Homère, XIIT, 5 et
Join, il cite, comme les Orphiques, les Cimmériens dont le pays se perdait dans la brume et les ténèbres. Hésiode et Eschyle, eux-mêmes, connaissaient les Hippemolges ‘ que plusieurs savants assimilent aux Scythes, et que Kruse prend pour les Bachkires d'aujourd'hui, ce qui nous paraît peu probable,
Mais c'est Hérodote qui, sans contredit, nous fournit les plus précieux renseignements sur ces pays et leurs habitants.
Quel esprit fin et judicieux que cet historien grec, qui parle de tout avec une prudente réserve, et qui n’affirme jamais une chose sans l’avoir vue de ses propres yeux. Aujourd’hui, le doute n’est pas permis sui sa véracilé et sur sa prodigieuse exactitude. Et de combien il est supérieur sous ce rapport au vaniteux Strabon, qui se permettait de mettre en doute les assertions de son grand devancier !
On sait que les Hellènes étaient poussés par le Ver Sacrum à coloniser les pays les plus éloignés il ne faut donc pas s'étonner de les voir fonder l’importante colonie d’Olbie (Miletopolis) sur les bords du Borysthène; et c’est par les habitants de cette ville, qu’on appelait Callipides, qu'Hérodote à
4. Ainsi nommés parce qu’ils vivaient du lait de leurs cavales et en faisaient des fromages. (Strabon, I, c.)
dû recevoir ses plus précieuses indications ‘. La proximité des peuples barbares et surtout celle des Scythes mettait ces Grecs à même d'obtenir de première main tous ces renseignements.
C’est de cette ville que nous semble être parti Aristéas pour faire son fameux voyage dans le pays des Issédons; et ce qui nous confirme dans cette opinion, c’est qu’ Hérodote est amené à parler d’Aristéas précisément par la description qu’il nous donne de la ville d’Olbie*. |
On aurait tort de penser que les historiens grecs nous ont laissé des renseignements détaillés sur les colonies que les Grecs avaient fondées et échelonnées dans l’intérieur des pays barbares. La géographie proprement dite ne fut jamais leur affaire. Scylax Scymnus, l’auteur anonyme du Périple du Pont- Euxin, et Arrien ne nous donnent presque pas de détails. C’est seulement Strabon qui nous décrit d’une manière satisfaisante, dans la limite de ses connaissances, l’intérieur de ces pays. Plus tard Ptolémée, Agathodémon et Maxime de Tyr nous fournissent une quantité de détails dont il n’est fait
1. Sénèque rapporte que la langue macédonienne se parlait encore de son temps sur les bords de l’Indus. (Sénèque, Consolatio ad Helv., V, p. 4.)