‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 38 sur 61 · AUS · texte numérisé non relu

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ceux qui nous objecteront la grande différence qui existe entre ces peuples et les Magyares, nous répondrons d’abord que la différence qui existe entre les Finnois proprement dits et les Lapons est encore bien plus apparente, et ensuite que les Magyares qui ont envahi la Pannonie ne sont pas non plus les Dôüntü-Magyares des monts Ourals dont le pays et les habitudes sont décrits de la manière suivante par un poëte magyare :

Là où les monts Ourals élèvent dans le ciel leurs crêtes puissantes,

Dont la mousse qui les couronne n’est jamais déchirée par le vent,

Bien qu'il la frappe de toute sa fureur;

Là où les traînées de la foudre menacent

Son sommet vierge sans jamais l’atteindre ;

Là où l’Irtis se précipite dans sa course bruyante,

Où des chevaux errants foulent de leurs sabots

L’herbe onduleuse des vastes prairies,

Où paissent des troupeaux de bestiaux, où des moutons laineux

Accompagnent les pâtres de leur bêlement retentissant

Auxquels répondent le soir les échos des monts Ourals,

Là habite le vaillant peuple des Dôntô-Magyares.

Ensuite le poëte raconte dans un langage imagé comment ce peuple se prépara durant trois générations pour aller conquérir enfin son patrimoine, les plaines fertiles de la Pannonie.

Nous pensons que les prédécesseurs d’Arpäd

ont formé ce petit peuple, l’ont préparé à la conquête, et que le génie d’Arpäd lui-même a su lui imprimer, semblable à Attila, ce mouvement impétueux qui lui à fait chasser les nations devant lui depuis l’Oural jusqu'aux bords du Rhône.

Les Dôntô-Magyares ne sont donc plus les Magyares d'aujourd'hui, car lorsqu'ils ont franchi les Carpathes, ils ont dû être fortement mélangés de races turcomanes, tartares, etc.; et même des débris de Bulgares, de Khazars et d'Avares se trouvaient certainement dans l’armée d’Arpäd.

Quant aux Hongrois blancs, comme les appelle Nestor, qui, sous Justinien (551-560), avaient conquis le pays de Woloch aux bords du Volga, qui, plus tard, s’illustrèrent sous Héraclius (610-641) et prirent possession du pays des Slaves aux bords du Danube, c’étaient des Khazars, d’après Koskinen.

Enfin les Hongrois noirs, qui, également d’après Nestor, paraissaient près de Kiew, sous le règne d'Oleys, avaient d’abord habité, si l’on en croit Constantin Porphyrogénète, dans le pays de Lébedian, près du Don, etavaient été chassés de là par les Petchénègues. |

Dans ce même pays, on trouve aujourd’hui les Mordouans, peuplade ougoure dont la langue montre le plus d’affinité avec l’idiome magyare.

La migration des Turcs appartient entièrement à l’histoire. C'est la foi de Mahomet, nous en sommes intimement convaincu, qui à imprimé à ce peuple le caractère essentiellement agressif que nous lui connaissons dans ses migrations.

Trois rameaux principaux se détachent dans la migration des Turcs qui à naturellement précédé la marche des Magyares de l’Oural en Pannonie.

Un courant turc ou turcoman suit le bord septentrional du lac Aral et de la mer Caspienne pour aboutir près du Volga; plus tard il pousse en avant jusqu'au delà de la Tauride. Un second courant bien moins considérable que les deux autres envahit une partie du nord-est de la Sibérie, où nous retrouvons encore aujourd’hui des peuples turcs au milieu d’autres races. Cette migration, dont les traces se poursuivent jusqu'aux monts Sayans, à peut-être été leur dernière; un troisième courant enfin, le plus puissant de tous, envahit à plusieurs époques différentes l’Asie centrale, puis l'Asie Mineure et enfin l’Europe.

C’est donc la grande migration des Touraniens. Nous avons donné tous les détails possibles pour résoudre cet important problème. Plusieurs périodes de l’histoire de ce peuple se perdent dans la nuit des temps; il est donc excessivement difficile de

trancher la question d’une manière absolue et d’ériger en loi définitive une théorie qui repose sur des données générales et souvent incertaines. Nous espérons avoir fait de notre mieux pour mettre de la clarté dans ces matières, et nous nous estimerons heureux si le lecteur a pu comprendre les lignes générales du grand tableau que nous avons essayé de dérouler devant ses yeux.

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