VOLUME DES LIQUIDES EXTRACELLULAIRES
L’ampleur des mouvements aqueux chez les addisoniens traités apparait plus nettement dans les mesures du volume sanguin ou de la masse des liquides extracellulaires.
1° L'hématocrite: La lecture de lhématocrite indiquant les volumes respectifs du plasma et des globules, ne donne qu’une indication relative de l’état de dilution sanguine.
Les signes de deshydratation sont parfois très marqués dans l'insuffisance surrénale, SWINGLE les a étudiés en détail: outre l’augmentation des albumines sériques des globules rouges et de l’hémoglobine, il insiste sur l’augmentation de la viscosité sanguine, le manque de pouvoir de dilution et le danger de la moindre hémorragie.
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Chez les chiens opérés par HarroP, les globules rouges augmentent de 4,6 millions à 7,2 millions et l’hémoglobine L'I0d 2 li 0 ns
Dans le cas qu’ils ont suivi avec DONZELOT et Jusnin- BESANCON, CACHERA et BARBIER n'ont pas retrouvé cette hémoconcentration (globules 38 °) mais sous l'effet des injections de desoxycorticostérone, ils ont observé une dilution sanguine considérable, le taux des globules passant de 38 à 27 puis à 21 % tandis qu’à la numération globulaire le chiffre des hématies tombait de 4 millions avant le traitement à 2,4 millions par mm au cours de celui-ci.
2° Volume de la masse sanguine: Depuis 1929 (Rown- FREE et BROWN) on sait l’importance de la réduction du volume sanguin au cours de l'insuffisance surrénale.
Les constatations expérimentales de SWINGLE font état d’une diminution de 50 % du volume plasmatique chez le chien décapsulé.
Dans le cas déjà cité, suivi par CACHERA et BARBIER, le volume plasmatique, d’abord très diminué (870 cm) augmente rapidement sous l'effet du traitement. Après 20 jours, il atteint une valeur légèrement supérieure à la normale (2.350 em, 5,4% du poids). Un afflux important de liquides dans le sang peut donc résulter du seul emploi de l'hormone nelone Dès l’arrêt de la médication le volume plasmatique diminue de près d’un litre en moins de quinze jours. Les déterminations de la masse du sang total ont moins d'intérêt. Comme le remarque CACHERA, l’utili-. sation du chiffre de l’hématocrite pour sa mesure comporte un risque d'erreur: le rapport plasma/globules est sans douie différent dans les veines périphériques et dans la circulation viscérale profonde.
À cette restriction près, l’on voit se restaurer la masse sanguine en cours de traitement et c’est le plasma qui prend la part principale de cette restauration.
Volume des liquides extracellulaires : L'étude de la masse des liquides extracellulaires indique des variations
du même ordre; l’espace de diffusion du rhodanate met en évidence la part importante des liquides interstitiels dans ces fluctuations. Cette étude a fait, à l’heure actuelle, l’objet de quelques travaux importants.
En 1939, FERREBEE, RACAN, ATCHLEY et LOEB exposent les résultats de nombreux dosages effectués sur quatre addisoniens traités par les esters de la desoxycorticostérone. Ils confrontent les variations ioniques du sérum avec les modifications volumétriques du sang et du liquide interstitiel, consécutives au traitement hormonal. Dans l’espace de 10 jours, le volume du liquide interstitiel a varié respectivement de: + 1, + 2; + 2 et + 12 litres chez les 4 malades tandis que redevenaient normaux les taux des électrolytes sanguins.
En 1941, l'épreuve jumelée au bleu Chicago et au rhodonate de sodium, a permis à CACHERA et BARBIER d’observer des variations du même ordre, dans un cas d'insuffisance surrénale. Au cours de 2 mensurations après suppression du iraitement hormonal le plasma diminua de 28 % (—660 centimètres cubes) et les liquides interstitiels de 22 % (—2.700 centimètres cubes).
Plus récemment, MACH R:-$. et ODIER J. ont rapporté les résultats de l’épreuve au sulfocyanure de sodium pratiquée chez 26 sujets sains ou addisoniens soumis à l’action d’une hormone corticosurrénale de synthèse (Percoriène). Des expériences dans ce sens avaient été faites chez le chien par CLINTON, THORN, EISENBERG et STEIN. L'étude des auteurs suissés indique la réalité de l'importance des fluctuations hydriques par l’action de l’hormone corticale synthétique. Elles consistent dans une réhydratation du compartiment extracellulaire: celle-ei n’est appréciable que si l'hormone est administrée à plusieurs reprises ou en une seule fois à très forte dose. L'augmentation des liquides extracellulaires a lieu sans que le poids du sujet varie dans la même mesure; ce fait exprime l’importance du transfert des liquides intracellulaires vers les espaces interstitiels. Les mouvements d’eau se font dans une direction opposée à ceux de Phyposurrénalisme.