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Dans la grande majorité des cas, l'obésité résulte d’une surcharge de graisse intracellulaire : les lipides occupent une place exagérée dans les cytoplasmes tissulaires ou le plus souvent constituent un véritable dépôt adipeux dans les cellules du tissu interstitiel. Pourtant, certains auteurs. se référant à des cas assez particuliers ont mis en cause une rétention hydrosaline sans atteinte rénale dans le déterminisme de certaines obésités. Depuis lors, toute une série de travaux ont repris, à la lumière de ces faits, l’étude physiopathologique des obésités qui demeure cependant incomplètement résolue.
IL — OBESITE ET RETENTION D'EAU
La part de la rétention aqueuse dans le déterminisme des obésités est très diversement appréciée selon les auteurs. STERNBERG la signale dès 1921 ; en 1926, ZoNDECKk emploie le terme d°’ « obésité hydrosaline », pour marquer la rétention d’eau et de sel dans les tissus. En 1933, PARHON revient sur ces faits mais c’est surtout au cours des 10 dernières années que l’école parisienne apporte la contribution la plus importante à ce sujet. Ces types d’obésité sont décrits sous des noms divers qui soulignent tous la perturbation hydrique: hydrolipopexie (M. ALBEAUX-FERNET) ; obésités avec oligurie permanente (KouriLskY et HiNGzais); engraissements paradoxaux (DE GENNES); obésités spongieuses (GILBERT-DREYFUS),
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FAITS CLINIQUES Certaines malades présentent une obésité dont les caractères évoquent un processus de rétention aqueuse:
—— obésités segmentaires, de topographie lombo-pelvieune prédominante, elles comportent « un aspect capitonné » assez spécial de la peau: ferme et élastique celle-ci ne prend pas le godet et ne donne pas l’impression d’un véritable tissu graisseux. ue
—- l'allure évolutive est remarquable elle aussi: ce sont des obésités de constitution rapide, la courbe pondérale accusant un gain de plusieurs kilos en quelques jours; mais l’augmentation de poids procède par paliers successifs rvthmés par les périodes menstruelles.
— la diurèse est en général réduite alors que les apports d'eau demeurent inchangés et sont souvent augmentés du fait d’une soif relative accusée par la malade. Les épreuves de surcharge hydrique mettent en évidence un retard très net de l'élimination.
Ces obésités sont nettement améliorées par le régime déchloruré.
C’est à partir de ces faits cliniques assez évocateurs qu'est née la conception des obésités par rétention d’eau.
Fallait-il, en présence de ces cas particuliers, étendre le problème et invoquer un facteur de rétention hydrique dans le mécanisme de toute obésité ?
De nombreux chercheurs se sont penchés sur cette questior..
1° La plupart d’entre eux, tout en reconnaissant l’existence d’un facteur hydropexique, sont d'accord pour ne lui accorder qu’une place de second plan. Le rétard d’élimination aqueuse au cours des obésités est cependant un fait noté de façon assez constante. Les épreuves de surcharge hydrique pratiquées par beaucoup permettent de constater
un certain degré de rétention hydrosaline, Les travaux de GaALDI et ses élèves, de LESCHEKE, BARTELS, KALMETTER, ÊLMER apportent des notions significatives à ce sujet.
2° Jean VAGUE pense que toutes les obésités comportent une rétention d’eau témoin d’un hyperanabolisme aqueux: mais 1] conserve une opposition entre:
— les obésités dans lesquelles l’eau imprègne le système lacunaire (obésités de la femme, obésités du garçor à Ja période prépubertaire).
— les obésités pléthoriques, où l’eau demeure dans les vaisseaux, ce qui explique l'hypertension artérielle et l’absence de cellulite, ce sont les obésités à localisation supérieure que l’on rencontre chez l’homme, chez la femme ménopausée et dont le type est la maladie de Cushing.