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L'EAU DES HÉMATIES
CHEZ LES HYPOTHYROÏDIENS Nos recherches ont porté sur 14 états hypothyroïdiens indiscutables avec métabolisme basal franchement abaïissé.
Chez aucun des malades il n'existait d’indice clinique d'ædèmés.
Les résultats peuvent être groupés de la façon suivante:
1° Hypothyroïdies HAE ne évidentes
M°" A... 38 ans. Hypothyroïdie clinique et ete NE
Métabolisme basal abaïissé de 27 %.
- Eau totale ... 816 Eau libre .... 427 Eau liée ..... 419 (gr. p. litre de globules)
M" L.., 72 ans. Grand myxædème post-radiothérapique avec myopathie, hypothyroïdienne. Métabolisme baeal
abaissé de 36 %.
: Eau totale ... 809 Eau libre .... 490 Eau liée... .. 319 (gr. p. litre de globules)
Etienne G.….. 14 ans. Myxæœdème et infantilisme par diencéphalite rhumatismale. Métabolisme basal abaissé de 18 %.
Eau totale . .. 640 Eau libre .... 410 Eau liée .... 230
Un mois après traitement par le lobe antérieur d’hypophyse les index se rapprochent de la normale.
Eau totale . .. 707 Eau libre .... 510 Pau liée :.:.:: 197
Le, di
Di
à PES j-v S M"° D... 31 ans. Grand myxædème endémique avec péricardite, on et énorme goitre. Métabolisme basal |
abaissé de 47 %. Trois semaines après traitement par
l'extrait Rod cs les chiffres obtenus sont plus pos ï
de la normale.
Éau totale ... 734 Eau Hbre: 12057 Eau liée. 27 "159
M°"° C.., 55 ans. Hypothyroïdie clinique post-ménopausique. Métabolisme basal abaïssé de 40 %.
Eau totale... 740 Eau libre . ... 520 Eau liée. 2: 220
- M" S.., 56 ans. Hypothyroïdie de la ménopause. Méta- |
bolisme basal abaissé de 22 %
Première détermination après 20 jours de traitement.
Eau totale . . . 703 £ Eau libre .. :. 539 Eau liée ..... 164
Deuxième détermination après 50 jours de traitement. Eau totale . .. 687 Eau libre... 554 Eau liée... ... 133
M. I... 27 ans. Myxœdème avec myopathie hypothyroï-
dienne de type myotonie. Métabolisme basal abaïssé de 26 %.
Eau totale ... 701 Eau libre . ... 540 Eau liée M6
B... 16 ans. ae et infantilisme. Métabolisme basal
abaïssé de 20
Eau Le SATA Eau libre. 519
Patilées 77 1092
loue f Ces résultats sont groupés dans le tableau suivant où nous donnons en outre les chiffres du volume moyen des hématies (v. ) exprimé en #° (1).
NAS MÉTAB. AUS EM EARU EAU
DOSAGE | OMS RAS TOTALE | LIBRE LIÉE NORCUE D DR ee Mie de ae edit) | 8 D Dico pos 400 | 20 | 0 D ea) [ 0 2 | on ; Ne Mec 40 | 740 520 220 SCT | Dom 70610, |. 161 | 100 | Dee NA), Ti TN NET TT 48 | OP 2820 on |. 169 |. 87
Les chiffres de l’eau globulaire totale sont ici tous élevés parfois fortement au-dessus des limites supérieures des variations physiologiques.
Les chiffres de l’eau liée aux protéines sont également ou fortement élevés ou à la limite supérieure de la normale.
Les chiffres de l’eau libre des globules sont soit abaïissés soit dans les limites de la normale ou légèrement élevés.
À noter que dans les deux cas où nous avons pu suivre l’action des extraits thyroïdiens, celle-ci se marque par une correction des index anormaux.
(1) Une partie de ces résultats à déjà fait l'objet d’une discussion: G, Giraup, H. Lareur, À, LEVY et P. ABoUpARAM. L'eau des hématics au cours des affections thyroïdiennes. Congrès français de Médecine. Genève, octobre 1949.
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2° Hypothyroïdies latentes
Nous groupons ici 7 observations où seule la détermina- ‘tion du métabolisme de base a permis le diagnostic formel - d’hypothyroïdie.
NS beau D pau | Eau EAU | DOSAGE NOMS ENRAS | TOTALE | LIBRE LB OU 18 | M. |— 12%) 647 a70 | 177 | 87 22 | pl 16#1| 681 180 | 196 | 92 254: 11G | — 20% | 676 500 | 181 Le 272 Lies <ébo | 3214-3149 88 Dr 6%) 697 480 | 180 | Sn Re 15% | 670 lag |. 219 88 PP | 20%) 670 460 | 210 93
* L'eau des hématies au cours des hypothyroïdies latentes.
Les variations des index d’eau globulaire se font dans le même sens que précédemment : les chiffres d’eau totale sont tous aux limites supérieures dès variations physiologiques, l'augmentation portant sur la fraction de l’eau liée aux protéines globulaires.
Il y a donc, au cours des hypothyroïdies, une véritable surcharge hydrique des cellules: en effet, les chiffres trouvés indiquent des volumes globulaires moyens normaux ou irès peu élevés. Une macrocytose « ædémateuse », même très considérable, arriverait d’ailleurs mal à expliquer les indices d’eau totale particulièrement élevés observés chez certains malades. C’est donc une augmentation réelle de l'eau liée aux protéines globulaires qui paraît intervenir.
Cette notion apparaît particulièrement intéressante :
1) L'interprétation du gros cœur myxœdémateux (ZON-
DECK) doit en tenir compte. A côté de l’infiltration du myocarde, une part de plus en plus grande a été faite à la suite de GARCIN et ses collègues à l’existence d’une péricardite.
Or, si l’hyperhydratation cellulaire est l’élément fondamental du myoxædème, aucune raison n’explique que le cœur échappe à la loi commune. L’épanchement péricardique n'apparaît pas comme l’élément initial.
2) Il est possible en effet, à la lumière des données précédentes, de concevoir plusieurs étapes dans la rétention aqueuse au cours de l’hypothyroïdie. Une première étape cellulaire liée aux modifications physico-chimiques du cytoplasme en rapport avec le ralentissement des échanges. Ce mode de rétention est constant. Un deuxième processus peut
lui faire suite : l’infiltration des liquides interstitiels qui se
réalise à la faveur d’altérations de la membrane cellulaire et où interviennent peut-être des facteurs adjuvants. L’aus-
mentation du plasma ne survient qu’à la phase ultime (Ca- CHERA).
3) L'action de l’opothérapie thyroïdienne s’éclaire elle: aussi : outre l’action rénale probable, l’action déshydratante sur la cellule elle-même paraît importante. Ainsi s’expli-
Lea LA NTÉE
quent les heureux effets des extraits thyroïdiens dans le traitement des œdèmes des addisonniens traités par désoxycorticostérone dont les index d’eau globulaire varient dans le même sens que ceux des hypothyroïdiens.
IL '— HYPERTHYROIDIES
À la suite des travaux classiques, on admettait généralement que l’hyperthyroïdie agit sur les mouvements de l’eau en créant un état de déshydratation. Les nombreuses études consacrées aux éliminations aqueuses dans la maladie de Graves-Basedow indiquent l’action nettement stimulante de l'excès d’hormone thyroïdienne.
— L'effet diurétique de celle-ci est bien connue chez Les sujets normaux. De nombreuses expériences corroboreni cette notion chez lanimal (HATArUkI 1933, MAHONEY et SHEEHAN 1935). L'état de la diurèse a été moins exploré au cours de l’hyperthyroïdie : en 1917, CHVOSTECK signale une polyurie légère dans certains cas.
— Il existe d'autre part une élimination aqueuse excessive par perspiration cutanée au cours de la maladie de Basedow. Ce fait signalé en 1904 par SCHWENKEN-BECKER est confirmé par de nombreux travaux (SCHITTENHELM et Eisr 1928, HELLErR 1929, Laszio 1930, JorEs 1930). En 1935, CZIKE et SZEL ont montré la nette prévalence sur la diurèse des éliminations extra-rénales et en particulier cuta-
nées (65 à 80 % du total).
Ces diverses constatations paraissent prouver l’action déshydratante de l’hormone thyroïdienne. Toutefois, il semble qu’on n’a pas tenu grand compte de certaines notions cliniques signalées depuis longtemps, à savoir lexistence d’æœdèmes basedowiens. D'autre part, des travaux récents ont apporté des faits nouveaux et précis sur la physiopathologie des mouvements de Peau chez les hyperthyrof.
diens,
L'observation clinique courante au cours de la maladie de Basedow montre souvent une inflation hydrique anorthale, en dehors de tout facteur cardiaque, hépatique ou angio-neurotique surajouté. [l y a déjà longtemps, DIEULAroy et MizLARD (1888) nous ont appris à connaître les œdèmes jambiers des basedowiens souvent discrets, parfois im-
portants; vers la même époque, Maupe (1891), Mac Ken-
21e (1897) distinguent diverses variétés : œdèmes mous généralisés ou localisés aux paupières et œdèmes durs ressem-
blant à l’infiliration myxædémateuse. Si depuis lors les trai-
tés classiques passent sous silence ces œdèmes hyperthyroidiens, un certain nombre de statistiques, comme l’indique CACHERA, renseignent cependant sur leur fréquence relative : 25 % dans les 91 cas de KocHER, 20 % pour 377 cas (Wizzins, BooïTHEY et Wizson 1923), 29 % pour THom»soN (80 observations 1906). st
Compte tenu des œdèmes palpébraux impliquant la pa-
thogénie hypophysaire de certaines exophtalmies œdémateuses, l’æœdème basedowien est assez caractéristique : de consistance molle, généralement localisé aux membres inférieurs, intéressant parfois la face; on observe rarement de nos jours le type de véritable anasarque autrefois décrit par DrEuraroy. En 1929, LJUNDDAHL avait noté la curabilité de ces états par le traitement iodé. Ces œdèmes sont parfois présents dès les premiers signes d’hyperthyroïdie. CACHERA et ses collaborateurs les ont notés dans 1 cas sur 12 réceniment observés.
Léopold LEvi a tiré argument de leur présence pour faire
de la maladie de Basedow l’expression d’une dysthyroïdie complexe, beaucoup plus que d’une déviation univoque dans le sens de l’hyperfonctionnement de la glande thyroïde.
Les études plus récentes de la répartition des liquides biologiques au cours de l’hyperthyroïdie ont révélé l’existenec d’une inflation liquidienne latente, ;
1) Le volume du plasma circulant est sensiblement aceru.
Dès 1931, CHANG a noté une augmentation de 16 % du volume sanguin total chez 21 sujets basedowiens. Ces déterminations par la méthode à l’oxyde de carbone montrent également un retour à la normale après thyroïdectomie.
Semblables modifications sont notées par GorpBLoom et Ligin (1935), par Gisson et Harris (1939) à partir de méthodes colorimétriques. Ces “derniers auteurs rapprochent l’hypervolémie de l’excès de consommation des tissus en oxygène au cours de l’hyperthyroïdie. Tout récemment, les travaux de J.-H. CLark et M.-C. Linpen (1948) et de CACHERA et ses collaborateurs (1949). ont confirmé e:s données. CACHERA cite une observation très démonstrative ‘avant traitement, le volume plasmatique est de 6,1 % du poids réel, 6,7 % du poids théorique. Après cure par un antithyroïdien de synthèse, ces chiffres passent respectivement à 5,6 % du poids réel et à 6 % du poids théorique.
2) La mesure des liquides extracellulaires de l'organisme par la méthode de CRANDALL et ANDERSON (espace de diffusion du thiocyanate de sodium) confirme cette inflation liquidienne latente chez les hyperthyroïdiens. CACHERA, = Lamorre, Darnis et RAYNAUD ont apporté récemment une contribution très importante à ce problème. Dans les 14 cas d'hyperthyroïdie qu’ils ont étudiés, l’espace du thiocyanate a toujours été trouvé supérieur à la normale. Par rapport äux poids des malades, le volume des liquides extracellulaires s’est établi en moyenne à 28,5 ‘© avec des chiffres extrêmes de 24 % à 37,6 % (chiffre normal : 21,1 % pour ces mêmes auteurs). L'état d’hyperthyroïdie s'accompagne donc d’un accroissement indiscutable du volume des liquides extracellulaires. La même augmentation s’observe si ce volume est exprimé en pourcentage du poids théorique : (moyenne : 25,8 %).
L'étude critique qu'ont effectuée les auteurs permet d’affirmer que c’est bien de l’hyperthyroïdie que dépend linflation des liquides interstitiels,
re
__- En premier lieu, lamaigrissement basedowien n'est pas la cause suffisante de l'augmentation des liquides extracellulaires. CAGHERA a en effet mesuré l’espace de diffusion du thiocyanate dans 24 cas d’amaigrissements de eauses diverses. Ainsi apparaît une différence fondamentale entre sujets amaigris et hyperthyroïdiens : l’examen des premiers indique une réduction du volume primitif des liquides extracellulaires. la maladie de Basedow entraîne au contraire une augmentation de ceux-ci. Cette différence apparaît plus nettement encore si le volume des liquides extracellulaires est caleulé par rapport au poids théorique des sujets (calculé suivant la formule de LORENTZ). Comme l'indique le graphique ci-dessous emprunté à CACHERA : si l’hydratetion des amaigris semble forte par-rapport à leur poids actuel, elle est nettement inférieure à la normal si on la rapporte à teur poids théorique. Tel n’est pas le cas chez les hyperthyroïdiens où lhydratation paraît toujours excessive. comme il est indiqué plus haut. |
Comparaison entre l’état d’'hydratation -
des hyperthyroïdiens et des amaigris. (CACHERA.)