D'ailleurs, la courbe de poids des addisoniens traités révèle des variations qui sont le strict reflet des thérapeutiques employées: l’augmentation de poids du sujet traité est considérable; Me CurLacH et RYAN (Jama 114 2530, 1940) ‘ont vu une malade augmenter de 5 kg. 5 en onze jours. De GENNES souligne également l’importance de ce phénomène.
CACHERA a précisé que c’est bien l’hormonothérapie subetitutive qui est responsable de l’élévation pondérale: en effet l’ingestion de sel est incapable d’assurer à elle seule de semblables rétentions d’eau. Ces faits n’ont pas qu’une importance théorique et toute augmentation rapide de poids chez un sujet traité par desoxycorticostérone doit faire redouter l'apparition d’œdèmes.
3° La fréquence de ces manifestations ædémateuses parfois graves est un dernier fait qui souligne, du seul point de vue clinique, l’importance des fluctuations hydriques au cours du traitement par l’acétate de desoxycortico:térone.
Nous reviendrons ultérieurement sur ces accidents dont le mécanisme est encore incomplètement éclairei. |