‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 29 sur 61 · PIS · texte numérisé non relu

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mère; elle n’est peut-être que le sanscrit des langues altaïques.

Ces peuples ont certainement joué un rôle important dès leur première apparition en Europe; et malgré les assertions contraires du savant historien des pays du Nord, Schlôzer, nous pensons que les ancêtres des Finnois, etc., formaient sur les versants boisés du mont Oural, «si riche en or », au bord du lac Aral et de la mer Caspienne, le long des fleuves Jaïk et Volga, tous deux si poissonneux, de puissants empires qui avaient atteint un certain degré de civilisation. Qu'on lise les chants mélodieux du Kalevala, et l’on s’imaginera ce que devaient être les Finnois et les Lapons d’autrefois*.

Les limites de l’Europe et de l’Asie se trouvaient près des monts Ourals, au nord du Caucase; c’est là que le courant des peuples en migration s’est le plus souvent croisé, c’est là que les différentes races se sont entre-choquées avec le plus de violence. D'ailleurs, mille ans après Jésus-Christ, l'Europe n'avait pas encore de frontière bien définie, Dans ces plaines, les peuples finnois vivaient en mauvaise intelligence avec les peuples slaves, et déjà les premiers avant-coureurs des races turques et tur-

1, Le Kalevala, traduction par Léouzon Le Duc. Paris, 1868.

comanes se montraient près des embouchures du Volga. On peut dire, en se fondant sur les données fournies par Hérodote, Strabon, Pline, Ptolémée et Ammien Marcellin, que, jusqu’à la formation des duchés russes, il y eut là des peuples innombrables allant et venant dans la confusion la plus compiété

C’est seulement vers le 1x° et le xe siècle que les duchés russes commencent à se former. On les voit apparaître dans les bassins supérieurs du Dniéper, du Volga et de la Vistule. Les villes de Novgorod au bord du lac d’Ilmen, Wladimir sur le Bug, Kiew sur le Dniéper, Tchernigow et Smolensk sont les principaux établissements de la puissance russe naissante. Nous voyons qu'à cette époque les Russes étaient encore fort éloignés de l’Oural et du Caucase.

Jusqu'au xtn1° siècle, les empires russes ne se hasardèrent pas vers l'Est, et c'est dans ces contrées qu'il faut chercher la limite de l’Asie et de l'Europe. Au commencement de ce siècle, on y découvrit la ligne de défense, dite de Simbirsk, construite probablement par le czar Alexandre

A1. Der ugrische Volksstamm von F. Heinrich Müller.

| Berlin, 1873.

Michailowitch, de la maison de Romanow, pour se protéger contre les invasions des Barbares, comme les Romains l’avaient fait en Dacie ; et encore aujourd'hui il est facile de suivre les traces de ces fortifications depuis Woronesch jusqu'à Simbirsk.

C’est alors que parurent les Mongols et les Turco-Tartares. Ils envahirent l’est de l’Europe, et par ce fait même reculèrent les frontières de l’Asie jusqu'aux Carpathes. Le jeune empire russe ne dut sa conservation, alors comme bien des siècles plus tard, qu’à la rigueur de son climat.

Ces peuples barbares se maintinrent depuis le x111° et le x1v° siècle dans leurs positions nouvellement acquises, et les Russes ne purent les chasser entièrement que vers la fin du xvin° siècle. Pendant plusieurs centaines d'années les Mongols régnèrent depuis l’Altaï jusqu’au Dniéper; la langue, les mœurs, la religion de ces Asiatiques, devinrent : dominantes dans ces contrées de la vieille Europe, et effacèrent pendant longtemps toute trace de démarcation entre les deux continents.

Ce fut seulement vers la fin du xve siècle que le prince de Moscou, Ivan Wassiljewitsch, refusa

1. Les rigueurs d’un hiver exceptionnellement. froid et un verglas qui a duré très-longtemps empêchèrent les opérations de l’armée mongole. Voir F.-H. Müller.

l’obéissance aux Mongols, et son petit-fils Ivan II soumit l'empire de Kasan à son sceptre (1552). Vers cette époque, la vie politique des peuples européens, toujours supérieure à celle des Asiatiques, s'étend de nouveau vers l'Est, et le christianisme pénètre pour la première fois dans les vallées de l’Oural jusqu'alors inaccessibles.

La politique et les armées des Russes eurent vite raison des autres peuples limitrophes : au sud-est, l'empire d’Astrakhan suit de près l’empire de Kasan dans sa chute, et avec lui tombent les derniers débris de l'empire de Kaptchak, jadis si terrible à l'Europe; et le Volga devient de nouveau fleuve européen, depuis ses sources jusqu’à son embouchure.

Mais la ligne de l’Oural ne suffisait pas à garantir l’Europe contre les envahissements des hordes barbares qui continuaient à se pousser dans leurs vastes steppes; il fallait à la sécurité de l’empire russe ; la possession du Caucase, cette immense chaîne de montagnes qu'un enfant de la steppe peut voir à l’œil nu de l'embouchure du Volga.

En 17992, le Volga devint un fleuve important, quand Pierre le Grand y fit construire une flotte de. guerre. Sous Catherine IT, les Russes, après avoir passé l’Oural, franchirent le Caucase par les défilés

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