LES MIGRATIONS DES TOURANIENS
Si l’on veut suivre les migrations des Toura-
. miens, il faut d'abord connaître parfaitement la
région où s'élèvent les monts Ourals, et se rendre bien compte de la configuration de ce terrain. C’est
Jà que presque tous les peuples de race toura-
nienne-altaïque ont passé, c’est la grande communication naturelle qui rattache l’Europe à l’Asie. Là, pendant des siècles, de puissants empires ont épouvanté les Aryens de la vieille Europe, jusqu’au moment où les Slaves, les derniers venus de la race àryaque, ont à leur tour subjugué ces sauvages peuples qui jusqu'alors paraissaient indomptables.
Les peuples de race finnoise, les Tchoudes, ont occupé les premiers ces contrées, et, bien que les
plus anciennes sources historiques nous les montrent
déjà refoulés vers le Nord et le Nord-Ouest, nous pouvons dire avec certitude que leurs ancêtres formaient un peuple puissant, qui occupait des territoires plus étendus. En effet, nous retrouvons les traces de ce peuple dans l’Asie centrale ‘, sur les versants des monts Altaï, dans les vallées les plus élevées du Caucase, près de la mer Caspienne et même près de la mer Noire; nous les découvrons même, aujourd’hui, au cœur de l’Asie, en Médie et aux portes de Babylone.
Il est difficile, sinon impossible, d'indiquer d’une manière précise la population mère de toutes ces races.
Le finnois même nous semble un idiome déjà perfectionné; et la langue de Sumir ou d’Accade, dont nous devons Pingénieuse découverte à la science d’Oppert et de Lenormand*, n'est pas encore assez connu pour qu’on puisse l'ériger en langue
1. Les Tchoudes ont habité jadis les bords du lac de Baïcale comme peuple puissant et même civilisé, les traditions des habitants actuels de ces contrées en font foi. Voir à ce sujet Ethnologische Bilder v. Dr. Adolf Bastian. Jena, Hermann Costelnoble, 1873.
2. Lettres assyriologiques, seconde série. Études accadiennes, par François Lenormant. Paris, Maisonneuve et Cie, 1873.