‹ Les migrations aqueuses dans l'organisme humainChapitre 52 sur 110 · IV. — S..., 45 ans. Diabète insipide syphilitique · texte numérisé non relu

IV. — S..., 45 ans. Diabète insipide syphilitique

Sans traitement (polyurie : 6 litres par 24 heures) :

Eau libre .... 490 Eau liée . .:. 120 (grammes p. litre de globules)

Avec extrait post-hypophysaire:

Eau totale . .. 666 L Eau libre .... 486

Pau liée... 180 (grammes p. litre de globules) V. — M. B.. Polyarthrite chronique, Obésité. Polyurie insipide. à 5 Eau totale . :. 751 4 Pauslibrésr 2:95 19 Eaudiéesx 5: 232 (grammes p. litre de globules)

Nous ne tenons pas compte de ce résultat dans cette étude car le cas clinique très complexe met en jeu des facteurs endocriniens multiples.

L'eau globulaire au cours du diabète insipide. Variations par traitement,

oo

12 #æ Dans l’ensemble, ces divers résultats sont assez concordants. Comme DECOURT, nous notons une augmentation de la charge aqueuse des globules sous l’action du traitement ge aq ë | L post-hypophysaire. Les chiffres d’eau totale sont, en effet, avant traitement aux limites inférieures des variations

physiologiques, l’opothérapie les ramène à des taux normaux ou supérieurs à la normale.

Mais l’étude des fractions d’eau libre et d’eau liée apporte des renseignements très intéressants: dans les trois cas où nous avons étudié l’action de l'extrait post-hypophysaire celle-ci s’est marquée par des variations de même sens: les chiffres d’eau libre ont peu varié (baisse légère dans un cas. stationnaires dans les deux autres). Ce qui nous parait par contre Important au cours du diabète insipide, c’est ia baisse notable du chiffre d’eau liée aux protéines globulaires. Daus un cas ce chiffre est très au dessous de la normale, dans le:

deux autres il ést-aux limites inférieures des variations physiologiques. Sous l'effet de l’opothérapie posthypophy-, saire, le chiffre d’eau liée revient à la normale et la Hépasée même quelque peu:

Ces faits semblent indiquer une intervention autre que celle de facteurs osmotiques dans le mécanisme d’action de l'hormone posthypophysaire; celle-ci parait agir sur les éléments cellulaires eux-mêmes et être indispensable à la fixation de l’eau par les cellules.

Cette hypothèse nous parait plus séduisante encore si nous la confrontons avec les résultats notés dans l’observation déjà citée de L. RimBaAUD et ses collaborateurs. Les index d'hydratation globulaire ont été étudiés ici sous l'effet de . l'injection de diurétiques mercuriels. Dans ce eas, la charge en eau des cellules a augmenté aux dépends de l’eau libre, la fraction d’eau liée initialement basse continuant à s’abaisser. ;

Avant Neptal Après Neptal

Étaétotles.:2% 5. : 649 | 675 MR DD: 4 dd à 536 640 ee nr me à 1135 34

Un tel résultat ne nous étonne guère: le Neptal agissant par déchloruration et mettant en jeu des phénomènes strictement osmotiques on comprend laction isolée sur l’eau libre.

Nous ne saurions tirer de conclusion d’une étude trop fragmentaire. Mais des travaux plus approfondis permettront peut-être de jeter un jour nouveau sur la conception des troubles physicochimiques tissulaires dans la physiopathologie du diabète insipide.

Il. — OLIGURIE HYPOPHYSAIRE

Âu cours des états avec « oligurie primaire pathologi-, que » individualisés par ZONDEK, les troubles de l'équilibre | aqueux s'opposent à ceux observés dans le diabète insipide. Bien souvent l'origine post-hypophysaire. est associée à

d’autres déviations endocriniennes (nous y reviendrons à |

propos des obésités).

Toutefois certains états réalisent une obésité cérébro-. pituitaire pure telle que l'avait décrit ZONDEK. A l’aide de bilans très précis, KOURILSKY a montré dans un tel cas l'intégrité de la fonction rénale et le déficit net de l’élimi-

nation hydrochlorurée.

Dans deux circonstances cliniques de cet ordre, la mesure

des index d’hydratätion des hématies a montré des dévia- |

tions franchement opposées à celles précédemment décrites |

au cours de diabètes insipides.

EAU EAU EAU VOL. ue TOTALE LIBRI- LIÉE GLOB.

— z — 1 PEER Rai Mne L. 42 ans! N° 309 683 460 293 | 90 | Ve B:73576ansS NC Sn 720 | 501 219 89 NES | | |

. ë L'augmentation des chiffres d’eau liée aux protéines globulaires est le fait essentiel. Ces données confirment ce que

uous avancions plus haut sur le rôle de l’hormone posthypophysaire dans la fixation de l’eau.

THYROIDE

La glande thyroïde est de toutes les glandes endocrines celle dont l’action sur l’équilibre aqueux est la plus anciennement connue. :

Les constatations initiales de MURRAY (1891) ont trouvé

confirmation dans de très nombreuses études. Mais pendant longtemps seule l’intervention thyroïdienne sur les éliminations d’eau a été retenue; plus récemment l'étude de la répartition des liquides biologiques au cours des affections thyroïdiennes a apporté des éléments nouveaux très instructifs. À côté de facteurs rénaux, interviennent dans cette régulation des facteurs métaboliques et tissulaires non négligeables.

Ce sont les résultats de ces divers travaux et les faits nouveaux qu'apporte la détermination de lhydratation es hématies au cours des affections thyroïdiennes que nous analysons maintenant.

I — HYPOTHYROIDIES

Les anomalies d’hydratation de l'organisme au cours du myxædème sont anciennement connues. De nombreux travaux ont essayé d'en préciser le mécanisme mais des docu-

ments précis manquent encore.

L'existence d’une rétention aqueuse chez les hypothyroïdiens ne fait pas de doute. L'observation clinique offre des

faits évocateurs.

Ro | 4

Déjà linfiltration des téguments est assez spéciale mais. les poussées d’æœdèmes fréquentes dans l'évolution de Phypothyroïdie sont le témoin d’une rétention hydrique.

En dehors de toute atteinte cardiaque ou rénale on a pu observer des ædèmes simples, des épanchements circonscrits dans les séreuses (péricarde notamment) ou enfin une. anasarque généralisée. CACHERA et ses collaborateurs ont. consacré à cette question un important travail (1946) ; ils. proposent de distinguer parmi ces états deux variétés que. distingue là teneur én protides des liquides épanchés.

a) Certains épanchements sont riches en protides. EVANS : en 1932 signale le premier ce fait et décrit le « liquide de | myxædème ». E. MAY et ses collaborateurs ont vérifié sous. l’action du traitement thyroïdien la correction de ce taux | exagéré des protides. Le caractère de ces liquides est dû

aux propriétés biochimiques spéciales du sérum et. des.

ussus dans l’hypothyroïdie.

b) D’autres anasarques sont parfois observées (MEYER - BIscH, ACHARD, Musso-FOURNIER, CACHERA et BARBIER). Ce liquide, analogue à un transsudat, est pauvre en protides. Comme le remarquent CACHERA et BARBIER,- il est possible que des facteurs adjuvants (dénutrition, insuffisance hépatique) interviennent dans la rétention d’eau, mais outre que ceux-ci ne sont pas absolument vérifiés, l'efficacité remarquable du traitement thyroïdien prouve que l’hypothyroïdie est la condition principale de cette rétention.

D’ailleurs, même dans les véritables « liquides de myxædème » on note des variations considérables. Parfois la teneur est très différente selon le secteur exploré: 70 . pour 1000 (ascite), 40 pour 1000 (hydrothorax), dans un cas de HARVIER et LEMENAGER.

À côté de cette rétention hydrique cliniquement extériorisée, il est possible de mettre en évidence au cours de tout myxædème un trouble du même ordre demeuré latent.

Après EPPINGER, DECOURT, VERLIAC et GORIN ont démon-

Oo

tré par des épreuves de diurèse provoquée que l’hypothyroïdie engendre une capacité très anormale de retenir l’eau dans l’organisme: il existe un retard de l'élimination de l’eau ingérée qui sous l'influence de l'extrait thyroïdien fait place à une accélération considérable.

Ce ralentissement du transit aqueux ne peut être mis sur le compte d’un trouble circulatoire: il n’y a pas de signe d'insuffisance cardiaque et l’orthoststisme modifie peu l’épreuve. Les essais de chloruration associée permettent d'éliminer l'intervention d’un facteur rénal. DECOURT admet une fixation tissulaire de l’eau. Il convient de rapprocher ces résultats des constatations expérimentales de BERNARDBEIG et SENDRAIL qui ont observé une résorption accélérée de la boule d’æœdème chez le lapin thyroïdectomisé. AS É - nue

La plus grande incertitude persiste pour expliquer cette rétention d’eau au cours du myxædème.

Elle résulte probablement de modifications tissulaires: surcharge en albumine, anomalies du rapport cholestérolacides gras, rétention sodique: celles-ci dépendant du ralentissement des échanges.

A la suite des travaux de MAHAUX, certains (LŒPER et VIGNALOU, CACHERA et BARBIER) ont émis l'hypothèse d’une origine diencéphalohypophysaire de ces perturbations.

Du point de vue physiopathologique, on ne peut tenir compte des perturbations humorales pour expliquer la rétention aqueuse.

Des discordances notables sont observées pour Île taux des protides sanguins: leur élévation est parfois notée portant surtout sur la sérine (DECOURT, MEYER et GUILLAU- MIN), d’autres fois les chiffres trouvés sont normaux (Evans et E. May). De même l'étude de la chlorémie prète à discussion: étudiant les échanges chlorés chez les hypothyroïdiens, DECOURT a mis ceux-ci à un régime déchloruré. La chlorémie d’un sujet atteint de myxædème, privé de sel, s’abaissé à des chiffres nettement ‘pathologiques. Le chlore plasmatique passe de 3,57 à 3,17. Il remonte sous

l'influence de la rechloruration. Ÿ a-t-il véritablement dans ces cas une déchloruration ou simplement RIPOHIOERES

par dilution ?

En fait, seule l’étude de la répartition des liquides dans

les divers compartiments permet de résoudre un certain nombre de problèmes que pose l’étude de lhypothyroïdie.

Sur ce point, l’on ne possède que des résultats pastis

res et très peu nombreux:

THOMPSON puis GIBSON et Haris ont consiaté une réduction du volume plasmatique de 15 à 20 % de la normale au cours de l'insuffisance thyroïdienne non compliquée d’œdème.

CACHERA et BARBIER ont étudié les mouvements de l’eau dans un cas d’anasarque myxædémateuse sous l'effet du traitement thyroïdien: la diurèse a presque décuplé et le poids a marqué une déflation rapide de 21 kg. en 15 jours.

L'épreuve jumelée au rhodanate de sodium et au bleu

Chicago montre des modifications intéressantes: à une phace d'amélioration thérapeutique, alors qu'il n'existait

aucun indice clinique d’œdème, les liquides lacunaires représentaient 26,3 % du poids théorique, done une hydratation encore nettement excessive. Comme l’indiquent les auteurs, on re peut, pour des raisons que nous avons déjà rappelées, tenir compte des déterminations volumétriques faites en pleine phase d’anasarque. |

Les mesures du volume plasmatique sont également intéressantes. Celui-ci était très fortement aceru (9,1 % du poids théorique) au maximum des œdèmes. Dans une phase de guérison apparente, il se trouvait encore à 7,4 %. C’est

une valeur identique qui est retrouvée au début d’une

rechute œdémateuse alors qu’il existait déjà une forte

augmentation des liquides interstitiels. Le volume du plasma parait donc n’augmenter que tardivement pour une inflaton aqueuse extrême.

Des données aussi fragmentaires ne permettent pas de conclusions sur l’état d’hydratation des hypothyroïdiens. En particulier, l’on manque de renseignements sur la charge en eau des cytoplasmes cellulaires eux-mêmes,

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