DEUXIÈME PARTIE
Les monuments de l'antiquité et l’Écriture sainte s'accordent, se confirment, s’expliquent mutuellement. On peut être certain que toutes les contradictions ne sont qu’apparentes et reposent ordinairement sur des interprétations de texte mal comprises.
(Brugsch.)
STATION INJERMÉDIAIRE DE LA BIBLÉ.
Depuis que l’on sait que le premier chapitre et les chapitres suivants de la Genèse sont d’origine assyrienne, et depuis qu’on a trouvé dans les hiéroglyphes de l'Égypte‘, dans l'écriture cunéiforme des Assyriens ?, la confirmation de beaucoup de faits
A. Voir l’ouvrage : Aegypten und die Bücher Moses, Sachlicher Comentar zu den aegyptischen Stellen in Genesis und Exodus, von D' Georg Ebers,1°* Band. Leipzig, Wilhelm Engelmann, 4868. (Le second volume n’a pas encore paru.)
2. Voir le Journal officiel du 9 décembre 1872. Découvertes de M. Smith toutes récentes, et les fragments chaldéens de Berose, commentés par M. Lenormant.
relatés dans la Bible, on considère ce document, à juste litre, comme le plus précieux monument de l'esprit de l'antiquité qui soit venu jusqu’à nous.
Le tableau ethnographique, tout particulièrement, est d’une importance considérable pour tous ceux qui s'occupent des migrations; car il nous indique, avec une précision admirable, quelquesunes des stations intermédiaires où se sont trouvés les peuples qui habitent aujourd’hui l’Europe. Tout ce qui est antérieur à cette date, qu'on ne peut fixer avec certitude, appartient au domaine de l’hypothèse ; tout ce qui est postérieur deviendra peu à peu une certitude absolue”.
Comme nous l’avons déjà indiqué dans la première partie de ce travail, on péut parfaitement se rendre compte de l’endroit où se trouvait celui qui a tracé ce grandiose tableau de peuples.
Dans toute description de panorama, on commence par les points les plus éloignés, on les décrit à grands traits en général, tandis que plus on se
1. Handbuch der vorhistorischen, historischen und biblischen Urgeschichte, von Wollschläger. Oberhausen und Leipzig. 4873. Die Ergebnisse der neuesten wissenschaftlichen Forschun- . gen über die Ur-und Entwicklungs-Geschichte der Menschheit, von Thomassen. Neuwied und Leipzig, 4872. Forschungen im Gebieie der alten Vülkerkunde, von Gustav, Cuno. Berlin, 4871. ;
rapproche de l'endroit où l’on se trouve, plus on devient précis, détaillé, tout simplement parce qu’on est arrivé de la terre presque inconnue aux pays qu’on connaît dans les moindres détails {.
Procédons de la même façon que le narrateur de l’antiquité, et traçons une carte etnographique d'après les principes indiqués dans les chapitres précédents de cet essai.
L'auteur du tableau se trouvait donc au 37°1/2 de longitude et au 84° de latitude au nord de l’Arabistan, entre le pays de Seffin et la ville de Haleb.
Il énumère tout d’abord les fils de Japhet (la race âryenne) :
1° Gomer. — Les Cimbres, au nord des monts Carpathes, de la Crimée jusqu’au Caucase ;
2 Magog. — Les Slaves, près de la ville de Chiva, au bord du lac Aral. Il est probable qu'ils ont quitté le grand courant de la migration âryenne, près de la ville de Hérat. Magog était certainement le peuple le plus éloigné de l’auteur, il n’en donne aucun détail (dans les mêmes contrées nous trouvons plus tard les Gètes, Skètes (Scythes) et Massagètes) ? ;
4, Une carte semblable a été construite par M. de Hauslab, elle est d’une conception admirable.